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Holisme et individualisme en sociologie

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« Plan détaillé séance 3 Dans son ouvrage La crise de la sociologie paru en 1971, Raymond Boudon distingue la sociologie par sa « perpétuelle recherche d’elle-même » et rappelle « la difficulté de définir la sociologie ». En effet, un des caractères de la sociologie est la multitude d’objets d’études qu’elle couvre et la diversité de courants qui la composent. Cependant, elle est comprise dans le sens commun comme la science de l’action des individus par référence au contexte social. La sociologie est reconnue comme science à part entière seulement à partir du XIX°s, le courant sociologique qui assoit la sociologie comme telle est celui d’Auguste Comte (physique sociale). A Comte s’ajoutent d’autres auteurs tels que Durkheim, Weber ou encore Marx, que l’on nommera Les Pères Fondateurs de la discipline car leur travaux servent d’armature aux travaux qui viendront constituer la sociologie dite contemporaine. C’est au XX°s que la sociologie s’institutionnalise totalement et devient un enseignement à l’Université. Durant le siècle dernier, elle va connaître un essor et multiplier ses objets d’études (famille, travail etc.) ainsi que ses approches scientifiques, devenant alors pluridisciplinaire, des courants s’opposant même entre eux. Par exemple, aux Etats-Unis Parsons et l’Ecole de Chicago sont diamétralement opposés dans leurs paradigmes, à l’image de Durkheim et Weber. Il est alors intéressant de comprendre les oppositions entre les paradigmes qui semblent être les plus importants, et de décrire la démarche des auteurs qui tentent de dépasser cet antagonisme. Nous allons alors tenter de comprendre comment les différents courants sociologiques dépeignent les rapports entre l’individu et la société. Cette analyse est divisée en deux parties, la première traitera notamment de la sociologie américaine et des différentes méthodes qui en émanent. La deuxième partie sera, quant à elle, consacrée aux courants sociologiques qui tentent de dépasser le clivage sociologique traditionnel. I. Holisme et Individualisme : deux théories divisant les sociologues étasuniens L’opposition entre le holisme et l’individualisme est très marquée dans les théories américaines, notamment dans les travaux de l’Ecole de Chicago (A) mettant au centre de tout l’individu, et les théories fonctionnalistes (B), pour lesquelles l’individu appartient à la société de laquelle il fait partie. A) L’individu comme pierre angulaire de la structure sociale ✴ L’Ecole de Chicago, qui correspond au département de sociologie de l’Université de Chicago prend ses bases de l’interactionnisme de G.Herbert Mead (1920) : théorie selon laquelle les individus agissent dans la société en fonction de leur propre perception, qui elle même découle des interactions verbales avec les autres individus. ✴ Elle s’intéresse en premier aux relations entre les différentes communautés ethniques, à l’urbanisme ainsi à la criminalité dans les métropoles: Park&Burgess s’intéressent à l’organisation spatiale de Chicago dans The City (1925), Goffman publie The Presentation of Self in Everyday Life sur le fait d’agir comme si tout allait bien, de sauver la face, une attitude qui est pour lui au centre de la société. ✴ L’interactionnisme utilise plus les méthodes qualitatives d’enquêtes, puisque l’individu est au centre de sa recherche. L’Ecole de Chicago reproche aux autres courants d’enfermer la société en la voyant comme un objet stable. Au contraire, pour eux, la société est en perpétuel mouvement grâce aux acteurs sociaux qui la définissent. ✴ On peut rattacher les travaux de l’Ecole de Chicago à ceux de Boudon ou encore de Weber, qui voyait la sociologie comme une science de l’interpretation de l’activité sociale. B) La société comme un tout: le culturalisme et le fonctionnalisme ✴ Le culturalisme est un courant sociologique rejetant le transformisme dont l’idée principale est que les sociétés n’ont pas d’ordre d’évolution, et que les sociétés n’avancent pas. Il tient ses racines de l’ethnologie et l’anthropologie, et s’ancre dans la sociologie à partir des années 30. ✴ Le culturalisme s’intéresse à des objets d’études tels que la famille, et développe des théories telles que celle de la « personnalité de base » (Kardiner), selon laquelle tous les individus appartenant à une société développent des caractéristiques propres à leurs culture qui leur sert de fondement à leur propre caractère. (Société ➡ Individu). ✴ Entre les 1930’s et les 1950’s, se développe également le fonctionnalisme: courant qui énonce que chaque constituant de la société participe à son équilibre. La société y est perçue à travers les institutions qui font qu’elle dure ou non dans le temps, les individus en tant que tels n’ayant pas vraiment un poids sur la société « globale ». »

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