La liberté philosophie
Publié le 26/04/2026
Extrait du document
«
La Liberté
Introduction
D La liberté est l’absence de contraintes, contraintes dont on s’affranchit.
On distingue :
D La liberté physique → se mouvoir de toutes contraintes.
Liberté qui manque au malade
(handicapés, prisonniers)
D La liberté psychologique → réfléchir et agir en connaissance de cause, après réflexion.
Liberté
qui manque au malade (handicapé mental) / personne sous influence…
D La liberté politique → ensemble des droits des citoyens au sein de la société, elle dépend des
cultures et des lois.
( on trouve la liberté d’expression, communication, de culte…)
D La liberté économique → le commerce affranchi de contraintes douanières, de taxes
La liberté est un sentiment immédiat que l’on éprouve → dans l’expérience du choix.
C’est dans le
choix que notre volonté manifeste sa liberté avec le plus d’évidence = choisir sans contrainte (vouloir
ou ne pas vouloir, nier ou affirmer…)
Problème :
- le sentiment que nous avons de notre liberté n’est-il pas illusoire ? Peut-on réellement vouloir
indépendamment de toutes contrainte ou de toute détermination, quelle qu’elle soit ? N’est-on pas
nécessairement poussé de vouloir ceci ou cela sans en avoir conscience ?
- même si la volonté humaine est absolument libre, cela suffit-il à faire de l’homme un être effectivement
libre ? Son action ne rencontre t-elle pas aussi des contraintes.
- peut-on dire que l’homme est libre ? La liberté humaine peut-elle être sauvée et à quelle condition ?
I.
Une liberté absolue
1) L’expérience du choix
Lorsque je fais un choix j'expérimente ma liberté car choisir, c'est donner une préférence à une chose,
à une possibilité en écartant toutes les autres.
Le choix est précédé d'une délibération -> la volonté pèse
le pour et le contre, afin de prendre une décision.
Comme il est impossible que nous connaissions tout.
Notre volonté se détermine uniquement d'après
ce qu'elle connaît : les buts, les objectifs.
Le choix de la volonté est donc toujours relatif aux buts fixés.
La liberté apparaît comme le pouvoir de décider, de choisir arbitrairement, indépendamment des
contraintes de la réalité et de la raison.
“Choisir c'est renoncer”
2) Le libre-arbitre
Les philosophes nomment libre-arbitre la capacité qu'aurait la volonté de décider de façon absolument
libre, sans aucune espèce de contrainte → liberté absolue
René Descartes dans Méditations Métaphysiques cite que le libre-arbitre
sans
qu'aucune force extérieure nous y contraigne.
Cette puissance est infinie, illimitée, d’après Descartes
car si la liberté est limitée, elle n'est plus la liberté.
La volonté humaine est à ce point libre qu'elle peut:
• Se décider en l'absence de tout motif/mobile (intellectuel/sensible).
C'est ce qu'on appelle la
liberté d'indifférence.
L'indifférence, c'est «l'état dans lequel la volonté se trouve, lorsqu'elle
n'est point portée, par la connaissance du vrai ou du bien, à suivre un parti plutôt qu'un
(René Descartes, Lettre au Père Mesland)
→ Prenons l’exemple de l’âne de Buridan.(v.
1300-apr.
1358) Celui-ci a tout aussi soif que faim,
et est situé à égale distance d’un bol d’eau et d’un bol d’avoine : les force qui le pousse vers l’un
et l’autre s’annulent.
Incapable de se décider il meurt sur place.
Mais les être humains eux, ne
périraient pas car ils ont un libre arbitraire qui les rend capable de choisir.
Descartes précise que la liberté d'indifférence est le plus bas degré de la liberté, car elle résulte
d'un défaut de connaissance.
Il y a deux usages de la liberté, un bon et un mauvais.
L'usage est
bon, lorsque la volonté se décide en connaissance de cause; et mauvais, lorsqu'elle tranche
aveuglément.
serais jamais en peine de délibérer quel jugement, et quel choix je devrais faire, et ainsi je
serais entièrement libre, sans jamais étre indifférent » (Méditations Métaphysiques)
•
se résoudre à “suivre le pire, tout en voyant le meilleur “(Lettre au Père Mesland) La volonté
humaine peut, alors même qu'elle sait ce qui est vrai et ce qu'il est bien de faire, choisir
délibérément l'erreur et le mal, rien que pour affirmer le caractère absolu de sa liberté.
On
parle alors de liberté diabolique ou satanique car elle va à l'encontre de toute moral..
Transition: Il faut remarquer, cependant, que choisir le mal, c'est encore se référer à la distinction entre
bien et mal.
C'est donc, d'une certaine façon, être encore déterminé.
Pourquoi ne pas penser alors un
acte totalement gratuit, qui ne serait motivé par rien, ni intérêt ni passion ni raison? Un acte absolument
indéterminé est-il possible?
3) L'acte gratuit
On peut supposer que les actes “positifs” tel que le don, et négatifs, tels que le vandalisme ou le meurtre
de sang-froid, sont des actes gratuits = désintéressé contrairement aux actes de la vie quotidienne qui
sont motivés.
→ Dans Les caves du Vatican, André Gide fait commettre à l'un de ses personnages un acte qui se veut
gratuit.
L'auteur en est Lafcadio il se rend à Rome par le train et se trouve seul, la nuit, dans un
compartiment avec un petit vieux de chétive apparence, nommé Amédée Fleurissoire.
C'est là que lui
vient l'idée d'un acte gratuit: le meurtre d'Amédée Fleurissoire.
Il s'agit d'un acte gratuit mais, totalement
immotivé et absurde pour se tester et affirmer sa liberté.
Transition : la liberté absolue n’est-elle pas qu’une illusion ?
I.
Liberté et nécessité : l’objection déterministe
1) Critique de l’acte gratuit
Dans le meurtre commis par Lafcadio, celui-ci a l'impression d'une absolue gratuité car il tue sans
mobile, uniquement pour faire valoir sa liberté.
Mais si l'on y regarde de plus près, on s'aperçoit que cet
acte n'est absolument pas immotivé
Arguments:
➢ un acte gratuit est déterminé, par le désir de commettre un acte gratuit, et s'évader des
comportements ordinaires, tous motivés.
➢ un acte peut être pensé arbitraire par celui qui le commet, et être déterminé par des motifs
inconscients ou des causes ignorées.
L'acte soi-disant gratuit de Lafcadio est déterminé, puisque la décision de tuer ou non Amédée
Fleurissoire est laissée au hasard (mais un hasard « arrangé »).
➢ un acte dépend toujours des conditions (ou circonstances) dans lesquelles il s’effectue
➢ un acte ne s'arrête pas au moment où il s'effectue.
Il a nécessairement des conséquences qui
me touchent, moi et les autres, en dépit de sa gratuité apparente.
Lafcadio s'expose au risque d'être condamné pour le meurtre de Fleurissoire et de finir sa vie en prison.
➢ un acte est toujours porteur de sens car au moment où j'agis, je me définis.
Lafcadio se définit comme meurtrier, au moment où il jette Amédée Fleurissoire par la fenêtre du train.
Et cela le détermine pour le reste de son existence.
Son acte a donc un sens, il n'est pas neutre.
Il faut rejeter comme une fiction l'existence d'actes gratuits, absolument immotivés et indéterminés
2) Critique du libre arbitre
Le philosophe Baruch de Spinoza dans Lettre LVIII critique le libre arbitre.
En effet, pour lui le sentiment
que l’homme a de son libre-arbitre n’est libre qu’en apparence....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓
Liens utiles
- KHÔL DE PHILOSOPHIE : Liberté et indépendance
- Notions de philosophie: Les Repères de TL
- Philosophie : Conscience/ Inconscient
- MÉTHODOLOGIE DU COMMENTAIRE DE PHILOSOPHIE
- Liberté de manchot - Augustin