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LEIBNIZ: Libre(arbitre et indifférence

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Il ne faut pas s'imaginer que notre liberté consiste dans une indétermination ou dans une indifférence d'équilibre, comme s'il fallait être également incliné du côté du oui et du non, et du côté des différents partis, lorsqu'il y en a plusieurs à prendre. Cet équilibre en tous sens est impossible ; car si nous étions également portés pour les partis A, B et C, nous ne pourrions pas être également portés pour A et pour non A. Cet équilibre est aussi absolument contraire à l'expérience et, quand on s'examinera, l'on trouvera qu'il y a toujours eu quelque cause ou raison qui nous a incliné vers le parti qu'on a pris, quoique bien souvent on ne s'aperçoive guère pourquoi, en sortant d'une porte, on a mis le pied droit avant le gauche, ou le gauche avant le droit. LEIBNIZ

Etre indifférent, c’est n’être tenté ni par un côté ni par un autre, c’est risquer de mourir de faim et de soif, à l’image de l’âne de Buridan. Celui-ci meurt, en effet, parce qu’il n’a pas su si il fallait commencer par manger ou par boire. Autant dire que l’on ne saurait être réellement libre quand on est indifférent. D’ailleurs, c’est même impossible que d’être indifférent,  la fable de l’âne de Buridan ne fait pas preuve et ne saurait représenter le paradigme de la détermination de notre volonté.  La liberté, pour Leibniz, est affaire de détermination, de raison suffisante et non d’incertitude et donc d’indifférence. Mais comment concilier liberté et détermination sans tomber dans l’écueil de l’indifférence ? Telle est la question à laquelle répond le texte.

Pour Leibniz, le libre arbitre s’oppose à la contrainte, à l’ignorance et à l’erreur, qui réduisent ou suppriment la possibilité positive de faire ce que l’on veut. Il est  toujours motivé, même si la raison d’une inclination qui nous fait choisir entre deux partis n’est pas toujours manifeste. La liberté ou franc arbitre ne doit donc pas être confondue avec un pouvoir magique, elle s’enracine dans la spontanéité, non dans l’indifférence.

Nous verrons en premier lieu ce qu’est qu’être indifférent (de « Il ne faut pas (…) » à « (…) non A »

Ensuite, qu’au nom de la liberté, l’indifférence ne saurait exister (de « Cet équilibre (…) à « (…) ou le gauche avant le droit)

 

« Etre indifférent, c'est n'être tenté ni par un côté ni par un autre, c'est risquer de mourir de faim et de soif, à l'image de l'âne de Buridan.

Celui-ci meurt, en effet, parce qu'il n'a pas su si il fallait commencer par manger ou par boire.

Autant dire que l'on ne saurait être réellement libre quand on est indifférent.

D'ailleurs, c'est même impossible que d'être indifférent, la fable de l'âne de Buridan ne fait pas preuve et ne saurait représenter le paradigme de la détermination de notre volonté. La liberté, pour Leibniz, est affaire de détermination, de raison suffisante et non d'incertitude et donc d'indifférence.

Mais comment concilier liberté et détermination sans tomber dans l'écueil de l'indifférence ? Telle est la question à laquelle répond le texte. Pour Leibniz, e libre arbitre s'oppose à la contrainte, à l'ignorance et à l'erreur, qui réduisent ou suppriment la possibilité positive de faire ce que l'on veut.

Il est toujours motivé, même si la raison d'une inclination qui nous fait choisir entre deux partis n'est pas toujours manifeste.

La liberté ou franc arbitre ne doit donc pas être confondue avec un pouvoir magique, elle s'enracine dans la spontanéité, non dans l'indifférence. Nous verrons en premier lieu ce qu'est qu'être indifférent (de « Il ne faut pas (…) » à « (…) non A » Ensuite, qu'au nom de la liberté, l'indifférence ne saurait exister (de « Cet équilibre (…) à « (…) ou le gauche avant le droit) Qu'est-ce qu'être indifférent Leibniz écrit au début de ce texte : « Il ne faut pas s'imaginer que notre liberté consiste dans une indétermination ou dans une indifférence d'équilibre ».

Ce qui est indéterminé, c'est ce qui ne tend d'un côté pas plus que d'un autre.

L'indéterminé c'est encore ce qui est incertain, illimité, non clairement définissable.

Comment, à partir de là, l'indétermination de la volonté saurait-elle être une vertu, une perfection ou même une marque de liberté ? Agir sans pourquoi n'atteste en rien d'une puissance, et attesterait davantage du réel désordre du monde que de sa perfection.

Il n'en est pas ainsi dans le monde Leibnizien, tout est organisé en principe du meilleur, rien ne saurait donc véritablement relever de l'indifférence. D'ailleurs Leibniz se refuse de penser, contrairement à Descartes, un Dieu dont la création aurait pour fondement une volonté indifférente.

Car la volonté est pourrait-on dire la forme nue du vouloir, par sa formalité même elle en devient une fiction, elle ne concorde d'ailleurs pas avec l'expérience.

Nous sommes, en effet toujours poussé vers un côté plutôt que vers un autre.

La liberté est action de ce déterminé, sans cette détermination autonome toutes choses s'équivalent. Aussi, confirme Leibniz : « Comme s'il fallait être également incliné du côté du oui et du non, et du côté des différents partis, lorsqu'il y en a plusieurs à prendre.

» D'ailleurs est-ce même possible que de ne tendre ni d'un côté ni vers un autre ? « Cet équilibre en tous sens est impossible ; car si nous étions également portés pour les partis A, B et C, nous ne pourrions pas être également portés pour A et pour non A.

».

L'indifférence exclut la discrimination, dans un monde où tout est indifférent, prévaut non la liberté mais l'asthénie de la volonté, qui ne sait pas vers où elle est doit tendre. Plus encore ce qui rend une telle indifférence non recevable ce n'est pas parce qu'elle empêche le libre arbitre, mais c'est qu'elle tout simplement impossible.

Nous sommes tout le temps déterminés à préférer la proposition d'une alternative au détriment d'une autre. Nous ne sommes jamais dans cet état d'indifférence. Choisir, ne se fait pas de façon passive, indifférente, et encore moins de façon indéterminée.

C'est ce qu'atteste d'ailleurs l'expérience : « Cet équilibre est aussi absolument contraire à l'expérience.

», c'est pourquoi, poursuit Leibniz, « quand on s'examinera, l'on trouvera qu'il y a toujours eu quelque cause ou raison qui nous a incliné vers le parti qu'on a pris ». Dans le monde de Leibniz, tout est organisé en vertu du principe de raison suffisante.

Ainsi, une raison est d'abord une réalité immatérielle qui produit par son action une liaison, une connexion, entre elle et un évènement ou une chose : ce qui fait sa valeur explicative.

Dieu est ainsi la raison dernière de toutes choses et les relations, grâce à leurs accès aux vérités qui les énoncent.

En ce sens, elle est la voix naturelle de Dieu.

Enfin la raison que saisissent les esprits est constituée par un enchaînement inviolable des vérités (qu'il relie des vérités d'expérience, ou des vérités indépendantes des sens comme les vérités géométriques). Il y a toujours une raison à toute chose, et ce que nous pensons être de l'indifférence n'est en réalité qu'une ignorance de ce qui nous pousse à agir, ou à préférer telle choix plutôt que tel autre. Les événements actuels ont avec les précédents une liaison fondée sur le principe évident qu'une chose ne peut pas commencer d'être, sans une cause qui la produise.

Cet axiome, connu sous le nom de principe de la raison suffisante, s'étend aux actions mêmes que l'on juge indifférentes.

La volonté la plus libre ne peut sans un motif déterminant leur donner naissance; car si, toutes les circonstances de deux positions étant exactement semblables, elle agissait dans l'une et s'abstenait d'agir dans l'autre, son choix serait en effet sans cause : elle serait alors, dit Leibniz, le hasard aveugle des épicuriens.

L'opinion contraire est une illusion de l'esprit qui, perdant de vue les raisons fugitives du choix de la volonté dans les choses indifférentes, se persuade qu'elle s'est déterminée d'elle-même et sans motifs.

Nous devons donc envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Il y a donc toujours des raisons qui nous poussent à agir dans tel sens plutôt que dans tel autre : « Quoique bien souvent on ne s'aperçoive guère pourquoi, en sortant d'une porte, on a mis le pied droit avant le gauche, ou le gauche avant le droit.

». Nous avons donc une perception plus ou moins claire des raisons qui nous poussent à agir, et c'est dans ce défaut de connaissance que ce loge notre croyance en l'indifférence. Conclusion -Etre libre c'est non pas agir sans raison, mais c'est avoir conscience de ce qui nous pousse à agir.

L'indifférence n'est donc pas le principe d'une action libre, mais ce nous utilisons pour masquer notre ignorance. -Nous ne sommes donc jamais réellement indifférents, ce que nous nommons indifférence n'est en réalité qu'une perception confuse de ce qui nous pousse à agir.

Agir librement c'est avoir pleinement conscience des raisons qui nous poussent à agir.

Pour être libre, il faut accroître nos moyens d'agir.. »

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