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Lecture linéaire Chapitre 3 Candide ou l'optimisme

Publié le 18/11/2023

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« Objet d’étude : la littérature d’idées du XVIème siècle au XVIIIème siècle Parcours associé : rire et savoir Voltaire, Candide ou l’optimisme (1759), extrait du chapitre 3 1) Evoquez Voltaire en l’inscrivant dans le contexte historique Voltaire est une figure emblématique du siècle des lumières : il a lutté contre l’obscurantisme, l’ignorance, l’emprise de la religion, l’esclavage, le pouvoir politique, etc.

ce qui lui a valu des année d’exil.

Voltaire pratique divers genres littéraires mais est surtout connu pour ses contes philosophiques (une forme d’apologue = récit dont on dégage une instruction morale) L’année 1756 est marquée par le début de la guerre de 7 ans entre l’Autriche et la France contre la Prusse et l’Angleterre, et en 1758, année durant laquelle Voltaire compose Candide, une campagne est en train de ravager l’Europe. 2) Présentez Candide Révolté par les guerres continuelles de son siècle, Voltaire veut démontrer dans le conte philosophique « Candide » que les philosophes optimistes ont tort de prétendre que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes » (cf.

théories optimistes de Leibnitz).

Pour ce faire, l’auteur met en scène un héros, Candide, qui découvre toutes les formes du mal au cours de ses aventures. 3) Situez le passage étudié dans l’œuvre Le texte que nous allons étudier est extrait du début du chapitre 3 de Candide : Après avoir été chassé du château de Thunder-ten-Tronckh, Candide est enrôlé de force dans l’armée bulgare et découvre les horreurs de la guerre. 4) Annoncer la problématique et lire l’extrait Après avoir lu cet extrait, j’essaierai de montrer comment Voltaire s’y prend pour dénoncer le fléau de la guerre…. 5) Après avoir lu l’extrait, annoncer le plan 1er mouvement (lignes 1 à 8) : la guerre présentée ironiquement comme un spectacle ludique 2ème mouvement (lignes 9 à la fin) : la description réaliste et pathétique des horreurs vécues par les victimes Premier mouvement : la guerre présentée ironiquement comme un spectacle ludique (lignes 1 à 8) 1) La guerre présentée comme un spectacle - La guerre est présentée de façon inattendue par Voltaire : l’accent est mis sur son aspect esthétique au début du passage, comme s’il s’agissait d’un véritable spectacle pour l’inexpérimenté et naïf Candide. - On relève ainsi dès la première phrase de l’extrait une suite d’adjectifs qualificatifs élogieux « beau », « leste », « brillant », « ordonné » renforcés par l’adverbe d’intensité « si » qui mettent en relief la beauté du spectacle : « si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné ».

Le lecteur a l’impression d’assister à une parade militaire (soldats bien rangés) Ce spectacle n’est pas qu’esthétique ; il est également sonore comme le révèle l’énumération d’instruments de musique « les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours ». 2) La dénonciation ironique - Mais Voltaire introduit toutefois une 1ere dissonance au terme de cette énumération (« canons ») qui perce à jour la réalité de cette guerre : canon n’est pas un instrument musical mais un instrument de mort => rien à faire dans un spectacle.

Ce décalage invite à une lecture ironique du texte. - Le rapprochement entre « harmonie » et « enfer » (l.2) constitue une 2ème discordance car antithèse entre le terme harmonie qui renvoie à la beauté du spectacle, et le terme enfer qui renvoie à la souffrance et à l’inhumanité => dénonciation de la guerre et de ceux qui la considèrent comme un spectacle. 3) L’armée : des soldats de plomb - En ligne 3, Candide semble voir la guerre comme un jeu où les hommes sont devenus des petits soldats de plomb.

On observe en effet une métaphore entre les armées et les soldats de plomb : ainsi, le verbe « renversés » employé à la place de « tués » suggère une armée de soldats de plomb balayés d’un revers de main - Les morts se comptent de manière très approximative : « à peu près » (ligne 4), « environ », « quelques milliers », « une trentaine » => impression d’un regard sans émotion, comme si la vie humaine n’avait pas d’importance.

Il semble que Candide ne soit qu’un témoin qui décompte les morts sans être affecté par les atrocités commises.

Voltaire dénonce l’indifférence que la guerre fait de la vie humaine, impression d’un enfant qui renverse ses soldats en s’amusant. - Violence des armes utilisées : « canons » (l.2), « mousqueterie » (l.3), « baïonnette » (l.4) => armes particulièrement cruelles.

Les armes sont positionnées en sujet, les victimes seulement en COD : mise en évidence de l’inhumanité de la guerre Déshumanisation de la guerre : victimes innombrables/anonymes ; verbe « infecter » qui rapprochent les hommes d’insectes/microbes. - Le vocabulaire utilisé se moque de la philosophie optimiste de Leibniz avec l’expression « ôta du meilleur des mondes » qui fait référence aux enseignements de Pangloss, le précepteur de Candide : en effet, « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes » est une absurdité vu la violence des combats => violente dénonciation à la fin du paragraphe avec l’attitude de Candide.... »

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