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Tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

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« AIDE FOURNI PAR L'ELEVE: Le sujet est ici construit à partir de l'affirmation de Leibniz selon laquelle notre monde est le meilleur des mondes possibles.

Si cette formule ne se trouve pas à exactement sous cette forme dans les écrits de Leibniz elle renvoie bien néanmoins à une idée qui se trouve dans la Théodicée et qui sera reprise d'ailleurs dans la bouche de Candide dans le conte de Voltaire.

Dire que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, c'est dire qu'au regard de ce qui est possible, c'est-à-dire dans un premier sens de ce qui n'est pas contradictoire, notre monde est le meilleur.

Or, immédiatement une question se pose : cette affirmation ne relève-t-elle pas d'un optimisme naïf ? En effet, comment dire que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles alors que le spectacle du monde semble être un spectacle de conflits, de guerres, de luttes ? Affirmer que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles ne revient-il pas à nier l'existence du mal ? Dès lors, pour aborder cette question il peut être utile de revenir au sens de l'affirmation de Leibniz et de l'expliquer.

Posant, l'idée d'un Dieu bon, Leibniz en conclut qu'il n'a pu que créer le meilleur des mondes possibles.

Le meilleur des mondes possibles n'est pas un monde parfait mais le meilleur des mondes qu'il était possible de créer.

Dieu, nous l'avons dit, n'agit pas arbitrairement.

Il est soumis aux lois de la raison sans quoi il ne serait pas libre.

Il ne pouvait donc créer un monde contradictoire, fut-il meilleur que le nôtre.

Parmi tous les mondes non contradictoires (et donc possibles) il a créé le meilleur.

Dieu a fait le monde en le calculant : en calculant mathématiquement les moyens d'obtenir, de façon la plus élégante et la plus économique possible, un monde qui - aussi imparfait soit-il, puisque le monde n'est pas Dieu lui-même - possède le maximum de perfection possible.

Dieu suit deux principes pour créer le monde: non seulement un principe logique de non contradiction (A ne peut être non A) ou principe d'identité (A est A), mais encore un principe de raison suffisante : eu égard à la beauté et la bonté du monde voulue par dieu, il convient pour A d'être ce qu'il est et d'avoir l'ensemble des attributs qu'il possède.

Chaque être (chaque substance) comporte nécessairement les attributs qui lui sont propres, non seulement pour des raisons logiques (conformes au principe de non contradiction) qui font que, par exemple, les trois angles d'un triangle sont nécessairement égaux à deux droits, mais encore pour des raisons morales (conformes au principe de raison suffisante) qui font qu'il fallait, par exemple, que César franchît le Rubicon et eût finalement le destin que l'on connaît pour que le monde soit aussi bon que possible.

Chacun d'entre nous donc ne peut donc avait un autre destin que celui qu'il a.

Dans l'absolu, le destin de chacun ou le destin du monde aurait pu être autrement, mais il est ce qu'il est parce qu'il est le meilleur que Dieu a su et voulu composer.

Mais comment alors concilier cette thèse avec l'existence du mal dans le monde ? Concilier l'existence de Dieu et celle du mal, disculper Dieu de l'existence du mal dans le monde, constitue ce qu'on appelle une théodicée.

Vous pouvez alors montrer en quoi le monde n'est pas parfait et en quoi une telle approche revient à penser qu'il ne s'agit pas de transformer le monde mais de l'accepter.

En effet, si nous vivons ainsi dans le meilleur des mondes possibles, cela ne signifie-t-il pas que l'ordre social est le meilleur possible, que les inégalités sont inévitables, que la souffrance est nécessaire ? C'est ainsi en partant de la situation du monde tel qu'il est que vous pouvez opérer une critique de cette approche.

Certes, Leibniz ne dit pas que le monde est parfait.

En effet, si le monde était parfait il serait Dieu, mais il dit tout de même que le monde est une certaine harmonie.

Par ailleurs, Leibniz dira face au mal moral qu'il a pour cause l'homme.

C'est parce que l'homme est libre que le mal moral existe.

Mais constater ainsi que le mal moral existe permet-il de dire que le monde dans lequel nous vivons est le meilleur possible ? Vous pouvez vous demander si l'affirmation de Leibniz n'a pas au mieux de sens qu'au regard d'une pensée de la création.

C'est parce qu'il s'efforce de concilier l'existence de Dieu, d'un Dieu parfait créateur, avec l'existence du mal qu'il énonce ceci.

Mais peut-on se contenter de dire que le monde est le meilleur possible ? Le possible ne peut-il être pensé qu'au regard d'une perfection qui est à l'origine du monde ? Vous pouvez ici penser à cette formule célèbre de Marx qui dit ainsi que les hommes n'ont fait qu'interpréter le monde et qu'il s'agit désormais de le transformer. [Si, comme Dieu, nous pouvions connaître le monde parfaitement - dans tous ses détails présents et futurs -, nous verrions qu'il est organisé de telle sorte que le mal n'y joue pas le rôle que nous lui attribuons.]. »

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