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Un philosophe doit-il s'engager politiquement ?

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« La vie de la cité paraît bien éloignée des universités et des bibliothèques où débattent et étudient les philosophes. Ces derniers doivent-ils pour autant vivre en dehors de la politique et de ses controverses. 1. L'engagement politique, entre obligation et vocation. A. Le savoir et l'acuité intellectuelle qui découlent de l'étude philosophique font obligation à ceux qui les ont acquis de se consacrer à la direction des affaires publiques. Par exemple, le philosophe de la République de Platon a pour devoir de « redescendre dans la caverne » (livre VII) pour éclairer ses concitoyens. De lui-même, il serait plutôt enclin à éviter les charges politiques pour se consacrer à ses réflexions théoriques, mais cette obligation est comme la rançon de sa science. B. On peut même considérer, à l'instar de Jean-Paul Sartre dans l'Existentialisme est un humanisme, que l'engagement politique est moins un impératif contraignant qu'une véritable vocation. La confrontation de ses pensées avec la réalité sociale est, pour le philosophe, une étape indispensable à la construction de sa pensée : elle le rappelle à la réalité et à ses responsabilités. Néanmoins, la philosophe ne risque-t-il pas alors de se priver lui-même de sa liberté en s'astreignant à soutenir un régime, un parti ou un homme politique? 2. Vie politique et contemplation philosophique, deux univers étrangers l'un à l'autre A. Sous peine de périr, la philosophie doit au contraire jouir d'un véritable statut d'extraterritorialité à l'égard des querelles politiques. Sa pratique exige en effet du temps et de la liberté que la vie politique, domaine par excellence de l'urgence, est incapable de lui accorder. De plus, les convictions politiques varient selon une conjoncture contingente. Au contraire, le philosophe a pour tâche d'atteindre des principes nécessaires et éternels. Il ne doit donc pas s'engager, selon Plotin (Ennéade, II, 9), dans les affaires de la cité. B. La philosophie rend celui qui l'étudie inapte à comprendre la « réalité effective » de la vie politique, selon Machiavel (Le Prince, chapitre XV). Dès qu'il se mêle de politique, le philosophe se contente d'utopies et de déclarations morales. Il est incapable de préserver la cité de ses ennemis. Philosopher en politique est le plus sûr moyen de nuire à sa propre cité. Il est pourtant fort simpliste d'opposer ainsi la cité réelle à la « République des Philosophes ». »

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