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L'hypothèse de l'inconscient met -elle en cause l'idée de responsabilité?

Extrait du document

« Approche problématique L'inconscient désigne dans la tradition philosophique une réalité psychique profonde dont la conscience ne serait qu'une émanation particulière, plus précisément pour Freud il désigne l'appareil psychique au moyen duquel l'homme s'autocensure.

Lorsque nous refoulons, tout ce que l'esprit conscient de l'homme ne peut pas conserver se retrouve immédiatement et à son insu dans sa partie inconsciente.

Bien que l'inconscient soit encore contesté, il est majoritairement accepté par le monde scientifique et tend à expliquer des actes qui restent fermés à toute explication rationnelle.

L'inconscient agit sur l'homme à travers des mécanismes qui lui sont encore inconnu, car il est par définition ce à quoi nous ne pouvons accéder par la pensée.

Ainsi, ce monstre obscur tapi au fond de l'esprit humain et capable de nous faire agir selon des règles qui nous échappent n'entraîne t il pas un problème éthique? Si j'ignore quelle sorte d'influence l'inconscient peut avoir sur moi, comment puis je me sentir responsable de mes actes? Tous mes actes ne sont ils pas dans ce cas profondément motivés par mon inconscient? Pour Alain, l'inconscient est un animal redoutable qui menace le sujet libre.

Mes actes ne doivent pas t ils pas être le fruit de mes codes moraux et pour cela être issus d'une pensée consciente? Être responsable de ses actes n'est ce pas avoir une idée claire et transparente de tout ce que je fais? Lorsque l'on juge quelqu'un de responsable, on dit qu'il « sait ce qu'il fait ».

La responsabilité ne se baserait donc que sur l'acte en lui même et non sur les motivations de ces actes.

L'inconscient peut nous suggérer énormément d'actes cependant nous gardons la faculté de les juger, non pas sur leurs origines mais sur leur valeur morale.

Ainsi, l'homme n'est pas un animal sous l'emprise de son inconscient possiblement diabolique, mais un être rationnel qui possède la capacité de choisir après jugement les actes qu'il est en capacité de faire.

Nous ne portons non pas notre responsabilité sur les racines inconscientes de nos actes qui demeureront inconnues mais sur notre capacité à appliquer un jugement moral sur nos actions . Ainsi l'être moral reste responsable de ses actes tant qu'il en est conscient. Textes utiles Sigmund Freud L'hypothèse de l'inconscient est nécessaire parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires : aussi bien chez l'homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d'autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience.

Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l'homme sain, et tout ce qu'on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade, [...] notre expérience quotidienne la plus personnelle nous met en présence d'idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l'origine et de résultats de pensée,,. dont l'élaboration nous est demeurée cachée.

Tous ces actes conscients demeurent incohérents et incompréhensibles si nous nous obstinons à prétendre qu'il faut bien percevoir par la conscience tout ce qui se passe en nous en fait d'actes psychiques : mais ils s'ordonnent dans un ensemble dont on peut montrer la cohérence, si nous interpolons les actes inconscients inférés. Alain Qu'est-ce qu'un inconscient ? C'est un homme qui ne se pose pas de question.

Celui qui agit avec vitesse et sûreté ne se pose pas de question ; il n'en a pas le temps.

Celui qui suit son désir ou son impulsion sans s'examiner soimême n'a point non plus occasion de parler, comme Ulysse, à son propre coeur, ni de dire Moi, ni de penser Moi.

En sorte que, faute d'examen moral, il manque aussi de cet examen contemplatif qui fait qu'on dit : « Je sais ce que je sais ; je sais ce que je désire ; je sais ce que je veux.

» Pour prendre conscience, il faut se diviser soi-même.

Ce que les passionnés, dans le paroxysme, ne font jamais ; ils sont tout entiers à ce qu'ils font ou à ce qu'ils disent ; et par là ils ne sont point du tout pour eux-mêmes.

Cet état est rare.

Autant qu'il reste de bon sens en un homme, il reste des éclairs de penser à ce qu'il dit ou à ce qu'il fait ; c'est se méfier de soi ; c'est guetter de soi l'erreur ou la faute.

Peser, penser, c'est le même mot ; ne le ferait-on qu'un petit moment, c'est cette chaîne de points clairs qui fait encore le souvenir.

Qui s'emporte sans scrupule aucun, sans hésitation aucune, sans jugement aucun ne sait plus ce qu'il fait, et ne saura jamais ce qu'il a fait. Kant Le Je » prouve que j'agis par moi-même, que je suis un principe et non un résultat.

J'ai conscience des déterminations et des actions, et un sujet qui a conscience de ses déterminations et de ses actions a une absolue liberté.

Que le sujet possède une liberté absolue, parce qu'il est conscient, prouve qu'il n'est pas un sujet qui pâtit, mais qui agit.

C'est seulement dans la mesure où j'ai conscience d'une action effective, dans la mesure où j'agis à partir du principe interne de l'activité suivant le libre arbitre, sans une détermination extérieure, que je possède une spontanéité absolue.

Lorsque je dis : je pense, j'agis, etc., ou bien le mot je est employé à contresens ou bien je suis libre.

Si je n'étais pas libre, je ne pourrais pas dire : je le fais, mais je devrais dire : je sens en moi une envie de faire que quelqu'un a suscitée en moi.

Mais lorsque je dis : je le fais, cela signifie une spontanéité dans le sens transcendantal.

Or j'ai conscience de ce que je peux dire : je fais, je ne suis donc pas conscient d'une détermination, et j'agis par conséquent d'une façon absolument libre.

Si je n'étais pas libre, mais si j'étais seulement un moyen par lequel l'autre fait immédiatement en moi quelque chose que je tais, je ne pourrais pas dire : je fais.

Je fais, en tant qu'action, ne peut s'employer que dans un cas d'absolue liberté. Freud. »

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