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Les hommes doivent-ils choisir entre l'exploitation de la natureet sa protection ?

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« • C'est un sujet d'actualité : on s'intéresse de plus en plus à la protection de la nature, l'écologie fait partie de notre paysage politique. Le mot « écologie » vient du grec oikos, « maison » et logos, « science, étude, discours» ; c'est en quelque sorte la science des relations des êtres vivants entre eux et avec le milieu dans lequel ils vivent. Mais le terme d'écologie est plus souvent compris aujourd'hui comme le mouvement visant à un meilleur équilibre entre l'homme et son environnement naturel, ainsi qu'à la protection de celui-ci. C'est aussi le courant politique défendant ce mouvement. • L'exploitation de la nature a plusieurs sens : il peut s'agir d'exploitation agricole, par exemple, de mise en valeur des terres, mais il peut aussi s'agir d'abus, de profit, tout comme on parle de l'exploitation de l'homme par l'homme, c'est-à-dire le fait, pour une classe sociale, de tirer un profit (une plus-value) du travail d'autres hommes. • Exploiter ou protéger la nature : tel serait le choix de l'humanité. Mais l'exploitation de la nature ne peut-elle être qu'une agression ? et la défense de la nature nécessairement un bienfait ? L'homme est-il obligé de décider entre ces deux options ? • Exploiter la nature pour protéger les hommes : La nature est hostile, inhospitalière. Pensez au mythe de Prométhée. C'est parce que l'homme a réussi à exploiter la nature qu'il a pu survivre : l'agriculture est une étape essentielle du développement humain. Dans le Protagoras de Platon, le personnage de Protagoras (célèbre sophiste) fait le récit du mythe de la situation originelle de l'homme. Dépourvu de tout, nu et sans défense, celui-ci est à la merci d'une nature hostile et peu prodigue à son égard. Chargé par les dieux de distribuer des qualités spécifiques à chaque animal, Prométhée accepte de déléguer cette mission à son frère Epiméthée qui, dans son empressement, oublie l'homme. Pour éviter que ce dernier ne disparaisse et pour réparer l'étourderie d'Epiméthée, Prométhée dérobe le feu à Héphaïstos et la connaissance des arts à Athéna pour en faire présent à l'homme. Mais les Dieux en sont irrités et punissent Prométhée pour sa forfaiture. Les leçons de ce mythe sont très nombreuses. D'abord, on peut remarquer que sans les arts et le feu (c'est-à-dire sans la technique), l'homme est dans un état de dénuement total. Comparativement aux animaux, il ne dispose en effet d'aucun "outil naturel" : pas de bec, pas de crocs, pas de fourrure, pas de venin, pas d'agilité à la course… L'homme est donc contraint, sous peine de disparaître, de pallier la faiblesse de sa condition par l'usage d'outils et d'artifices divers. La technique se donne par conséquent, d'abord, comme une nécessité vitale à laquelle nous devons notre survie et notre arrachement à la nature ainsi que notre spécificité. Mais dans le mythe, il faut rappeler que les dieux punissent Prométhée et ce n'est pas seulement le vol qu'ils sanctionnent parce que celui-ci s'apparente plus fondamentalement à un viol : Prométhée a donné à l'homme le moyen d'être une sorte de dieu lui-même, un rival inattendu. Par le développement des arts et des techniques, l'homme dispose d'un pouvoir extraordinaire. Alors, le cadeau est peut-être empoisonné : ce pouvoir, l'homme peut-il le maîtriser ? Ce à quoi il doit sa survie ne risque-t-il pas de préparer paradoxalement sa disparition ? Si la technique est d'origine divine, elle procure un grand pouvoir, une immense responsabilité, et elle peut aussi se retourner contre ceux qui ne sont pas conscients des dangers qu'elle engendre. Protagoras le sophiste raconte un mythe . Un mythe est : "(...) un récit fabuleux de caractère plus ou moins sacré, concernant des êtres qui personnifient les agents naturels, ou les origines d'une société"1 . Le mythe d'Epiméthée est chargé de répondre à la question : les hommes sont - ils par nature vertueux ou bien la vertu s'acquiert - elle ? "Mais, comme (chacun sait cela) Epiméthée n'était pas extrêmement avisé, il ne se rendit pas compte que, après avoir ainsi gaspillé le trésor des qualités au profit des êtres privés de raison, (c) il lui restait encore la race humaine qui n'était point dotée ; et il était embarrassé de savoir qu'en faire. Or, tandis qu'il est dans cet embarras, arrive Prométhée pour contrôler la distribution ; il voit les autres animaux convenablement pourvus sous tous les rapports, tandis que l'homme est tout nu, pas chaussé, dénué de couvertures, désarmé. Déjà, était même arrivé cependant le jour où ce devait être le destin de l'homme, de sortir à son tour de la terre pour s'élever à la lumière. Alors Prométhée, (d) en proie à l'embarras de savoir quel moyen il trouverait pour sauvegarder l'homme, dérobe à Héphaïstos et à Athéna le génie créateur des arts, en dérobant le feu (car, sans le feu, il n'y aurait moyen pour personne d'acquérir ce génie ou de l'utiliser) ; et c'est en procédant ainsi qu'il fait à l'homme son cadeau. Voilà comment l'homme acquit l'intelligence qui s'applique aux besoins de la vie" PLATON (428 - 348). Protagoras (321 b - d)2 . 1. Un mythe. - 1. Technique et sacré. La technique a ainsi une origine sacrée. Donner la technique aux homme sera un sacrilège ( Protagoras. 322 a). La Grèce ancienne a un préjugé défavorable sur les métiers de l'artisanat3 . Rm. Seuls les sophistes semblent avoir tenu en honneur les techniques (PLATON. Hippias mineur. 368 b - c). Mais »

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