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Pourquoi des historiens ?

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« Analyse du sujet : Notre sujet se présente sous la forme d'une question ouverte, à laquelle il s'agira d'apporter une réponse en conclusion, au terme du développement de l'argumentation qui fait l'objet du corps de la dissertation. Le terme « pourquoi » nous donne une indication sur le type de réponse à apporter : il s'agit de fournir la raison pour laquelle il y a des historiens.

Autrement dit, le sujet invite à réfléchir sur le statut de l'histoire, conçue comme discipline, c'est-à-dire, l'activité des historiens, et non pas simplement comme la successions des événements dans le temps. Cependant l'activité des historiens, que nous appellerons historiographie pour la distinguer de l'Histoire comme succession d'événements, est en intime rapport avec cette dernière, qui semble de prime abord constituer le matériau à partir duquel l'historiographie est possible, avec lequel les historiens travaillent. La difficulté majeure du sujet est de dévoiler les problèmes proprement philosophiques et non seulement historiographiques que cette discipline pose.

Précisément, il s'agit d'une discipline : c'est donc sur une fonction (celle de l'historien) que nous attachons notre réflexion. Noter que le sujet demande : « pourquoi des historiens ? » et pas simplement « pourquoi une historiographie ? ».

C'est que l'historien n'est pas une entité neutre qui relaterait les faits en toute objectivité (comme le ferait un Dieu historien omniscient) : chaque historien constitue une subjectivité propre, qui interprète l'Histoire à partir des présupposés dont il ne peut se détacher (ne serais-ce que par la formation qu'il a reçu) : l'historien est lui-même historique, emporté dans le mouvement de l'histoire et ne peut s'en abstraire. Pourtant il n'y a pas autant d'historiographies qu'il y a d'historiens : il y a donc bien des éléments objectifs qui peuvent être dégagés de l'histoire et sur lesquels s'accordent les historiens, par-delà leur subjectivités. Problématisation : Le problème majeure est justement celui de l'objectivité : si l'historiographie n'est pas objective, alors cette discipline n'a pas de légitimité à exister, ou du moins ne peut pas prétendre au statut de science historique.

D'où nos deux premières questions : I – Y a-t-il une objectivité du mouvement de l'Histoire ? II – L'historien peut-il objectivement en rendre compte ? Proposition de plan : I – Y a-t-il une objectivité du mouvement de l'Histoire ? Pour qu'une historiographie puisse être objective, dire le vrai, il faut d'abord, comme nous l'avons indiqué, que l'Histoire elle-même présente des régularités, que des éléments objectifs puissent en être dégagés. Hegel définit l'Histoire comme « auto déploiement dialectique de l'absolu ». L'histoire s'achemine vers un but : la réalisation de l'absolu.

Ce qui n'existe d'abord abstraitement qu'à titre d'idée (dans un premier moment du mouvement dialectique) se nie pour devenir matière (deuxième moment).

Mais la matière est elle-même « abstraite » dans le sens où elle n'est pas encore réconciliée avec l'idée mais si oppose : elle est « ab-straite » au sens où elle est incomplète, d'où la nécessité d'une seconde négation qui aboutit à la pleine réalisation de l'idée dans la chose, à leur réconciliation, qui constitue le troisième moment.

Hegel écrit : « Le but de l'histoire universelle est que l'esprit parvienne au savoir de ce qui est véritablement, et fasse de ce savoir un objet, le réalise en un monde présent concrètement, s'exprime en tant qu'objectif.

» « [L'histoire] n'est que l'image et l'acte de la raison.» Hegel, La Raison dans l'histoire (1830). • Pour Hegel, l'histoire humaine est un processus rationnel dont il est possible de donner une vision systématique.

Ainsi, chaque peuple exprime une étape du déploiement de l'Esprit du monde, dans un vaste mouvement qui va de l'Est (Babylone, La Grèce antique) à l'Ouest (l'Europe moderne).

Ce processus est dialectique: de la rencontre et de la confrontation entre les cultures adviennent de nouvelles cultures qui dépassent les oppositions de l'époque précédente.

C'est un processus téléologique (c'est-à-dire orienté vers un but) qui mène, selon Hegel, à la prise de conscience de soi de l'Esprit du monde.. »

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