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Aristote: Nous concevons d'abord le sage comme possédant la connaissance de toutes les choses

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Nous concevons d'abord le sage comme possédant la connaissance de toutes les choses, dans la mesure où cela est possible, c'est-à-dire sans avoir la science de chacune d'elles en particulier. Ensuite, celui qui est capable de connaître les choses difficiles et malaisément accessibles à la connaissance humaine, on admet que celui-là est un sage (car la connaissance sensible étant commune à tous les hommes, est facile, et n'a rien à voir avec la Sagesse). En outre, celui qui connaît les causes avec plus d'exactitude, et celui qui est plus capable de les enseigner sont, dans toute espèce de science, plus sages. De plus, parmi les sciences, celle que l'on choisit pour elle-même et à seule fin de savoir, est considérée comme étant plus vraiment Sagesse que celle qui est choisie en vue de ses résultats. Enfin une science dominatrice est, à nos yeux, plus une sagesse que la science qui lui est subordonnée : ce n'est pas, en effet, au sage à recevoir des lois, c'est à lui d'en donner ; ce n'est pas lui qui doit obéir à autrui, c'est à lui, au contraire, que doit obéir celui qui est moins sage. Aristote

« Nous concevons d'abord le sage comme possédant la connaissance de toutes les choses, dans la mesure où cela est possible, c'est-à-dire sans avoir la science de chacune d'elles en particulier.

Ensuite, celui qui est capable de connaître les choses difficiles et malaisément accessibles à la connaissance humaine, on admet que celui-là est un sage (car la connaissance sensible étant commune à tous les hommes, est facile, et n'a rien à voir avec la Sagesse).

En outre, celui qui connaît les causes avec plus d'exactitude, et celui qui est plus capable de les enseigner sont, dans toute espèce de science, plus sages.

De plus, parmi les sciences, celle que l'on choisit pour elle-même et à seule fin de savoir, est considérée comme étant plus vraiment Sagesse que celle qui est choisie en vue de ses résultats.

Enfin une science dominatrice est, à nos yeux, plus une sagesse que la science qui lui est subordonnée : ce n'est pas, en effet, au sage à recevoir des lois, c'est à lui d'en donner ; ce n'est pas lui qui doit obéir à autrui, c'est à lui, au contraire, que doit obéir celui qui est moins sage. Remarques préliminaires L'étude d'un texte implique une identification des principaux thèmes qui y figurent — ou des idées essentielles qu'il contient.

Certains textes se prêtent aisément, à partir d'un tel recensement thématique, à la recherche de la thèse qu'ils contiennent, c'est-à-dire de l'affirmation d'ensemble sous laquelle on peut regrouper les idées du texte.

D'autres, sans contenir une thèse déterminée, remplissent de toute façon une fonction théorique qu'il s'agit de découvrir (c'est le cas pour le texte d'Aristote).

Les deux phases complémentaires du travail (recensement ordonné des thèmes et/ou des idées du texte, puis identification du point de vue défendu dans le texte, ou de sa fonction théorique) seront donc conçues à la fois avec précision et souplesse. De l'objet général du texte au recensement ordonné des idées qu'il contient : analyse thématique Il s'agit d'énoncer les attributs qui peuvent entrer dans la définition du sage.

L'unification de ces attributs dans un concept n'est pas envisagée dans le texte, dont la fonction apparente est autre : recenser des déterminations — dont il faudra ensuite penser les rapports possibles. Première idée (concernant le contenu de la sagesse) : • « Connaissance de toutes les choses », dans la mesure où cela est possible.

Un tel objectif rie peut être atteint que dans certaines limites (une telle connaissance n'est pas possible en détail). • D'où l'idée d'un type de point de vue qui permette de connaître sans accéder au détail de chaque chose en particulier. Deuxième idée : • Définition d'un domaine spécifique de connaissances (« choses difficiles », « mal accessibles »).

Définition positive. • Définition différentielle d'un tel domaine : ce qui n'est pas accessible à la connaissance sensible. Troisième idée : • Caractérisation du type de connaissance en jeu : avec exactitude (modalité) et portant sur les causes (objet visé). • Valorisation de ce type de connaissance en tant qu'elle implique un rapport maîtrisé à son propre contenu.

N'est pas seulement comprise, mais peut être communiquée (enseignée). Quatrième idée : Introduction d'un critère de hiérarchisation entre les sciences, selon leur finalité : • Science désintéressée, savoir pour savoir (fin en soi). • Science pragmatique, en vue de résultats extérieurs à elle. Cinquième idée : Concept de science maîtresse ou dominatrice.

Science des sciences opposée aux sciences subordonnées (sorte de synthèse de ce qui précède).

Sixième idée : Statut et fonction d'une telle science dans la sagesse (fonction législative du sage). Brèves remarques sur la fonction théorique du texte Le recensement des différentes idées que l'on se fait concernant la nature du sage relève en grande partie d'un recueil d'opinions admises.

Aristote semble procéder à la fois à un tel recueil et à une esquisse de conceptualisation, de mise en ordre des points de vue ainsi mentionnés.

Recensant les traits habituellement distingués, Aristote pose en fait les exigences d'une définition unifiante dont il ne formule pas, du moins dans le texte, le principe conceptuel.

Ce texte est donc d'apparence purement doxographique (recollection d'opinions) mais une réflexion sur les idées exposées et leurs implications doit pouvoir conduire à une théorie dégageant leurs rapports et les formulant dans une conception unique. Pour approfondissement de la compréhension du texte, on pourra se reporter à La Métaphysique d'Aristote (Éd.

Vrin, tome I, p.

12 à 14), dont il est extrait.

Deux extraits confirment la fonction du texte proposé, telle qu'elle peut être formulée à partir d'une analyse interne. • Premier extrait (avant le texte proposé) :. »

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