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L'expression "perdre sa liberté" a-t-elle un sens ?

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« Que signifie l'idée de perdre sa liberté ? Qu'implique-t-elle ? La liberté est-elle innée ou est-elle acquise ? A priori la liberté est considérée dans nos sociétés comme un droit, acquis, pour lequel les hommes se battent pour le garder.

Ceci signifie donc que la liberté pourrait être perdue.

Cette idée de possibilité de perdre sa liberté, de légitimité de la perdre, ne semble pas discutable puisque l'on pourrait le prouver par des exemples multiples : ainsi de l'esclavage, ainsi des prisons, ainsi des dictatures.

Mais ce faisant on comprend la liberté comme seule absence de contraintes.

Cette liberté-là n'est pas satisfaisante.

La liberté peut disparaître, même en dehors d'un critère de contrainte.

Des passions, des déterminismes sociaux ou des mobiles inconscients influent et agissent sur nous et orientent nos pensées et volontés — à notre insu.

Ainsi, cette liberté que je crois posséder pourrait être considérée comme une illusion de la conscience.

Pour quelles raisons pourrait-on perdre sa liberté, nous l'ôter ? N'est-elle pas irréductible ? Du moins en principe : l'homme ne naît-il pas libre ? Si l'homme est originellement libre, peut-il perdre quelque chose qui participe de son essence ou de sa dignité ? La question est donc de savoir si la liberté est inaliénable, et de ce point de vue une réflexion est nécessaire sur la question du fait et du droit.

De plus, si la liberté est une illusion, un leurre, alors il est impossible de perdre sa liberté puisque par principe on ne peut perdre ce que l'on ne possède pas.

Dans la Lettre à Schuller, Spinoza montre que l'homme se croit libre par ignorance des causes qui le poussent à agir mais qu'en réalité, il est de part en part déterminé.

Mais la connaissance de ces déterminations est une libération : on ne peut perdre sa liberté, mais on peut l'acquérir en augmentant notre puissance d'agir, en augmentant notre connaissance.

Références utiles : Du contrat social de Rousseau, l'Existentialisme est un humanisme de Sartre, ou le Manuel d'Épictète. Le terme "perdre" signifie ici "ne plus disposer de".

On vous demande si "ne plus disposer de sa liberté" (pouvoir de penser, de choisir, d'agir selon sa volonté ou dans le cadre des lois) constitue une expression cohérente et détenant une signification.

Cette formule peut-elle être légitimement énoncée ? Examinez cette expression en fonction des différents sens du terme "liberté".

Vous constaterez ainsi qu'on peut perdre sa liberté d'action, sa liberté politique, mais que la liberté de pensée, par exemple, ne saurait disparaître.

Un plan progressif s'impose ici.

N'oubliez pas le problème de la servitude volontaire. La liberté semble faire l'objet d'une expérience ou tout au moins d'un désir universel.

Partout, nous voyons des combats pour la liberté.

Chacun semble donc vouloir être libre.

Cependant, ce désir ne fonde pas ni la définition à donner à la liberté, ni une preuve de l'existence réelle de cette liberté.

Il est vrai que la liberté est complexe à définir parce qu'elle couvre de nombreux domaines différents : liberté politique, liberté de penser, liberté d'action, liberté morale,….

Dans un premier temps, la liberté désigne la possibilité de faire ce que l'on veut.

Je suis libre lorsque je peux mettre en œuvre ce que j'ai envie ou ce que j'ai décidé de faire.

Or, le terme « perdre » signifie être privé de quelque chose dont on était en possession.

Ainsi, il implique que la liberté soit première pour que l'homme puisse en être privée.

Il s'agit ici de savoir donc si perdre la liberté a une signification, s'il est possible que cette expression s'incarne dans une situation.

Or, il semble dans un premier temps, que l'homme peut ne plus être libre, devenir esclave.

C'est une situation que l'on voit tous les jours.

Pourtant, l'homme est-il premièrement libre ? Ne doit-il pas gagner la liberté ? De plus, l'homme n'a-t-il pas toujours le choix entre la liberté et l'esclavage ? L'homme est premièrement libre mais on peut lui retirer la liberté - Pour Descartes, la liberté est une notion commune et première.

Selon lui, chacun la comprend et peut la saisir en lui-même.

La liberté se « connaît sans preuve ».

L'expérience du libre arbitre semble en effet être présent en tout lieu et en tout temps.

Le libre arbitre désigne la capacité d'un sujet à privilégier une voie dans une multitude de choix.

Dès que nous choisissons par exemple, ce que nous voulons faire de nos loisirs, nous exerçons notre liberté. « Il est si évident que nous avons une volonté libre, qui peut donner son consentement ou de ne le pas donner quand bon lui semble, que cela peut être compté pour une de nos plus communes leçons.

» (Principes de philosophie) - Pourtant, si la liberté est une notion première chez l'homme, il est possible que sa capacité de choisir ce qu'il veut faire soit compromise.

En effet, nous l'avons dit la liberté en son sens premier est cette possibilité d'agir à son gré sans que rien ne vienne contrarier son action.

L'étymologie du mot renvoie à liber qui signifie littéralement absence de contrainte.

Il désignait dans l'antiquité le statut du citoyen qui fait ce que bon lui semble par opposition à l'esclave qui est soumis à la volonté de son maître.

Dans ce sens, donc, dès que quelqu'un ou quelque chose me contrainte à faire quelque chose contre mon gré, je perds ma liberté, la possibilité de me poser comme auteur de mes actions et de mes désirs.. »

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