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La technique est-elle moralement neutre ?

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« Il apparaît étrange de vouloir mettre l'étiquette « morale » à la technique.

On imagine que la technique n'est qu'agencement de moyens en vue d'une fin. A ussi l'épithète « bon » « mauvais » qui ne convient qu'à l'homme ne peut être appliqué à son faire lui-même.

P aradoxalement, faire exception à une pratique humaine de tout jugement de valeur pourrait être déplacé.

La technique comme d'autres domaines d'actions humaines induit d'autres actions et réactions.

C hoisir telle technique plutôt que telle autre a pour source un choix humain, une prise de position par rapport à des valeurs.

A l'heure des grands problèmes environnementaux, il n'est plus moralement neutre de choisir de faire reposer entièrement l'énergie d'un pays sur le pétrole, ou de choisir des énergies renouvelables ou biologique ou nucléaire.

Il s'agira de se demander quel choix de valeur implique l'utilisation de la technique ? 1) La neutralité apparente de la technique. La seule valeur qui semble régir la technique est l'efficacité.

En effet, que demande-t-on par exemple à un ingénieur qui construit un pont, à part qu'il ne s'écroule pas ? A ussi la fabrication d'outils, d'instruments a pour leur seule finalité qu'ils fonctionnent.

Mais il serait trompeur de croire que la valeur d'efficacité puisse seule régir l'utilisation des techniques.

La technique induit toute une civilisation, des pratiques, des usages, des habitudes.

A ussi le « faire efficace » est défini par une visée que la société crée.

O n ne peut ainsi séparer la technique de sa signification, la fin des moyens, les pratiques sociales et les techniques.

Penser que les techniques sont neutres serait aussi faux que de penser à la neutralité des sociétés qui les engendrent et dont elles ne sont pas séparables.

Toute société est régie par des idéologies, des valeurs, certaines sociétés mettent en avant la production industrielle et la consommation. "Q uand nous considérons la technique comme quelque chose de neutre, c'est alors que nous lui sommes livrés de la pire façon : car cette conception, qui jouit aujourd'hui d'une faveur toute particulière, nous rend complètement aveugles en face de l'essence de la technique." Heidegger, La Q uestion de la technique, 1953. La technique dépossède l'homme de lui-même, elle l'arrache à l'être.

En effet, la plupart des gens considèrent la technique à travers la notion de progrès.

I l est indéniable qu'une rage de dents ou une migraine sont aujourd'hui immédiatement soignées, ce qui n'était pas le c a s au temps de Descartes.

M ais l'essence de la technique, pour Heidegger, ne peut se ramener au concept de progrès.

La place de la technique dans le monde moderne est le signe d'un oubli de la question de l'être.

Réduite à son rôle d'instrument, la technique revêt une sorte de neutralité, nécessaire à la vie, alors qu'en fait elle joue le rôle d'un deus ex machina. 2) les choix de valeurs de la technique. A ussi les choix techniques induisent des choix de civilisations.

Le fait technique ne peut être réduit à l'objet, mais il est inclus dans un système d'objet qui lui donne une signification.

De même la fabrication des objets inclus toute la collectivité sociale qui l'a fait naître.

Les modes de production et de travail se reflètent dans les objets.

Un objet artisanal sera différent d'un objet issu de l'industrie.

A ussi l'idée même de commerce équitable réfute l'idée d'une neutralité de la technique.

La recherche de la pure efficacité technique peut amener à des conditions de travail inhumaines aux ouvriers.

A ussi l'absence de code de conduite dans la technique n'est pas une fatalité.

Il n'appartient qu'à l'homme de donner un supplément d'âme, et donner un sens à la technique.

Il faut combler ce vide avec des principes nouveaux. 3) Une morale de la technique encore à construire. Selon Hans Jonas dans Le principe responsabilité .

La science avec ses pouvoirs encore inconnus réclame une éthique nouvelle afin d'empêcher que le pouvoir de l'homme devienne une malédiction contre lui.

A uparavant, l'éthique se réduisait à un rapport d'homme à homme.

La portée de l'action humaine était réduite, elle n'avait affaire qu'à l'ici et maintenant.

L'univers moral était équivalent à une durée de vie.

La technique était une nécessité non le but de l'homme.

La nature était immuable, et l'action humaine était superficielle.

La technique a transformé en profondeur l'essence de l'agir humain.

Elle a considérablement augmentée sa portée et elle déborde maintenant sur tout ce que l'on a connu autrefois.

La promesse technique s'est transformée en menace, ce que l'homme pourra faire à l'avenir n'a pas eu d'équivalence par le passé.

La technique a fait apparaître de nouveaux devoirs, elle a affecté notre agir.

L'éthique antique est désormais inopérante à l'heure de la technique moderne.

A ujourd'hui, les conséquences de certains actes ne seront visibles que dans quelques centaines d'années.

L'exemple de la pollution, de la surexploitation des ressources forestières, des pêches intensives, des déchets nucléaires .A ussi tous les pronostics à long terme sont incertains.

Le principe responsabilité veut que l'on favorise les hypothèses pessimistes au profit des hypothèses optimistes.

Le mal est toujours certain.

Ce principe responsabilité dit « A gis de telle façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre.

» Selon Hans Jonas dans le P rincipe de responsabilité, la technique a transformé en profondeur l'essence de l'agir humain.

La technique a considérablement augmentée la portée de l'agir humain.

La portée causale déborde tout ce que l'on a connu autrefois.

La promesse technique s'est transformée en menace, ce que l'homme pourra faire à l'avenir n'a pas d'équivalence par le passé.

Elle a fait apparaître de nouveaux devoirs.

L'éthique antique est inopérante à l'heure de la technique.

A ujourd'hui, les conséquences de certains actes ne seront visibles que dans quelques centaines d'années.

L'exemple de la pollution, de la surexploitation des ressources forestières, des pêches abusives, de la disparition des déchets nucléaires) .A ussi tous nos pronostics à long terme sont incertains.

Le principe responsabilité voudra donc que l'on favorise les hypothèses pessimistes au profit des hypothèses optimistes.

Le mal est toujours certain.

Le principe responsabilité dit « A gis de telle façon que les effets de ton action soient compatible avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre.

» Il s'agit d'un droit à l'existence d'une vie pas encore actuelle.

C e principe est programmatique, il vise quelque chose qui ne s'est pas encore produit.

L'homme s'est vu remettre une essence, il en est responsable.

Il faut donc une prescience, une anticipation.

Il faut une métaphysique que n'a pas encore la science.

Le principe responsabilité pressent l'impossible, il veut le limiter.

Il doit aller au devant des abus.

T ous les possibles demeurent une fois que l'action s'est produite.

Il faut que les conséquences des actions soient voulues.

Il faut pour cela que des principes soient voulus pour que les conséquences soient voulues.

Il faut donner à l'agir humain une dimension de volonté et qu'elle soit au principe de ses réalisations.

Car la réalité humaine correspond à quelque chose de non- voulu.

L'agir a pris des dimensions cosmologique.

La menace des civilisations technologiques repose sur l'idée que la technologie domine aussi l'homme comme elle domine la nature.

C 'est l'étant dans sa totalité qui est menacé.

Les sociétés modernes où la technique est omniprésente doivent pour continuer d'exister se protéger contre sa propre disparition en préservant ce qu'il y a de plus fondamentale sans quoi rien d'autre ne puisse exister.

Notre avenir dépend de notre attention, cette responsabilité qui doit être prise est ce sans quoi rien ne peut exister, c'est le socle de toute avenir de la civilisation. Conclusion. L'efficacité n'est pas une valeur morale suffisante.

La technique n'est pas séparable de la société dont elle provient, société régie par des valeurs.

A insi les choix techniques induisent des choix de civilisations.

Derrière la technique se cache des pratiques sociales pas toujours morales.

Le vide et la neutralité morale apparente de la technique n'attendent que d'être comblés par des nouveaux principes qui seraient en accord avec l'évolution des pratiques humaines.. »

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