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La libération de l'homme à l'égard de la nature passe-t-elle nécessairement par sa domination technique ?

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« Analyse du sujet : · · · · · trois notions doivent être identifiées : domination, la nature et l'homme. Une relation est posée : indissociable. Indissociable : sont indissociables deux choses qui vont toujours ensemble, en sorte qu'on ne peut avoir l'une sans l'autre. Mais ceci peut être le cas pour plusieurs raisons : soit parce que de fait elles sont indissociables (de même que toutes les créatures qui ont un rein ont un coeur, c'est un fait) soit parce qu'on droit elle le sont (il est impossible de penser l'une sans l'autre). Si c'est le second cas, alors c'est qu'une des choses est contenue dans l'autre ou qu'elles ont des éléments essentiels communs. Domination : rapport de pouvoir dans lequel celui qui domine est identifiable à un propriétaire qui a droit de vie et de mort sur une chose, et le pouvoir d'exercer ce droit. La domination réduit donc le dominé au statut de chose sans valeur intrinsèque. La nature : peut correspondre à l'ensemble des caractéristiques d'une chose (la nature de quelque chose) mais également à l'ensemble de ce qui existe sous des lois dites naturelles (la Nature) et qui s'oppose à l'artificiel (produit par l'homme). L'Homme : généralement distingué des animaux par sa conscience, sa liberté et son caractère moral. L'Homme est fondamentalement, par son existence morale, une valeur (une fin et jamais un moyen). C'est alors ce qui le distingue des choses. L'idée d'une domination sur les hommes paraît donc être quelque chose de moralement condamnable. On voit donc l'enjeu de la question : si la domination de la nature par l'homme est indissociable d'une domination sur les hommes, alors cette domination revêt un caractère condamnable et dangereux pour l'humanité de l'homme. Problématique Les avancées de la science ont permis les avancées technologiques que nous connaissons aujourd'hui, et accrus le pouvoir de l'homme sur la nature. C e pouvoir peut alors s'exercer sans limite, dès lors que nous sommes considérés comme seuls maîtres et possesseurs de la nature, laquelle est comprise à travers le prisme d'une mécanique complexe qui peut servir les fins humaines. C'est donc à une libération de la servitude de l'homme à l'égard de la Nature que la science nous a conduit. Cependant, cette domination de la nature par l'homme paraît inclure une domination de l'homme lui-même dans la mesure où l'homme participe de cette Nature. En outre, dans le même sens, il faut se demander si les avancées technologiques n'ont alors pas rendu l'homme esclave des machines qu'il a produites, dans la mesure où il est conduit à se déterminer par elles. En ce sens, la Nature pouvait préserver une liberté qu'une fois dominée elle laisse échapper. Si donc ce n'est plus la Nature qui domine les hommes, au sens où l'homme en a pris possession et en est devenu le maître, alors il ne reste plus aucun espace d'indétermination qui pourrait être laissé à l'homme, lequel n'est alors plus que la victime de ce qu'il a produit. On le voit, on peut poser le problème suivant : certes la domination de la nature par l'homme paraît en un premier temps libérer l'homme. Mais si l'on y réfléchit, on voit que la Nature était le rempart à la domination sur les hommes par d'autres hommes (la Nature est sacrée, on ne peut y toucher : cela interdit alors les manipulations génétiques, par exemple, ou le clonage). Proposition de plan 1. La domination de la nature par l'homme ouvre la libération de l'homme, ce qui est le contraire de sa domination. - Cette thèse est notamment défendue par Descartes dans le Discours de la méthode dans un célèbre texte où il explique que la science mécanique nous permet de nous rendre "comme maître et possesseur de la nature". Ce savoir a donc une finalité pratique qui est notamment contenu dans la médecine, qui permet un bon usage de notre corps afin de prolonger la durée de notre vie. Dominer la nature a donc pour condition la connaître, mais l'interpréter comme une mécanique dépourvue de finalité intrinsèque. Pour cela, l'homme peut lui donner les finalités qu'il souhaite, ce qui est proprement dominer. Par cette domination qui impose les finalité, l'homme se libère des mécanismes aveugles qui le contraignait et il peut ainsi agir afin d'améliorer sa vie. - En outre, on peut soutenir que sans une certaine domination de la nature, l'homme n'est que l'escale de ses penchants naturels. Ainsi, l'éducation et la culture nous élèvent au delà de notre tempérament naturel. Dominer la nature, c'est donc aussi dominer sa nature, se dominer. C'est par la domination de ses penchants que l'homme atteint son caractère moral, comme le soutient par exemple Kant. L'homme s'élève à la culture dans un travail d'humanisation qui arrache l'homme à la naturalité de sa condition première. - Transition : si l'humanité de l'homme se découvre dans une certaine domination de la nature, alors il ne peut être vrai que la domination de la nature s'accompagne toujours d'une domination sur les hommes. Néanmoins, c'est présupposer que l'homme est dépourvu d'une certaine nature ou qu'il n'a aucune finalité naturelle. Or, si tel était le cas, alors le dénaturer reviendrait à le soumettre à la domination de la culture, à savoir des autres hommes. 2. Cependant, l'homme a certaines finalités naturelles, et vouloir dominer cette nature qu'il a et celle dans laquelle il s'inscrit, c'est le dominer au sens de l'asservir à une autre fin que celle qui lui est due. - On peut ici admettre que l'homme est un animal rationnel, et qu'en ce sens sa finalité est dans la réalisation de ce qui lui est propre. En ceci peut effectivement consister sa sagesse. C 'est par exemple ce que soutient Aristote dans l' Ethique à Nicomaque : le propre de l'homme est la pensée, la perfection et la vertu de l'homme, donc son achèvement, sa fin, consiste donc dans la pensée. Si l'on admet que la nature doit être dominée par l'homme, alors on admet que cette fin peut être niée, ce qui est alors asservir l'homme, le mettre plus bas que la bête. - En outre, la domination de la nature par l'homme conduit à considérer la nature comme une mécanique. Or, le développement de cette conception mécanisée s'étend alors à la manière dont on conçoit l'homme lui-même, pour autant qu'il appartient à la Nature. On peut ici prendre l'exemple du travail à la chaîne. Comme l'a alors montré Marx dans le Capital, cette mécanisation du travail conduit à une aliénation de l'homme, et non à une libération. - Transition : on voit alors que c'est la conception que l'on a de la Nature qui est en question. Soit elle inclut des finalité et alors, la dominer revient à dominer les hommes (leurs finaltié naturelles), soit elle n'en inclut pas et alors la dominer revient à lui donner des finalité humaines. Mais dans ce second cas, le risque est grand de mécaniser l'homme pour autant qu'il est partie de cette nature. 3. La question est donc de connaître le satut des finalités. - On pourra alors défendre dans une troisième partie l'idée que ce n'est pas parce que les finalités en sont pas données dans la natures qu'elle sont pour autant produite par le caprcie de certains hommes, ce qui aurait pour effet de produire la domination des hommes. Il faut donc soutenir que d'un côté les finaltié sont données, et de l'autre qu'elles ne sont pas naturelles. Or, la perspective de Kant dans la Critique de la Raison Pratique permet de montrer que les finalité nous sont données par notre Raison. Il y a un fait de notre Raison pratique qui donne les lois morales à travers l'idée de respect et de consiédérer autrui toujours comme une fin et jamais comme un moyen. En combinant l'universalité de la finalité et sa non naturalité, on peut donc soutenir que la domination de la nature par l'homme ne conduit pas nécessairement à une domination sur les hommes. Conclusion : on dira donc pour conclure que la domination de la nature par l'homme ne s'accompagne d'une domination sur les hommes que pour autant qu'on ne parvient pas à trouver un fondement aux normes universelles, qui déterminent, au delà du caprice et de l'imagination de certains hommes, les fins humaines. Mais ce fondement peut être trouvé, si l'on suit Kant, dans le fait de la Raison Pratique qui nous enjoint de ne jamais considérer l'autre comme un moyen mais toujours comme une fin. »

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