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Les sciences de l'homme suffisent-elles à connaître l'homme ?

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« POUR DÉMARRER L'ensemble des disciplines consacrées à l'étude de l'homme — cet animal de l'espèce la plus évoluée vivant sur Terre, mais aussi cet être générique représentant les caractéristiques de l'espèce humaine — permet-il d'atteindre une totale compréhension de ce dernier, de s'en former une représentation adéquate ? CONSEILS PRATIQUES On voit très bien, à l'analyse du sujet, qu'il ne s'agit pas d'explorer les différentes sciences qui s'intéressent à l'homme (psychologie, sociologie, etc.) mais de se demander si la somme des connaissances qu'elles apportent éclaire la totalité de la réalité humaine.

Il apparaît comme évident que seule une discipline capable de faire la synthèse de ces connaissances pourrait prétendre à cette connaissance totale.

Sans doute est-ce le rôle de la philosophie, selon sa vocation originelle. BIBLIOGRAPHIE BOURDIEU, Questions de sociologie, Minuit. DURKHEIM, Les règles de la méthode sociologique, PUF. SARTRE, Questions de méthode, in Critique de la raison dialectique, 1, NRF Gallimard. [Introduction] Rappeler que les sciences humaines entendent étudier l'homme dans ses dimensions spécifiques.

Dès lors peut se poser la question du relais qu'elles constitueraient relativement à la « connaissance » de l'homme traditionnellement proposée par la philosophie.

Suffisent-elles pour assurer ce relais ? [I.

Apports des sciences humaines] a.

Rappeler quelques acquis : repérage plus précis du devenir humain grâce à l'histoire ; meilleure compréhension des fonctionnements mentaux — normaux ou pathologiques — grâce à la psychologie ; renseignements d'origine sociologique sur les structures et les fonctionnements de la société, etc.

Question : cet amas d'informations venant de disciplines diverses peut-il constituer une connaissance de l'homme dans sa globalité ? b.

Souligner la diversité des sciences humaines et de leurs points de vue (entre les principales, on peut toujours concevoir de nouvelles disciplines intermédiaires, plus spécialisées).

Comment harmoniser ces points de vue ? Risque : n'existe-t-il pas un homme-pour-l'historien, un homme-pour-le-psychologue, un homme-pour-le-sociologue, etc.

? c.

Une connaissance globale de l'homme serait une anthropologie.

Mais l'histoire des relations entre les différentes sciences humaines semble indiquer que celle-ci n'est pas en cours de constitution : chaque discipline a pu prétendre, à un moment ou à un autre, être la principale (capable d'effectuer les synthèses finales).

Exemple : l'histoire pour l'école des Annales. [II.

La question du déterminisme] a.

Tout point de vue scientifique implique la recherche de l'objectivité, entraînant des collections de faits entre lesquels on recherche des causalités.

Le fait scientifique (cf.

Bachelard) est lui-même reconstruit avec des éléments quantifiables : la science ignore par définition les valeurs et le sens.

Or, l'homme produit du sens et réagit relativement à des valeurs. b.

La causalité implique le déterminisme, et donc une prévision.

Or, l'histoire ne prévoit rien, et les « lois » générales de la psychologie ne peuvent esquisser le moindre comportement individuel.

Cette façon qu'a l'homme d'échapper à toute détermination classique, c'est sa liberté (dimension métaphysique, peu analysable scientifiquement). c.

L'approche des sciences humaines se heurte à la dimension spirituelle, ou rationnelle, de l'homme.

C'est cette dimension qu'aborde la philosophie.

Exemple : Rousseau, pour reconstruire l'histoire de l'humanité, commence par « écarter tous les faits »...

parce qu'il s'intéresse au sens de cette histoire, et non à ses événements précis. [III.

Caractère empirique, caractère rationnel de l'être humain]. »

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