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Le bonheur est-il possible ?

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« Déjà Pascal observait: "tous les hommes recherchent d'être heureux, cela sans exception; quelques différents moyens qu'ils y emploient, ils tendent tous à ce but".

Aussi, le bonheur, point focal de toute existence humaine, ne semble pas nous être dû de droit, mais paraît procéder d'une insatiable recherche d'un "mieux et plus d'être", d'une inlassable maturation spirituelle. Mais, qu'est-il? Dans une acception classique, un état de complète satisfaction remplissant et submergeant toute la conscience.

Mais, le problème est de savoir s'il nous est possible d'atteindre un tel état? Si cette félicité est bien la fin dernière et suprême de l'exister humain? Et, si le bonheur n'est pas une entité aporique, une invention chimérique, une vue de l'esprit irréalisable? Le bonheur consiste à saisir les plaisirs comme ils se présentent. «Carpe diem (Cueille le jour).» Horace, Odes (23 av.

J.-C.). • Le célèbre carpe diem définit moins une philosophie d'Horace (qui était poète) que le mot d'ordre de l'hédonisme (philosophie du plaisir).

Il faut «cueillir le jour», c'est-à-dire saisir les occasions qui se présentent, parce que l'on ne sait pas de quoi demain sera fait et que la mort est pour bientôt. • Il ne faut donc pas calculer ni remettre au lendemain, mais vivre le présent avec autant d'intensité que possible.

«Carpe diem» est d'une certaine façon une phrase anti-philosophique, qui dénonce la prétention à donner une formule générale du bonheur, et qui réduit celui-ci à une somme de plaisirs.

On sera d'autant plus heureux, au jour de sa mort, que la somme des plaisirs que l'on aura vécu sera plus grande. • Derrière le «carpe diem» se cache aussi un sentiment tragique de l'existence, la conscience omniprésente de la mort, qui réduit le plaisir à une forme ponctuelle et compulsive. Le bonheur est dans la sagesse. « C'est pour cela que nous faisons tout : afin de ne pas souffrir et de ne pas être troublés.

[...] Et c'est pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse.» Épicure, Lettre à Ménécée. Une des constances de la philosophie d'Epicure est de vanter le plaisir.

On retrouve la formule « Le plaisir est notre bien principal et inné » dans la « Lettre à Ménécée ».

Mais l'épicurisme ne correspond guère à l'image populaire que l'on en garde : celle du « bon vivant ».

Dans cette lettre, on lit : « Tout plaisir est de par sa nature propre un bien, mais tout plaisir ne doit pas être recherché ».

C'est à une compréhension véritable du plaisir, et à une gestion rationnelle des désirs que la philosophie d'Epicure nous invite, philosophie des « sombres temps », de l'époque troublée, violente, des successeurs d'Alexandre le Grand. La « Lettre à Ménécée » est une description de la méthode apte à nous procurer le bonheur.

Car si tous les hommes cherchent le bonheur, ils sont, selon le mot d'Aristote, comme des archers qui ne savent pas où est la cible, incapables de la définir et de l'atteindre. Epicure commence par expliquer que nous n'avons rien à redouter des dieux, vivants bienheureux qui ne se soucient pas des hommes, et que la mort n'est rien pour nous.

Débarrassés du souci du jugement divin et de la survie de l'âme, nous sommes alors aptes à bien vivre notre vie présente.

Bien vivre notre existence veut dire parvenir au bonheur ici-bas, et cela n'est possible que par un bon usage des plaisirs et des désirs. L'homme est un être de désir, et selon qu'il parvient ou échoue à satisfaire ses désirs, il est heureux ou misérable. Or, le bonheur est d'abord l'absence de souffrance physique ou psychologique.

C'est pourquoi Epicure déclare : « Une théorie non erronée des désirs sait rapporter tout choix à la santé du corps et à la tranquillité de. »

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