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Platon

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SOCRATE: Chez l'homme qui ne sait pas, il y a donc des opinions vraies au sujet des choses qu'il ignore, opinions qui portent sur les choses que cet homme en fait ignore? MÉNON : Apparemment. SOCRATE: Et maintenant en tout cas, ce sont bien ces opinions-là qui ont été, à la manière d'un rêve, suscitées en lui; puis, s'il arrive qu'on l'interroge à plusieurs reprises sur les mêmes sujets, et de plusieurs façons, tu peux être certain qu'il finira par avoir sur ces sujets-là une connaissance aussi exacte que personne. MÉNON: C'est vraisemblable. SOCRATE : En ce cas, sans que personne ne lui ait donné d'enseignement, mais parce qu'on l'a interrogé, il en arrivera à connaître, ayant recouvré lui-même la connaissance en la tirant de son propre fonds. Platon

« PRESENTATION DU "MENON" DE PLATON Le dialogue du M énon met en scène Socrate, M énon, qui se réclame du Sophiste Gorgias, un esclave et A nytos, qui, historiquement, fut l'un de ceux qui condamna Socrate à mort.

On a ainsi un affrontement entre la philosophie, la sophistique vénale et versatile, et la puissance politique autour de la question centrale : la vertu s'enseigne-t-elle ? L'aporie du dialogue tendrait à montrer l'impuissance de la philosophie face aux arrogances du pouvoir.

Mais la figure de l'esclave, symbole de l'absence de savoir et de pouvoir, est là pour montrer que le philosophe peut tourner vers le V rai mais aussi le Bien ceux qui acceptent de jouer le jeu du dialogue.

Dans le même temps, elle apporte une réponse implicite au problème de la vertu. SOCRATE: Chez l'homme qui ne sait pas, il y a donc des opinions vraies au sujet des choses qu'il ignore, opinions qui portent sur les choses que cet homme en fait ignore? MÉNON : Apparemment. SOCRATE: Et maintenant en tout cas, ce sont bien ces opinions-là qui ont été, à la manière d'un rêve, suscitées en lui; puis, s'il arrive qu'on l'interroge à plusieurs reprises sur les mêmes sujets, et de plusieurs façons, tu peux être certain qu'il finira par avoir sur ces sujets-là une connaissance aussi exacte que personne. MÉNON: C'est vraisemblable. SOCRATE : En ce cas, sans que personne ne lui ait donné d'enseignement, mais parce qu'on l'a interrogé, il en arrivera à connaître, ayant recouvré lui-même la connaissance en la tirant de son propre fonds. Dans le M énon de Platon, Socrate démontre que les hommes ont en eux des connaissances sans le savoir, même si cela paraît paradoxal.

En effet, questionnant un jeune garçon qui n'a reçu aucune éducation en mathématiques, Socrate fait résoudre à celui-ci le problème suivant: comment construire un carré dont la surface soit le double d'un autre carré? Le jeune garçon parvient à la solution sans que Socrate lui ait rien «soufflé», seulement guidé par les questions de Socrate. C onclusion: les vérités mathématiques ont été «vues» par l'âme avant la naissance, et elles sont en nous.

C e ne sont pas des inventions ou des opinions arbitraires, mais des vérités éternelles qu'il est possible de se remémorer si l'on est correctement aiguillé, et même aiguillonné. Le questionnement du jeune garçon par Socrate est l'exemple-type de ce que Socrate appelle la «maïeutique», ou art de faire accoucher les âmes des vérités qu'elles portent en elle.

C ar la réminiscence, ou souvenir de la vérité, ne vient pas spontanément ou par hasard.

Elle vient sous la stimulation d'un autre, celui qui vous «titille» (comme un taon sur un cheval, dit Socrate) et sait vous poser les bonnes questions.

Dans le «mythe de la caverne» de la même manière, l'homme enchaîné depuis son enfance ne se libère pas tout seul, mais il faut le libérer et le traîner dehors, malgré lui.

C e que dit Platon, c'est que l'accès à la vérité - et à la connaissance la plus haute, celle de l'idée du Bien - ne peut se faire que par la médiation d'autrui.

C 'est une relation de désir, une érotique de la connaissance qui fait passer de l'amour des corps à l'amour des Idées, puis à l'amour de l'idée la plus haute, le Bien.

Dans cette relation spécifique, autrui n'est pas une fin, puisque ce qui est visé, c'est l'idée du Bien; mais il n'est pas non plus un moyen pour moi, puisqu'il ne s'agit pas de l'utiliser pour un but qui serait simplement mon intérêt propre.

A utrui est donc ici une médiation vers un dépassement de moi-même dans la connaissance du Bien.

C 'est ce que l'on appelle l'«amour platonique». P L A T O N.

Né à Égine, près d'A thènes, en 429 av.

J.-C ., mort à A thènes en 347 av.

J.-C . Son père, A riston, descendait de C odros, dernier roi d'A thènes, et sa mère, P érictyone, de Solon.

Il fut l'élève de l'héraclitéen C ratyle, et s'initia aux arts.

Il prit part à des concours de tragédie, et se passionna plus spécialement pour la musique et les mathématiques.

V ers 407, il rencontra Socrate, dont il resta l'ami et le disciple jusqu'en 399, date de la mort du maître.

Platon se rendit alors à Mégare, auprès d'Euclide ; puis, il effectua des voyages en Égypte et en Italie du Sud.

Eu Sicile, il rencontra Denys et tenta de lui faire accepter ses théories politiques.

Le tyran, outré, fit vendre Platon comme esclave, à Égine.

Là, A nnicéris le reconnut, l'acheta et le libéra.

Rentré à A thènes, Platon commença d'enseigner la philosophie dans les jardins d'A cadémos ; ce fut l'origine de l'A cadémie.

Il se rendit encore en Sicile auprès de Denys le jeune, mais aussi sans succès.

Il mourut octogénaire, à A thènes, désignant son neveu Speusippe pour lui succéder à la tête de l'A cadémie.

Toutes les oeuvres de Platon sont des dialogues.

Ils nous seraient tous parvenus, et certains textes apocryphes s'y sont ajoutés.

— C 'est sous l'influence de Socrate que P laton conçut son système philosophique, premier système spiritualiste complet, qui fait du philosophe grec, l'un des plus grands, sinon le plus grand de tous les temps.

P our les P ythagoriciens, la raison des choses se trouvait dans les nombres ; pour les Ioniens (tel Héraclite) elle était dans les forces et les éléments de la nature ; pour les Eléates, elle était une unité abstraite.

P laton fut le premier à poser un principe intelligent comme raison des choses.

— La méthode qu'il utilise dans ses dialogues est la dialectique.

Platon remonte à l'idée.

Il procède par élimination des dissemblances, et ne considère que les ressemblances, dont l'origine est commune.

Les ressemblances, qui font qu'un groupe d'individus peuvent être trouvés beaux, participent d'une beauté pré-existante, et inconditionnée.

La dialectique opère de même pour les autres notions.

Platon dégage, par ce moyen, l'Idée de la beauté.

Le point le plus important de la philosophie platonicienne est précisément la théorie des Idées.

Les phénomènes, « ombres passagères », ne renferment pas la vérité.

Il faut dégager l'intuition de la beauté de la jouissance des belles choses.

Dégager de chaque groupe d'individus le type éternel et pur, d'après lequel ils sont faits.

Les Idées, ainsi dégagées, forment une hiérarchie, dont le sommet est occupé par l'Idée de Bien.

C elle-ci est le soleil du monde intelligible, elle donne vie et lumière à toutes choses.

L'Idée de Bien est le principe de l'être et de l'intelligence ; elle est assimilée par Platon à Dieu même.

— L'homme connaît les Idées en vertu de la théorie pythagoricienne de la « réminiscence».

Savoir quelque chose, c'est se re-souvenir de ce que l'on a contemplé dans une vie antérieure.

L'amour, le « délire d'amour » s'explique lorsque nous retrouvons devant nous une beauté dont nous nous souvenons, et qui nous trouble.

— A vant la naissance, l'âme humaine parcourt la voûte du ciel, montée sur un char d'où elle contemple le monde des Idées.

Lors de la naissance, elle tombe dans le corps, où elle est emprisonnée.

Elle s'y divise et s'y répartit, dans la tête, dans la poitrine, dans le ventre.

A près la mort, l'âme injuste est châtiée.

L'âme juste, sur les ailes de l'amour, remontera jusqu'au principe de son bien.

La morale platonicienne consiste à ressembler à Dieu.

Il vaut donc mieux subir l'injustice que la commettre, et, si on l'a commise, il vaut mieux expier que ne pas expier.

— Platon a abordé le problème politique.

Il s'élève contre la position inférieure de la femme grecque.

Dans la république qu'il conçoit, la cité est un ensemble humain, où est instituée la communauté des femmes et des enfants ; chaque génération d'adultes considère comme les siens propres les enfants de la génération immédiatement postérieure.

Les arts sont soumis au soldat, qui représente le courage.

Les poètes sont exclus de la cité.

Le gouvernement appartient aux meilleurs, qui reçoivent une éducation musicale et sportive, sont initiés à la théorie des Idées et à la notion du Bien ; en un mot, aux philosophes.

Mais P laton sait bien qu'il est impossible de « faire que ce qui est juste soit fort ».

— L'enseignement de Platon s'arrête véritablement à sa mort.

Ni la nouvelle A cadémie, ni l'école d'A lexandrie ne le prolongent. Saint A ugustin, la Renaissance, Malebranche, telles sont les étapes du renouveau du platonisme, mais celui-ci est alors modifié par la pensée chrétienne. Q uoi qu'il en soit, l'influence de P laton durera sans doute toujours.. »

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