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Le désir est-il fondamentalement manque d'être, détresse et souffrance ?

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« [Le désir nous fait souffrir tant que nous n'avons pas ce que nous désirons.

Il nous fait souffrir aussi lorsque, ayant été satisfait, il se transforme en ennui.

La seule manière de ne pas souffrir est de supprimer le désir.] Le désir oscille entre souffrance et ennui Pour Schopenhauer, le désir aboutit inévitablement à la souffrance.

En effet, non seulement le désir produit la souffrance du manque tant que nous n'avons pas satisfait notre besoin; mais, lorsque nous obtenons ce que nous désirons, le désir finit par s'émousser et laisser la place à l'ennui. « Entre les désirs et leurs réalisations s'écoule toute la vie humaine.

Le désir, par nature, est souffrance ; la satisfaction engendre rapidement la satiété : le but étant illusoire, la possession lui ôte son attrait ; sous une forme nouvelle renaît le désir, et avec lui le besoin : sans quoi, c'est le dégoût, le vide, l'ennui, adversaires plus rudes encore que le besoin. Quand le désir et sa satisfaction se succèdent à des intervalles qui ne sont ni trop longs, ni trop courts, la souffrance, produit commun de l'un et de l'autre, baisse à son niveau le plus bas : et c'est là la plus heureuse vie.

» Schopenhauer. Schopenhauer qui, plus que tout autre, a voué sa vie à la philosophie, est l'homme d'une intuition unique, d'un seul livre fondamental : « Le monde comme volonté et comme représentation ». Schopenhauer affirme lui-même que son « système philosophique se forma dans sa tête, en quelque sorte sans sa volonté, comme un cristal dont tous les rayons convergent vers le centre ». La célébrité tardive et posthume de Schopenhauer est due, non à l'armature théorique de son système philosophique, mais à son fameux pessimisme qui s'exprime, en particulier, au livre IV du « Monde » à travers ses propos sur la morale et qu'on ne saurait mieux caractériser que par cette phrase : « La vie n'admet point de félicité vraie, elle est foncièrement une souffrance aux aspects divers, un état de malheur radical.

» MODÈLE. Dans ce texte extrait du livre Iv du « Monde », Schopenhauer affirme que la vie oscille sans cesse de la souffrance à l'ennui et qu'il n'y a point de vrai bonheur. 1) Le désir est présenté comme un effort continu, sans but, sans satisfaction dernière. 2) La vie heureuse est définie négativement comme étant celle qui comporte le moins de souffrance. 1) Le premier terme qui nous dirige immédiatement vers le centre de l'analyse de la pensée de Schopenhauer est celui de « désir ».

Comme l'avait déjà montré Platon dans « Le Banquet », tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrance, tant qu'il n'est pas satisfait.

Avoir ce que l'on désire est-il, dès lors, la formule du bonheur ? Non, car si on ne peut désirer que ce qu'on n'a pas, il est évident qu'on ne peut jamais avoir ce qu'on désire.

Si bien qu'on est jamais heureux.

Tantôt nous désirons ce que nous n'avons pas et nous souffrons, tantôt nous avons ce que dès nous ne désirons plus, puisque le désir est manque.

Il n'y a pas de mesure, de terme à la souffrance.

C'est effort incessant, jamais satisfait, qui fait toute l'existence de l'homme.

Jamais de but vrai, jamais de satisfaction finale, nulle part un lieu de repos. Cet effort est-il propre à l'homme ? Non.

On peut le reconnaître partout, y compris dans la nature dépourvue d'intelligence.

Dans la pesanteur, par exemple, « effort interminable, et qui tend vers un point central sans étendue, qu'il ne pourrait atteindre sans s'anéantir et la matière avec ».

Chez la plante qui , par un effort poursuivi à travers des formes de plus en plus nobles, aboutit enfin à la graine, « qui est un point de départ à son tour : et cela répété jusqu'à l'infini ».

Chez les bêtes aussi.. »

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