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LOCKE: l'âme est une table rase

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Supposons donc qu'au commencement l'âme est ce qu'on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu'elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité que l'imagination de l'homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D'où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? À cela, je réponds en un mot, de l'expérience : c'est là le fondement de toutes nos connaissances, et c'est de là qu'elles tirent leur première origine. Les objets extérieurs et sensibles, ou sur les opérations intérieures de notre âme, que nous apercevons et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes, fournissent à notre esprit les matériaux de toutes ses pensées. Ce sont là les deux sources d'où découlent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement. C..] L'autre source d'où l'entendement vient à recevoir des idées, c'est la perception des opérations de notre âme sur les idées qu'elle a reçues par les sens opérations qui, devenant l'objet des réflexions de l'âme, produisent dans l'entendement une autre espèce d'idées, que les objets extérieurs n'auraient pu lui fournir : telles que sont les idées de ce qu'on appelle apercevoir, penser, douter, croire, raisonner, connaître, vouloir, et toutes les différentes actions de notre âme, de l'existence desquelles étant pleinement convaincus, parce que nous les trouvons en nous-mêmes, nous recevons par leur moyen des idées aussi distinctes que celles que les corps produisent en nous, lorsqu'ils viennent à frapper nos sens. [...] Mais comme j'appelle l'autre source de nos idées sensation, je nommerai celle-ci réflexion, parce que l'âme ne reçoit par son moyen que les idées qu'elle acquiert en réfléchissant sur ses propres opérations. LOCKE

« Supposons donc qu'au commencement l'âme est ce qu'on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu'elle soit.

Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité que l'imagination de l'homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D'où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? À cela, je réponds en un mot, de l'expérience : c'est là le fondement de toutes nos connaissances, et c'est de là qu'elles tirent leur première origine.

Les objets extérieurs et sensibles, ou sur les opérations intérieures de notre âme, que nous apercevons et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes, fournissent à notre esprit les matériaux de toutes ses pensées.

Ce sont là les deux sources d'où découlent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement.

C..] L'autre source d'où l'entendement vient à recevoir des idées, c'est la perception des opérations de notre âme sur les idées qu'elle a reçues par les sens opérations qui, devenant l'objet des réflexions de l'âme, produisent dans l'entendement une autre espèce d'idées, que les objets extérieurs n'auraient pu lui fournir : telles que sont les idées de ce qu'on appelle apercevoir, penser, douter, croire, raisonner, connaître, vouloir, et toutes les différentes actions de notre âme, de l'existence desquelles étant pleinement convaincus, parce que nous les trouvons en nous-mêmes, nous recevons par leur moyen des idées aussi distinctes que celles que les corps produisent en nous, lorsqu'ils viennent à frapper nos sens.

[...] Mais comme j'appelle l'autre source de nos idées sensation, je nommerai celle-ci réflexion, parce que l'âme ne reçoit par son moyen que les idées qu'elle acquiert en réfléchissant sur ses propres opérations. Dans son Essai philosophique concernant l'entendement humain, Locke s'interroge sur l'origine de nos idées.

Pour lui, et contrairement à ce qu'affirmait Descartes, toutes nos idées proviennent de l'expérience tout ce qui se trouve dans l'intellect s'est d'abord trouvé dans les sens.

A cela, Leibniz répondra que les structures logiques de l'entendement ne proviennent pas de l'expérience et sont donc a priori. Problématique Toutes nos idées proviennent de l'expérience.

Il y a d'abord la perception qui nous livre des matériaux.

Puis vient la réflexion, par quoi nous percevons les contenus de notre esprit.

Locke insiste ici sur le caractère acquis de toutes ces représentations, pour la perception comme pour la réflexion. Enjeux Nous n'avons pas d'idées innées, selon Locke.

Ainsi, même la pensée logique est d'abord déterminée par le contact entre l'esprit et le monde.

La réflexion ne peut en effet pas tourner à vide, et sans expérience, il n'y aurait pas de pensée du tout.

À cet empirisme radical, Leibniz répondra en insistant sur le caractère a priori de l'entendement luimême.

Plus tard, Kant défendra l'existence de structures a priori de la connaissance. Introduction : L’extrait qui nous est proposé se situe au début du livre II de l’Essai sur l’entendement humain de Locke.

Plus exactement il s’agit des paragraphes 2 et 4.

L’ellipse du milieu du texte correspond au paragraphe 3.

Le livre I était consacré aux « notions innées » et consistait en une réfutation de l’idée selon laquelle il y aurait dans l’esprit humain des principes qui y seraient introduits avant tout contact sensoriel avec le monde extérieur.

La tendance du livre I est donc toute négative.

C’est pourquoi, le livre II cherche à caractériser positivement l’origine et le contenu de nos idées ou des contenus de nos pensées.

Les termes centraux de notre extrait seront donc la sensation et la réflexion qui sont distinguées comme les seules sources de nos idées, supposant qu’il n’y a rien dans l’entendement qui n’ait été d’abord dans les sens.

Ainsi afin de développer sa thèse, Locke utilise la célèbre fiction de la « table rase » qui serait comparable à l’âme ou l’esprit d’un nouveau-né.

Ce texte, considéré comme l’un des fondements de l’empirisme, peut se comprendre logiquement en deux moments : la définition des deux sources de nos idées (du début de l’extrait à « Ce sont là les deux sources d'où découlent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement ») et l’approfondissement de la seconde source à savoir les opérations de notre esprit (de « L'autre source d'où l'entendement » à « l'âme ne reçoit par son moyen que les idées qu'elle acquiert en réfléchissant sur ses propres opérations »).

C’est suivant ces deux moments que nous entendons expliquer ce texte. I – L’expérience comme source de connaissance a) La méthode de raisonnement que Locke dans son Essai sur l’entendement humain en produisant sa doctrine empiriste.

En effet, comme nous le confirme la première phrase de l’extrait, Locke utilise une expérience de pensée.

Il nous place dans la situation fictive et nous place dans la situation d’un observateur d’une âme dès son commencement.

L’essentiel est alors de voir ce qu’il s’en suit et si sans faire appel à la théorie des idées innées, on peut rendre compte de la connaissance humaine.

Dans ce cas, sa thèse s’oppose directement à thèse rationaliste des. »

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