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Ce que la morale interdit, l'État peut il le prescrire?

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« Analyse du sujet : Il faut tout d'abord distinguer prescrire et autoriser.

Il convient également de s'interroger sur le sens du mot « morale ». Ensuite, nous pouvons nous étonner : un Etat libre, telle la république, garant des libertés de tous peut-il s'opposer à la morale ? La morale, au contraire, ne doit-elle pas guider l'Etat qu'élit le peuple ? Pourtant, il faut souligner qu'il existe un hiatus entre la morale individuelle et la morale sociale, collective.

L'Etat doit parler au nom de tous, au nom d'une communauté, et non pas d'un individu.

D'autre part, l'Etat ne regarde pas les intentions mais seulement les actions, or la morale prend sa place dans l'intention (exemple : il est interdit de tuer, si je tue quelqu'un par accident, je serait puni, mais si j'ai l'intention de tuer quelqu'un et que j'échoue, il ne m'arrivera rien, alors même que ma conduite a été immorale dans le second cas, et non dans le premier). Ce sujet nous amène à nous interroger sur la légitimité d'un Etat : un Etat serait-il légitime parce qu'il se fonderait sur la morale ? L'Etat a-t-il pour rôle d'être le garant de la morale ? Proposition de plan : I ] Un Etat libre ne peut pas faire abstraction de la morale : Dans l'Etat tel que nous le connaissons en France, il nous semble évident qu'il est inconcevable que la loi prescrive un acte immoral.

Cela serait contraire à la notion même de l'Etat libre qui se doit de garantir le bien et les libertés de chacun. Transition : "Dans la vérité, l'intérêt particulier ne doit être ni négligé ni refoulé, mais accordé à l'intérêt général, et ainsi l'un et l'autre sont maintenus." Hegel, Principes de la philosophie du droit. II ] L'Etat est la garant du bien commun, pas de la morale : • Kant affirme la subordination nécessaire de la politique à la morale.

L'opposition entre les deux n'est pas vraiment objective, elle est seulement subjective: l'égoïsme des hommes les amène à ressentir ce qui est bon pour eux comme différent de ce qui est bon pour la collectivité. • Trop de crimes, dit Kant, sont commis au nom de l'intérêt «supérieur» de l'État.

II faut donc distinguer entre le «moraliste politique», «qui se forge une morale à la convenance de l'homme d'État» et qui est une simple fiction, car une telle morale spéciale n'existe pas: et le «politique moral», qui est certes un idéal difficile à atteindre, mais qui est concevable, dans la mesure où il est celui qui se sert de la morale comme critère de décision politique. D'une part, l'Etat ne se mêle pas des intentions des individus mais seulement des actes.

Selon toute logique, il ne peut pas faire autrement puisque seuls les actes sont vérifiables. D'autre part, chacun établit sa propre morale en fonction de sa culture, de son vécu, de ses convictions.

Certes, il y a des poncifs qui sont évidents (par exemple : il faut pas tuer ni voler).

La morale individuelle est flexible selon les circonstances.

Certes, selon Kant, la morale doit être conduite par un impératif catégorique qui commande l'action par une maxime universalisable.

Cependant, Kant lui-même reconnaît qu'une telle morale ne se trouve pas chez les hommes.

Ainsi, comment l'Etat qui doit faire preuve d'impartialité pourrait-il être érigé en fonction d'une morale fluctuante ? Enfin, ajoutons que si nous demandons à l'Etat d'intervenir dans la morale, nous lui demandons d'interférer dans la vie privée des individus, ce qui serait insupportable.

Il ne faut donc pas confondre le bien commun dont l'Etat est garant et la morale dictant la conduite des individus. « On a [...] parlé de l'opposition de la morale et de la politique et de l'exigence que la première commande à la seconde.

Il y a lieu seulement de remarquer en général que le bien d'un État a une bien autre légitimité que le bien des individus et que la substance morale.

» Hegel, Principes de la philosophie du droit, 1821. "L'État est une partie spécialisée dans les intérêts du tout" Maritain, L'Homme et l'Etat. Transition : si ce n'est pas la morale qui doit guider l'Etat, c'est elle qui peut pousser le citoyen à juger de la légitimité de l'obéissance à celui-ci. III ] L'obéissance à l'Etat est morale quand l'Etat est légitime : Machiavel (Le prince) nous dit que la politique est purement d'ordre technique et que elle ne doit donc pas être examinée "sous les rapports de la justice et de la morale.". »

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