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En quoi le culte des morts est-il signe d'humanité ?

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« VOCABULAIRE: SIGNE: Tout élément sensible renvoyant à un élément non sensible, "abstrait" (exemple : le signe "x" qui indique la multiplication).

En linguistique (signe linguistique), entité double formée par la combinaison du signifiant et du signifié. MORT: Du latin mors, «mort».

Cessation complète et définitive de la vie.

Seul parmi les animaux, l'homme se sait mortel: cruelle certitude qui limite son horizon et l'oblige à composer avec sa propre disparition, comme avec celle des êtres auxquels il est attaché.

Pour Platon, la mort est un «beau risque à courir».

Dans le Phédon, Socrate définit la mort comme la séparation de l'âme et du corps; délivrée de sa prison charnelle, l'âme immortelle peut librement regagner le ciel des Idées, patrie du philosophe.

Épicure tient la mort pour un non-événement, puisque jamais nous ne la rencontrons.

Tant que nous sommes en vie, la mort n'est pas; et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes plus.

Pour Heidegger au contraire, la vie humaine s'inscrit dans la finitude: «Dès qu'un humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir». éléments de réflexion • L'ethnologie nous montre que partout les morts ont été ou sont l'objet de pratiques qui correspondent toutes à des croyances concernant leur survie (sous forme de spectre corporel, fantôme, ombre, âme, etc.), ou leur renaissance. • Penser la survie (sous une autre forme) n'est-ce pas penser au-delà et par-delà le donné ? Pourquoi (en quoi) les animaux sont-ils (seraient-ils) incapables de ce ou ces modes de pensée ? citations • Lecomte du Nouy, L'homme et sa destinée : « Les premières indications sur la nouvelle orientation de l'homme ont été données par les outils de silex brut et les traces de foyer.

Cependant d'autres preuves d'humanisation s'y joignirent bientôt et, selon nous, beaucoup plus frappantes : ce sont les sépultures.

Non seulement l'homme de Néanderthal enterre ses morts, mais quelquefois il les rassemble (grotte des enfants près de Menton).

Ce n'est plus une question d'instinct, mais déjà l'aube de la pensée humaine, qui se traduit par une sorte de révolte contre la mort ».

p.

94. • Deffontaines, Géographie des religions : « La géographie religieuse, c'est-à-dire essentiellement les pratiques concernant les morts, se trouve être la géographie la plus spécifiquement humaine.

» p.

12. lectures • Addison, La vie après la mort. • Edgar Morin, L'homme et la mort dans l'histoire (Corréa) ; notamment l'introduction générale et la première partie « Les conceptions premières de la mort ». Le culte des morts peut prendre des formes diverses : enterrement, momification, tous les rites funéraires quels qu'ils soient.

Rendre un culte au mort, saluer donc son départ, sa fin, son renouveau, est-ce un signe d'humanité ? Que peut-on entendre par là ? Cela signifierait que celui qui ne rend pas de culte n'est pas humain, un animal par exemple ou un barbare (ainsi les nazis ont refusé les sépultures aux juifs qu'ils exterminaient dans les camps. N'était-ce pas un signe de leur inhumanité et de leur barbarie ?).

Rendre un culte aux morts serait alors témoigner de notre humanité culturelle par opposition à la nature, à l'animalité, à la divinité aussi qui ne meurt pas ; en rendant un culte on commémore et on s'inscrit dans l'histoire, la tradition.

Recevoir un culte quand on meurt, c'est d'une certaine manière être reconnu comme homme et comme humain participant de cette histoire et de cet héritage d'humanité.

Le culte des morts est aussi un devoir de mémoire d'une certaine manière, un rite qui nous fait homme au sens où l'humanité est culturelle.

Donc il y a effectivement quelque chose qui a à voir avec l'idée de signe au sens de signification : on signifie notre appartenance à la communauté humaine.

Le culte donne un sens à notre existence.

Ce sujet a également un enjeu anthropologique (voir le livre de Louis-Vincent Thomas, Anthropologie de la mort, 1re et 3e parties surtout).

Pourtant, l'humanité peut-elle accepter cette forme de superstition, de croyance ? «En quoi le culte des morts est-il signe d'humanité?» (question qu'on pourrait aussi ranger dans la catégorie suivante : «En quel sens ? »).

Ce sujet vous invite à réfléchir sur ce qui fait – causes, raisons – qu'on voit dans le culte des morts un signe spécifique d'humanité (homme/animal, par exemple).

Mais attention : ici, le libellé du sujet vous montre que c'est dans le fait même, dans la réalité socio-anthropomorale du culte des morts (ensevelissement, rites funéraires, Jour des Morts, commémoration des grands hommes, etc.), qu'il faut aller chercher les raisons significatives demandées : en effet, celles-ci ne seront pas produites par déduction abstraite.

Car, sur le sujet tel qu'il est formulé, il faut aller non de l'abstrait au concret mais du concret à l'abstrait (du fait à l'idée, non l'inverse). C'est une nuance.

Mais une bonne lecture du sujet en tiendra compte.

Le propos sera ainsi plus adéquat à la. »

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