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La référence aux « contraintes économiques » est-elle, dans le gouvernement des hommes, autre chose qu'un alibi ?

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« THESE: Les partisans du libéralisme économique veulent supprimer toute législation qui les empêche d'augmenter leurs profits.

Les seules contraintes économiques sont celles qu'impose leur propre avidité.

Les contraintes économiques désignent en fait les contraintes liées au désir égoïste de maximiser le profit.

Or, la maximisation du profit n'est pas un principe de gouvernement. L'État diminue les profits L'intérêt d'un patron est de gagner le plus possible en déboursant le moins possible.

C'est la raison pour laquelle ceux qui se disent «libéraux» veulent le moins d'État possible.

L'État, en effet, en leur imposant, par la loi, le paiement d'impôts, d'un salaire minimum et de charges sociales, diminue leurs profits. Le libéralisme est l'alibi de l'égoïsme Ceux qui invoquent les «contraintes économiques» pour réclamer un assouplissement ou une suppression de ces mesures ne cherchent en fait qu'à accroître leurs profits.

La preuve en est que si, d'aventure, la situation économique connaît une embellie, ils ne proposeront jamais d'augmenter les salaires ou d'améliorer les conditions de travail.

Les libéraux ne font que défendre leurs intérêts économiques sans se soucier du reste de la société. Il n'y a pas de contraintes économiques Il est bien difficile de définir ce que sont les «contraintes économiques».

En cherchant bien, on découvrira que ces contraintes se réduisent à une seule: l'obligation de maximiser le profit.

Les patrons prétendent que la réglementation sociale menace la survie des entreprises en diminuant les profits.

Mais ce qu'ils veulent, en fait, c'est pouvoir exploiter librement les salariés pour gagner le maximum d'argent. ANTITHESE: L'activité économique est déterminante pour le fonctionnement de la société.

C'est faire preuve de réalisme que de tenir compte des contraintes économiques dans l'élaboration de la politique.

Tenir compte des contraintes économiques, ce n'est pas chercher un alibi pour s'enrichir personnellement, c'est mener une politique réaliste pour le bien de tous. L'économie mène le monde Même les staliniens sont d'accord: l'économie constitue le moteur de la société, et le développement économique doit être la priorité de tout gouvernent.

Pour l'avoir oublié, les régimes communistes se sont retrouvés plongés dans le chaos économique et se sont effondrés.

Une politique réaliste doit commencer par tenir compte des lois de l'économie. Il faut protéger les entreprises Pour assurer aux individus un certain niveau de confort et de prestations sociales, il faut commencer par favoriser la prospérité économique.

Les entreprises, et non l'État, sont les principaux pourvoyeurs d'emploi, et donc de sécurité économique, pour les individus.

Il est donc contradictoire de pénaliser les entreprises sous prétexte de protéger les citoyens.

En entravant le libre fonctionnement des entreprises, l'État tarit la seule source de richesse de la société. La société bénéficie des profits L'histoire le montre: les périodes de prospérité économique ont toujours été des périodes de progrès sociaux, culturels, politiques.

Il est faux de dire que le libéralisme ne bénéficie qu'à une minorité de gens riches.

A la longue, c'est l'ensemble de la société qui bénéficie, comme le dit Adam Smith, de la quête de profit des entrepreneurs. SYNTHESE: On ne peut pas nier qu'il y ait I des contraintes économiques qui limitent, dans une certaine mesure, la liberté d'action des gouvernements.

Le problème, c'est qu'il est difficile de distinguer les contraintes structurelles de celles qui ne sont que des limites imposées par la volonté des acteurs économiques.

De fait, nombreux sont les chefs d'entreprise qui invoquent, avec une totale mauvaise foi, l'argument des contraintes économiques pour contester les mesures sociales prises par l'État.

Si on les écoutait, il faudrait supprimer toutes les assurances sociales, tous les impôts, toute réglementation sur les salaires et sur les contrats de travail.

Or, du point de vue de l'Etat, le monde du travail n'est pas seulement assujetti à des contraintes économiques, il est aussi soumis, comme toutes les relations humaines, à des contraintes morales qui priment les considérations économiques.

Engagées dans une course aveugle au profit, la plupart des entreprises n'ont que faire des impératifs moraux qui enjoignent de respecter les hommes.. »

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