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Le programme de la technique peut-il invalider, détruire nos conceptions morales?

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« Par ce sujet, il faut entendre que la technique aurait un pouvoir sur le domaine moral, que la moralité ne serait en rien indépendante des progrès techniques.

En somme, les progrès techniques réclameraient une nouvelle morale adaptée à ceux-ci.

Aussi, c'est dans la nature de la technique qu'il faut chercher les raisons de ces changements. La technique moderne n'est en rien comparable avec celle des temps anciens : génétique, robotique, énergie atomique, informatique réclament de nouvelles règles morales que rien par le passé ne pouvait anticiper.

Pour éviter le vide législatif et moral, tout reste encore à construire. 1) La technique a modifié nos conceptions morales. Selon Hans Jonas dans le Principe La technique a transformé en profondeur l'essence de l'agir humain.

La technique a considérablement augmentée la portée de l'agir humain.

La portée causale déborde tout ce que l'on a connu autrefois.

La promesse technique s'est transformée en menace, ce que l'homme pourra faire à l'avenir n'a pas d'équivalence par le passé.

Elle a fait apparaître de nouveaux devoirs.

L'éthique antique est inopérante à l'heure de la technique.

Aujourd'hui, les conséquences de certains actes ne seront visibles que dans quelques centaines d'années.

L'exemple de la pollution, de la surexploitation des ressources forestières, des pêches abusives, de la disparition des déchets nucléaires) .Aussi tous nos pronostics à long terme sont incertains.

Le principe responsabilité voudra donc que l'on favorise les hypothèses pessimistes au profit des hypothèses optimistes.

Le mal est toujours certain.

Le principe responsabilité dit « Agis de telle façon que les effets de ton action soient compatible avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre.

» Il s'agit d'un droit à l'existence d'une vie pas encore actuelle.

Ce principe est programmatique, il vise quelque chose qui ne s'est pas encore produit.

L'homme s'est vu remettre une essence, il en est responsable.

Il n' y a donc pas d'échappatoire à notre responsabilité face au développement technique.

Il faut donc une préscience, une anticipation.

Il faut une métaphysique que n'a pas encore la science.

Le principe responsabilité pressent l'impossible, il veut le limiter.

Il doit aller au devant des abus. Tous les possibles demeurent une fois que l'action s'est produite.

Il faut que les conséquences des actions soient voulues.

Il faut pour cela que des principes soient voulus pour que les conséquences soient voulues.

Il faut donner à l'agir humain une dimension de volonté et qu'elle soit au principe de ses réalisations.

Car la réalité humaine correspond à quelque chose de non- voulu.

L'agir a pris des dimensions cosmologique.

La menace des civilisations technologiques repose sur l'idée que la technologie domine aussi l'homme comme elle domine la nature.

C'est l'étant dans sa totalité qui est menacé.

Jonas prône l'heuristique de la peur.

La peur détecte la menace, il faut faire la preuve que ce pressentiment est fondé.

Il faut avoir une intelligence de la peur, et connaître ses vraies faces.

On doit se prémunir par avance.

Le problème est qu'il n'y a pas de principes éthiques sans menace…risque de cercle herméneutique.

Il faut que l'imagination anticipatrice accompagne l'imagination technologique.

Il faut aller du côté du non- connu.

Mais le cours des choses ne nous laisse pas du temps devant nous.

Il faut un point d'arrêt au dynamisme du progrès.

Il faut revenir à l'équilibre. 2) La bioéthique. Les formidables progrès de la biologie et de la médecine au cours des quarante dernières années placent l'homme devant des situations totalement inédites et le conduisent à s'interroger sur le sens de sa vie, de sa mort, de sa souffrance, sur la réalité de son destin et le pourquoi des différences individuelles.

L'apparition des techniques de procréation médicalement assistée, du diagnostic prénatal, de la médecine prédictive et, d'une façon plus générale, des techniques de la génétique, tout comme le développement des transplantations d'organes et de l'expérimentation humaine, la tentation de l'euthanasie ou l'intrusion de l'informatique menaçant la confidentialité ont suscité un questionnement éthique d'autant plus crucial qu'il s'impose au moment où notre monde semble avoir perdu tous les repères traditionnels qui fondent la cohésion sociale.

Par leur nature même, ces avancées de la science conduisent donc à engager une réflexion qui concerne les médecins, les chercheurs, mais aussi les philosophes, les juristes et l'ensemble des citoyens.

L'utilisation des techniques médicales doit, en effet, être fondée en raison et renvoie par là même à des interrogations radicales.

Il apparaît pourtant difficile de fonder une morale à partir de ces problèmes.

Les problèmes ont été plutôt résolus par voie législative que par la morale, l'urgence en a décidé ainsi.

La vitesse à laquelle ont été faites certaines découvertes n'a pas permis aux hommes de prendre le temps de la réflexion.

Une véritable morale née de la bioéthique reste à venir.. »

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