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Le travail selon Marx et Arendt

Publié le 11/09/2023

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« Le « bonheur », la « joie » du travail est la façon humaine de goûter le simple bonheur de vivre que nous partageons avec toutes les créatures vivantes, et c’est même la seule manière dont les hommes puissent tourner avec satisfaction dans le cycle de la nature, entre la peine et le repos, le travail et la consommation, avec la tranquille et aveugle régularité du jour et de la nuit, de la vie et de la mort.

Fatigues et labeurs trouvent leur récompense dans la fécondité de la nature, dans la calme assurance que celui qui a bien travaillé à la sueur de son front continuera de faire partie de la nature dans ses enfants et dans les enfants de ses enfants. [...] La joie de vivre, qui est celle du travail, ne se trouvera jamais dans l’œuvre : elle ne saurait se confondre avec le soulagement, la joie inévitablement brève, qui suivent l’accomplissement et accompagnent la réussite.

Le bonheur du travail, c’est que l’effort et sa récompense se suivent d’aussi près que la production et la consommation des moyens de subsistance, de sorte que le bonheur accompagne le processus tout comme le plaisir accompagne le fonctionnement d’un corps en bonne santé.

Le « bonheur du plus grand nombre » dans lequel nous généralisons et vulgarisons la félicité dont la vie terrestre a toujours joui, a conceptualisé en « idéal » la réalité fondamentale de l’humanité travailleuse.

Le droit de poursuivre le bonheur est, certes, aussi indéniable que le droit de vivre ; il lui est même identique.

Mais il n’a rien de commun avec la chance qui est rare, ne dure pas et que l’on ne peut pas poursuivre, car la chance, la fortune, dépendent du hasard et de ce que le hasard donne et reprend, bien que la plupart des gens en « poursuivant le bonheur » courent après la fortune et se rendent malheureux même quand ils la rencontrent, parce qu’ils veulent conserver la chance et en jouir comme d’une abondance inépuisable de « biens ».

Il n’y a pas de bonheur durable hors du cycle prescrit des peines de l’épuisement et des plaisirs de la régénération, et tout ce qui déséquilibre ce cycle – pauvreté, dénuement où la fatigue est suivie de misère au lieu de régénération, ou grande richesse et existence oisive où l’ennui remplace la fatigue, où les meules de la nécessité, de la consommation et de la digestion écrasent à mort, impitoyables et stériles, le corps impuissant –ruine l’élémentaire bonheur qui vient de ce que l’on est en vie. Arendt,Condition de l’homme moderne (1958), 1-Quel genre de satisfaction le travail procure-t-il ? 2 Quel rapport temporel lie le travail au plaisir ? 3 Quelle idée du bonheur est-elle présente dans le travail ? En quoi consiste l’aliénation du travail ? D’abord, dans le fait que le travail est extérieur à l’ouvrier, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas à son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s’affirme pas, mais se nie, ne se sent pas à l’aise, mais malheureux ; il n’y déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit.

En conséquence, l’ouvrier ne se sent lui-même qu’en dehors du travail et dans le travail il se sent extérieur à lui-même.

Il est à l’aise quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il ne se sent pas à l’aise.

Son travail n’est donc pas volontaire, mais contraint, c’est du travail forcé.

Il n’est donc pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail.

Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste.

Le travail extérieur à l’homme, dans lequel il se dépouille, est un travail de sacrifice de soi, de mortification.

Enfin le caractère extérieur à l’ouvrier du travail apparaît dans le fait qu’il n’est pas son bien propre, mais celui d’un autre, qu’il ne lui appartient pas, que dans le travail l’ouvrier ne s’appartient pas lui-même, mais appartient à un autre.

[…] On en vient donc à ce résultat que l’homme (l’ouvrier) se sent agir librement seulement dans ses fonctions animales : manger, boire et procréer, ou encore, tout au plus, dans le choix de sa maison, de son habillement, etc.

; en revanche, il se sent animal dans ses fonctions proprement humaines.

Ce qui est animal devient humain, et ce qui est humain devient animal.

[...] Nous avons considéré l’acte d’aliénation de l’activité humaine pratique, le travail, sous deux aspects : 1) le rapport de l’ouvrier au produit du travail en tant qu’objet étranger qui le tient sous sa domination.

[...] 2) le rapport entre le travail et l’acte de production à l’intérieur du travail. Marx ,Manuscrits de 1844 1 Le travail est-il aliénant ? 2 Le travail satisfait-il un besoin, chez le travailleur ? 3 En quoi l’ouvrier est-il comparable à une bête ? Le travail :Arendt /Marx Texte 1 Arendt :Travail et souffrance vont-ils nécessairement de pair ? 1 - Une satisfaction qui est liée au fait même de vivre.

C’est le plaisir simple, pour un être, de perdurer, de persévérer dans son être.

Satisfaction fondamentale sans laquelle nulle autre n’est possible. 2 - Un rapport d’immédiateté.

Le travail procure un plaisir sans délai ou presque, en produisant ce qui peut être immédiatement consommé en vue de la satisfaction des besoins vitaux.

Il n’en va pas de.... »

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