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Exposé de philosophie: Epicure et le bonheur

Publié le 13/12/2023

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« Introduction La philosophe est un art destiné, pour le discourt et le raisonnement, à procurer à l’être humain une vie heureuse.

(Épicure) Le philosophe grec Épicure2 a laissé une œuvre importante dont il nous reste peu de choses : des Maximes et trois lettres dont celle à Ménécée sur le bonheur, chef-d’œuvre de profondeur et de brièveté (13 paragraphes).

Ces œuvres nous ont été transmises par Diogène Laërce (3e siècle après J.C.) qui les considère comme « un abrégé de sa philosophie toute entière ». Nous avons de l’épicurisme une version souvent déformée selon laquelle la recherche du plaisir physique prime sur tout .

L’examen de la Lettre à Ménécée dans laquelle Épicure précise les conditions du bonheur nous fait voir que la vérité est tout autre. D’emblé, la lettre commence par une invitation à philosopher et à philosopher « sans tarder », car la philosophie « assure la santé de l’âme» et favorise le bonheur (eudaimonia). Il faut donc méditer sur ce qui procure le bonheur, puisque, lui présent, nous avons tout, et, lui absent, nous faisons tout pour l’avoir. Après cette introduction, Épicure aborde les quatre conditions du bonheur. I. Premier principe : les dieux ne sont pas à craindre Épicure va donner une définition de ce que sont les dieux.

Premièrement, ils sont immortels contrairement à l’homme qui est inscrit dans le temps.

Deuxièmement, ils n’ont aucun manque, donc aucune souffrance, ils sont dans la plénitude totale.

Enfin, ils jouissent de l’indépendance, ils se suffisent à eux-mêmes.

Épicure ne les renie pas puisqu’il dit même : « l’évidente connaissance que nous avons des dieux montre bien qu’ils existent » .

Mais, pour lui, ils vivent dans leur monde qu’il appellera même inter-monde.

Dans sa doctrine générale, Épicure développe une philosophie atomiste (selon la théorie des présocratiques comme Démocrite).

Pour lui, l’univers où nous vivons n’est qu’un dans une infinité d’autres.

Il y a des interstices qui sont des inter-mondes où vivent les dieux.

Il n’y a alors aucune relation entre les hommes et les dieux. Qu’est-ce qu’être vertueux pour quelqu’un qui croit en Dieu ? C’est par exemple, ne pas désobéir à Dieu, faire le bien c’est donc faire plaisir à Dieu et pécher c’est lui déplaire.

Or pour Épicure cette vision de la divinité est fausse, pour lui, la majorité des hommes sont impies c’est-à-dire qu’ils se représentent des dieux qui se préoccuperaient des affaires des hommes alors qu’au contraire ils sont totalement indépendants.

Rien ne peut atteindre la perfection divine, il n’y a alors pas de cohérence entre la béatitude divine et l’idée d’un jugement divin porté sur les actions humaines.

En effet, les dieux n’ont que faire de nos rites et de nos prières, de ce fait il faut agir selon la béatitude divine puisque si Dieu est bienheureux, il ne s’occupera pas des affaires des hommes.

Épicure différencie alors deux types de connaissances des dieux, soit, d’après lui, il y a « des intuitions justes » ou des « suppositions fallacieuses » ; de ce fait les hommes se représentent, dans le deuxième cas, des dieux comme des justiciers qui répandent le bien et le mal sur Terre.

En effet, dans l’Antiquité grecque, les dieux étaient dotés, par les hommes, de qualités humaines telles que la jalousie, la rancune, la colère.

Et ces passions se traduisaient par des manifestations naturelles telles que le tonnerre, la tempête, etc.

Or comme dit précédemment, ils sont au-delà de cette représentation primaire de la justice puisqu’ils vivent dans leur inter-monde.

La philosophie sert donc à détourner les hommes de cette vision des dieux qu’ils ont humanisés.

De ce fait : les dieux ne sont pas à craindre. II. Deuxième principe : la mort n’est pas à craindre On pourrait craindre la mort car elle nous ferait souffrir.

Or pour Épicure, elle est cessation de conscience, de sensibilité donc elle ne peut nous faire souffrir.

Épicure dira donc qu’il faut être sot pour avoir peur de la mort « non pas parce qu’on souffrira lorsqu’elle arrivera mais parce qu’on souffre de ce qu’elle doit arriver » .

Il est donc absurde de craindre quelque chose qui ne me fera pas souffrir donc il apparaît plus sage d’accepter le fait d’être un être mortel. De ce fait la mort n’est rien pour nous car nous n’en ferons jamais l’expérience puisque tant que je suis là, la mort ne l’est pas et inversement.

Épicure énonce l’attitude que l’homme devrait adopter face à la vie, face à la mort.

Le sage adopte une attitude rationnelle face à la mort qui est absence de sensation, c’est donc l’attente qui peut nous empêcher d’être heureux. Pourquoi l’homme aurait-il peur de cette attente qui pourtant est dans l’ordre des choses ? En général la condition humaine pense qu’il y a une vie après la mort et que l’âme renaît dans une autre vie.

Or, pour Épicure, dans sa conception physique de l’homme, l’âme est matérielle et s’éteint en même temps que le corps, c’est en ce sens que l’on ne pourra jamais en faire l’expérience, donc, la vie après la mort n’existe pas.

L’homme en fait essaie de matérialiser son désir d’immortalité.

Seulement la vie étant éphémère, on doit voir en elle une plus grande richesse, dans chaque moment singulier.

L’homme doit vivre dans le présent pour échapper à cette inconstance.

Il faut donc qu’il suive la façon dont le sage entreprend la vie pour ne pas craindre la mort.

En effet, Epicure utilise, dans le paragraphe suivant, l’exemple de la nourriture où il explique qu’il faut choisir ce qui nous convient.

Le sage d’après Épicure « ne préfère pas une nourriture très abondante à une nourriture très savoureuse » ; il faut donc bien manger et non manger beaucoup, de ce fait il ajoute « méditer sur la façon de bien vivre et de bien mourir, c’est la même chose » .

Si l’on meurt bien c’est que l’on a bien vécu.

Il faut donc se réjouir du présent.

Une vie menée telle que le sage l’entreprend vaut beaucoup plus que le fait de manger en abondance c’est-à-dire de gaspiller sa vie à la recherche de désirs vains et non nécessaires. D’autre part, Épicure s’oppose aux philosophes de son époque qui pensent que l’homme n’a pas le droit de mettre un terme à la vie parce que les dieux nous l’ont donnée et eux seuls peuvent nous l’enlever.

Lui dira plutôt que l’homme a le droit de disposer de sa vie, puisqu’il dit « ainsi, songe que l’avenir n’est ni tout à fait à nous, ni tout à fait hors de nos prises, afin de ne pas l’attendre, comme s’il devait se réaliser à coup sûr et cependant ne pas désespérer, comme s’il était assuré qu’il ne dût ne pas arriver » .

L’homme doit donc savoir faire des projets pour l’avenir mais doit avoir dans l’idée que la mort est dans l’ordre des choses, de ce fait il doit profiter de la vie, c’est-à-dire qu’il doit réaliser tout ce qui pourrait lui permettre d’atteindre le bonheur, il doit donc satisfaire ses désirs pour éviter toute souffrance et ainsi bien vivre : la mort n’est donc pas à craindre.

Mais dans quelle mesure faut-il satisfaire ses désirs ? Entre un désordre provoqué par le hasard et le destin, Epicure pense qu’il existe encore une voie pour l’action humaine. III. Troisième principe : on peut atteindre le bonheur.... »

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