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Dissertation : Pouvons-nous dire que les mots nous apprennent notre propre pensée ?

Publié le 26/01/2026

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« dissertation de philosophie : Pouvons-nous dire que les mots nous apprennent notre propre pensée ? ‘‘Avoir le mot sur le bout de la langue’’, cette expérience banale montre le lien étroit et délicat unissant les mots et la pensée.

Comme une pièce est pile et face, notre esprit est tout à la fois pensée et langage, mise en mots.

Le rôle des mots est alors d’exprimer la pensée et de la communiquer à autrui.

En effet, ils signifient, càd qu’ils indiquent un sens qui est l’objet même de la pensée, lieu de nos idées.

Mais quelle est précisément le pouvoir des mots ? Pouvons-nous dire que les mots nous apprennent notre propre pensée ? Que signifie alors nous apprendre et notre proprepensée ? Les mots expriment-ils ou déterminent-ils ce qui relèverait de notre intériorité la plus personnelle ? En ce sens, existe-t-il une pensée originaire dont les mots seraient l’expression sensible nous permettant d’en prendre conscience et en ce sens de l’apprendre ? Inversement, la difficulté à dire ce que nous pensons n’est-elle pas le signe de ce que la pensée est d’abord obscure et que les mots seraient la condition de sa saisie objective ? Enfin, n’y a-t-il pas un inexprimable manifestant les limites du langage liées à cette quête d’objectivité qui nous ferait finalement passer à côté de notre propre pensée ? En quel sens semble-t-il assez évident que les mots expriment notre pensée intérieure ? La pensée est une faculté permettant de produire du sens, càd une détermination et une direction venant recouvrir les choses et ouvrant un monde de représentation possédant une valeur.

À la différence du reste des vivants et même des choses inertes, nous ne nous contentons pas d’être là, mais cherchons à faire quelque chose de cette existence qui nous est confiée. Or nous nous savons penser et ne pouvons douter de cette connaissance.

Tel est d’ailleurs le sens du cheminement que suit Descartes dans le Discours de la méthode, lorsque, à la recherche d’une vérité indubitable capable de fonder toute sa philosophie, il va conclure que je peux bien douter de tout, je ne peux pas douter que quand je doute, je pense.

Je suis ainsi « un être dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser » et la pensée semble bien précéder son expression par les mots.

Pour autant, la parole joue un rôle très important pour Descartes puisqu’elle permet de démontrer la distinction de l’humain par rapport à l’animal.

Dans la Lettre au marquis de Newcastle, il montre en effet qu’elle est le signe matériel de l’existence de la pensée.

Nous parlons parce que nous pensons, càd que nous ne nous contentons pas de proférer des sons qui imitent les mots mais sommes capables de parler « à propos des sujets qui se présentent », càd avec logique et indépendamment de l’expression de nos passions, ce dont les animaux ne sont pas capables. La preuve en est qu’ils parviennent à nous communiquer leurs passions (joie, tristesse, peur, etc.) et que s’ils avaient des pensées, ils seraient également capables de nous les exprimer, ce qui n’est pas le cas. Les mots sont donc le signe de la pensée qui les précède.

Ils expriment notre pensée et la montrent à autrui.

Mais quelle est la valeur de cette pensée antérieure aux mots ? Ne faut-il au contraire considérer qu’une telle pensée n’est pas encore ce qu’elle est en vérité et que les mots jouent un rôle déterminant nous permettant de savoir réellement que et ce quenous pensons ? Un dicton de la sagesse populaire affirme que la parole est d’argent et que le silence est d’or, comme si la parole n’était jamais totalement à l’abri du bavardage inutile.

Mais cette opinion est-elle fondée ? Si le bavardage est un risque du discours en quête de pensée véritable, ce risque n’est pas lié aux mots eux-mêmes, mais à la pensée qui ne s’est pas encore trouvée, réalisée.

C’est ce que développe Hegel dans la Philosophie de l’esprit (troisième tome de l’Encyclopédie des sciences philosophiques) lorsqu’il affirme que c’est dans les mots que nous pensons.

La pensée serait ainsi moins un état intérieur stable qu’un mouvement, un cheminement dont les mots permettraient l’union du pouvoir intérieur et subjectif avec sa réalisation objective, càd en vérité.

Ainsi, tant que la pensée ne serait qu’intérieure ou « en soi » elle ne serait pas encore tout à fait ce qu’elle est. Hegel la qualifie même de « pensée à l’état de fermentation.

» Les mots nous apprendraient alors notre propre pensée comme pensée déterminée et non seulement comme faculté. Une illustration pratique de ce rapport déterminant des mots vis-à-vis de la pensée pourrait être trouvée dans la thérapie du psychisme élaborée par Freud à la suite de la découverte et théorisation de l’inconscient comme force psychique échappant à la conscience et responsable de souffrances auxquelles on n’apportait jusque-là pas de réponse, encore moins de solution. Si notre pensée est beaucoup plus vaste que ce dont nous avons conscience, c’est parce qu’elle est originairement inconsciente puis qu’une partie d’entre elle va être refoulée par l’effet de notre éducation au nom de motifs moraux. Ainsi, nous nous interdisonsune partie de notre pensée qui n’est pas pour autant neutralisée.

Il n’est en effet pas possible d’arrêter la pensée qui est comme le.... »

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