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DESCARTES: Les animaux sont comme des machines.

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Je sais bien que les bêtes font beaucoup de choses mieux que nous, mais je ne m'en étonne pas ; car cela même sert à prouver qu'elles agissent naturellement et par ressorts, ainsi qu'une horloge, laquelle montre bien mieux l'heure qu'il est que notre jugement ne nous l'enseigne. Et sans doute que, lorsque les hirondelles viennent au printemps, elles agissent en cela comme des horloges. Tout ce que font les mouches à miel est de même nature et l'ordre que tiennent les grues en volant, et celui qu'observent les singes en se battant, s'il est vrai qu'ils en observent quelqu'un, et enfin l'instinct d'ensevelir leurs morts, n'est pas plus étrange que celui des chiens et des chats, qui grattent la terre pour ensevelir leurs excréments, bien qu'ils ne les ensevelissent presque jamais : ce qui montre qu'ils ne le font que par instinct, et sans y penser. On peut seulement dire que, bien que les bêtes ne fassent aucune action qui nous assure qu'elles pensent, toutefois, à cause que les organes de leurs corps ne sont pas fort différents des nôtres, on peut conjecturer qu'il y a quelque pensée jointe à ces organes, ainsi que nous expérimentons en nous, bien que la leur soit beaucoup moins parfaite. A quoi je n'ai rien à répondre, sinon que, si elles pensaient ainsi que nous, elles auraient une âme immortelle aussi bien que nous ; ce qui n'est pas vraisemblable, à cause qu'il n'y a point de raison pour le croire de quelques animaux, sans le croire de tous, et qu'il y en a plusieurs trop imparfaits pour pouvoir croire cela d'eux, comme sont les huîtres, les éponges, etc. René DESCARTES.

Toute la tradition philosophique a essayé de définir ce qu'il y a de propre dans l'être humain, de caractériser son originalité et sa supériorité ressentie. Pour ce faire, les philosophes se sont appuyés sur la comparaison avec les animaux pour en dégager les différences caractéristiques. Ici, Descartes répète cette stratégie et essaie de dégager dans ce texte la distinction entre l'animal et l'homme. L'auteur voit bien un point commun entre les deux espèces, qui tient bien sûr au corps biologique. En fait, tout le problème tient à cette origine commune; en effet, l'homme et l'animal ont une même origine naturelle qui s'exprime dans leur fonctionnement biologique. C'est d'ailleurs pour cette raison que beaucoup de philosophes, notamment antiques, ont dénigré les passions et les besoins, venant du corps et donc avilissant pour l'homme. Descartes dès lors met en évidence deux différences fondamentales entre l'homme et l'animal : sa liberté et son âme, la première découlant de la seconde.

« Je sais bien que les bêtes font beaucoup de choses mieux que nous, mais je ne m'en étonne pas ; car cela même sert à prouver qu'elles agissent naturellement et par ressorts, ainsi qu'une horloge, laquelle montre bien mieux l'heure qu'il est que notre jugement ne nous l'enseigne.

Et sans doute que, lorsque les hirondelles viennent au printemps, elles agissent en cela comme des horloges.

Tout ce que font les mouches à miel est de même nature et l'ordre que tiennent les grues en volant, et celui qu'observent les singes en se battant, s'il est vrai qu'ils en observent quelqu'un, et enfin l'instinct d'ensevelir leurs morts, n'est pas plus étrange que celui des chiens et des chats, qui grattent la terre pour ensevelir leurs excréments, bien qu'ils ne les ensevelissent presque jamais : ce qui montre qu'ils ne le font que par instinct, et sans y penser.

On peut seulement dire que, bien que les bêtes ne fassent aucune action qui nous assure qu'elles pensent, toutefois, à cause que les organes de leurs corps ne sont pas fort différents des nôtres, on peut conjecturer qu'il y a quelque pensée jointe à ces organes, ainsi que nous expérimentons en nous, bien que la leur soit beaucoup moins parfaite.

A quoi je n'ai rien à répondre, sinon que, si elles pensaient ainsi que nous, elles auraient une âme immortelle aussi bien que nous ; ce qui n'est pas vraisemblable, à cause qu'il n'y a point de raison pour le croire de quelques animaux, sans le croire de tous, et qu'il y en a plusieurs trop imparfaits pour pouvoir croire cela d'eux, comme sont les huîtres, les éponges, etc. René DESCARTES. Toute la tradition philosophique a essayé de définir ce qu'il y a de propre dans l'être humain, de caractériser son originalité et sa supériorité ressentie.

Pour ce faire, les philosophes se sont appuyés sur la comparaison avec les animaux pour en dégager les différences caractéristiques.

Ici, Descartes répète cette stratégie et essaie de dégager dans ce texte la distinction entre l'animal et l'homme.

L'auteur voit bien un point commun entre les deux espèces, qui tient bien sûr au corps biologique.

En fait, tout le problème tient à cette origine commune; en effet, l'homme et l'animal ont une même origine naturelle qui s'exprime dans leur fonctionnement biologique.

C'est d'ailleurs pour cette raison que beaucoup de philosophes, notamment antiques, ont dénigré les passions et les besoins, venant du corps et donc avilissant pour l'homme.

Descartes dès lors met en évidence deux différences fondamentales entre l'homme et l'animal : sa liberté et son âme, la première découlant de la seconde. 1.

Les animaux sont prédéterminés par leur instinct Le philosophe part de la constatation que les animaux font certaines choses mieux que les hommes : en effet, n'importe quel oiseau saura mieux construire un nid que l'humain qui n'en a jamais construit.

Mais cela n'étonne pas l'auteur français.

En effet, l'oiseau est prédestiné par son instinct à faire cette activité comme la montre est construite pour donner l'heure.

Dès lors, les animaux "agissent naturellement" puisque dans leur nature est inscrit leur destin, leur activité et leur capacité.

L'abeille construit des ruches et fabriquent du miel, les hirondelles immigrent au printemps quand le temps devient clément.

Mais si les animaux ont l'instinct et la force naturelle pour faire des actions, ils ne savent pas vérifier leur action et ne savent pas en vue de quoi ils agissent, c'est pourquoi que les chiens et les chats "grattent la terre pour ensevelir leurs excréments", ils ne le font presque jamais. L'homme lui fait certaines choses moins bien, puisqu'il ne fait rien naturellement.

En effet, l'homme n'a pas de nature déterminée, il n'a pas d'instinct et c'est ,comme dirait Platon, l'animal le plus dépourvu, le plus dénué.

Son jugement demande du temps, puisqu'il réfléchit, soupèse pour élaborer des savoirs.

La montre elle ne fait qu'indiquer l'heure. 2.

Les animaux et les hommes sont communs par leur corps Descartes assure pourtant que les animaux ne pensent pas.

En effet, toutes leurs potentialités se situent dans leur corps, qui n'est pas bien éloigné de celui de l'homme.

Le philosophe français en effet, ramène tous les corps à des machines.

Il faut se rappeler ce texte où il compare le corps de l'homme à une horloge, il n'y a pas de principe mystérieux qui explique les fonctions corporelles.

Tous chez les animaux se ramène à des mécanismes corporels et à des réflexes physiques, c'est pour cela que Descartes dit "qu'il y a quelque pensée jointe à ces organes." Mais le philosophe précise tout de même qu'il y a une différence de perfection entre le corps de l'animal et de l'homme, et cette idée est possible puisque les deux sont considérés comme une machine.

L'homme est donc une machine plus perfectionnée que l'animal.

Il faut cependant souligner que cette conception implique que chaque organe est une fonction bien déterminée et que si les animaux agissent selon la disposition de leurs organes, cela suppose qu'un Dieu est mis au dedans, dans leur corps, toutes les pièces requises. 3.

Mais l'homme se distingue par son âme et sa pensée Il ne faut pas oublier que Descartes a distingué deux substances différentes agissant sur la terre : la substance étendue qui correspond au monde physique( et donc le corps y est inclus) et la substance pensante( qui elle est propre à l'homme et désigne son âme).

Si donc les animaux et les hommes ont en commun leur corps comme substance étendue, pourtant seul l'homme a une âme, une substance pensante.

Ici le philosophe avance que les animaux ne peuvent pas penser, avoir une substance pensante sinon cela indiquerait qu'ils aient une âme immortelle.

En effet, la pensée, en tant qu'elle n'est pas physique, n'est pas soumise au temps et à la mort.

Or cela est impossible pour l'auteur.

En effet, si on peut imaginer que les chiens ou les singes aient une âme immortelle, on ne peut pas l'imaginer pour l'huître, ou les éponges, les êtres les moins évolués.

On peut objecter cependant deux choses : d'une part, Descartes ne fournit pas de preuves concrètes, venant de l'expérience, il dit juste que cela n'est pas "vraisemblable" et qu'aucune preuve ne nous le laisse à penser et d'autre part, si on considère que l'homme est intégré dans le règne animal, peut-être le plus évolué, mais venant de la même origine alors son argument " il n'y a point de raison pour le croire de quelques animaux, sans le croire de tous" ne fonctionne plus puisqu'il faudrait l'étendre à l'homme et soit tous les animaux ont une âme soit aucun l'ont et pas même l'homme. Ainsi, dans ce texte, Descartes reprend l'idée traditionnelle que les animaux sont déterminés par la nature et par leurs instincts, ce qui n'est pas le cas de l'homme.

Il accorde cependant que les deux espèces partagent des caractéristiques biologiques communes et que le corps fonctionne comme une machine plus ou moins perfectionné.

Cependant, en faisant cela, Descartes refuse pourtant d'intégrer l'homme dans le règne animal, mais en faisant l'animal le plus perfectionné.

Il se distinguait par sa pensée et donc son âme immortelle, qui est refusée à tous les autres animaux, puisqu'il y en existe des très peu perfectionnés.

Cela reviendrait dès lors à avilir le privilège de l'homme en l'accordant à des êtres dont les possibilités d'action et l'intelligence sont quasiment inexistantes. Pourtant, la conception cartésienne a été remise en cause par l'histoire ultérieure des sciences et de la philosophie.

En effet, les théories de l'évolution- mises au point par Lamarck puis par Darwin, tend à ramener l'homme à sa seule dimension animale et la distinction avec l'animale apparaît dès lors comme une tentative vaine de l'homme de se définir comme original.. »

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