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DISSERTATIONS : MANON LESCAUT

Publié le 05/06/2023

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« DISSERTATION : MANON LESCAUT I. L’auteur ⇒ L’abbé Prévost, de son vrai nom Antoine François Prévost d’Exiles, est un homme d’Église né en 1697 et mort en 1763.

C’est un romancier qui fut tour à tour lié à l’Église, puis enrôlé dans l’armée.

Il vit à plusieurs reprises en Hollande, pays dans lequel il écrit Manon Lescaut.

De nombreux éléments de ce roman sont vraisemblablement inspirés de sa vie : il entretint une relation tumultueuse avec son amante Lenki Eckhardt, dont il était follement amoureux.

Celui-ci entretenait avec des sommes plus élevées que ce qu’il possédait afin de satisfaire le moindre de ses caprices. Son parcours chaotique n’est en effet pas sans rappeler celui de Des Grieux dans le roman.

Il connaît des déboires, comme des problèmes d’argent et a une relation tumultueuse avec l’Église, qu’il quitte puis réintègre à deux reprises. II. Le parcours associé “Personnages en marge, plaisirs du romanesque” ⇒ Terme “marge” vient du latin “margo” = “le bord, la bordure”.

Un personnage en marge est lui à l’écart de la société, il est exclu.

Le personnage en marge vit en dehors des normes familiales et sociales et en dehors des conventions sociales . Ils sont souvent complexes et suscitent chez le spectateur des émotions ambivalentes. ⇒ “Romanesque” = propre au roman, cela évoque le plaisir recherché par les personnages ET le plaisir procuré du spectateur (d'où le “s” à “plaisirs”...) III. Arguments A/ Des personnages en marge ❖ Manon, le désir d’échapper à la marge, malgré elle ⇒ Manon a toujours été en marge de la société : elle n’a pas de figure paternelle, elle n’a personne pour la guider, son seul “outil” est son corps et le désir qu’elle procure aux hommes.

Preuve de sa marginalité, nous n’avons aucune description physique d’elle, ni son âge.

Etant fille du peuple, elle devient importante : elle existe grâce à Des Grieux. - - - - Cependant, elle souhaite sortir de la marginalité et intégrer l’élite sociale en se prostituant.

Elle vit dans le luxe et l’opulence et cela lui convient.

Elle est cultivée, ce qui la fait échapper du vulgaire : s’exprime avec élégance, connaît Racine. La marginalité la rattrape toujours à un moment ou un autre : ses parents la placent dans un couvent, ses amants l’a font incarcérer et elle est déportée en Amérique. Toutefois, cette marginalité caractérise son indépendance, sa liberté : elle s’évade, elle désobéit, elle a un fort désir de fuite et de rébellion. Ses avis et rapports moraux la place en marge : dans sa relation avec Des Grieux, Manon estime que les divertissements et les éléments matériaux sont essentiels, elle rejette donc les idéaux de la norme : “C’est une sotte vertu que la fidélité”, “Je travaille pour rendre mon chevalier riche”. Sa marginalité est également d’ordre narratif : le récit à la première personne la place à l’écart du récit, c’est Des Grieux qui nous présente le personnage et non elle-même, c’est donc une figure énigmatique. Manon est quant à elle en marge de la docilité et de la pudeur attendue d'une jeune fille à cette époque.

Amoureuse des plaisirs, de la variété, du mouvement, de la ville parisienne, son inconstance est l'un des moteurs du roman.

C'est en effet pour la satisfaire que des Grieux va se lancer dans des aventures risquées. ❖ Des Grieux, le choix de la marginalité ⇒ Des Grieux, lui, est de base “bien né”.

Il n’est pas en révolte, son coup de foudre pour Manon l'a mené à sa marginalisation progressive.

C’est un homme d’un haut rang social, qui a tout abandonné pour subvenir aux besoins de sa dulcinée. - Sa marginalité est d'abord intérieure : incapable d'être un bon chrétien, il ne peut lutter contre la tentation du péché et des plaisirs. - Puis cette marginalité devient sociale : il passe d'un statut noble à celui d'un déclassé, désargenté et renié par son père. - Cette déchéance est un ressort romanesque puissant qui tient le lecteur en haleine.

Le noble des Grieux va-t-il se laisser entraîner dans cette chute ? Va-t-il se ressaisir ? Vat-il renoncer à son amour pour Manon ? Coup de foudre : Des Grieux détourné de l’ordre de Malte. • Seducere = détourner du droit chemin. • Manon devait aller au couvent : réclusion hors du monde. • Ils couchent ensemble à Saint-Denis : premier écart. • Auberge : lieu intermédiaire vers les marges de la société ❖ Une normalisation à la fin du roman ⇒ Cette marginalisation est toutefois suivie à la fin du roman d'une sorte de normalisation. En effet, une fois en Amérique, les deux personnages reviennent à une vie plus vertueuse comme le suggère leur souhait de se marier. Paradoxalement, l'exil mène à un apaisement intérieur qui permet aux personnages de se retrouver. Si Manon apparaît d’emblée comme un personnage en marge par son statut de courtisane ,DG est au contraire un jeune homme bien intégré à la société par son statut et ses études . → Leur union va d’emblée les marginaliser puisqu’ils choisissent de s’unir hors mariage : “Nos projets de mariage furent oubliés à Saint-Denis ;nous fraudame les droits de l’eglise et nous nous trouvâmes époux sans y avoir fait réflexion “ → Relation ne pourra pas être reconnue par la société puisqu’elle ne respecte pas les codes - Cette marginalisation est alors symbolisée par les déplacements des deux protagonistes qui sont contraints de quitter Paris pour la banlieue,Chaillot . →En marge de la société parisienne D’autant plus visible à la fin de l’oeuvre puisque les personnages n'auront pas d’autres solutions que de fuir dans le désert,ils sont contraints de s’extraire de la société pour vivre leur amour et parce que leur amour ne peut être toléré au sein de la société,la fin ne peut qu'être tragique . - Marginalisation est + verbalisée par Tiberge qui ne cesse d’inviter son ami à retrouver le chemin de la raison : “Permettez-moi ,mon cher Chevalier d’y mettre seulement une condition : c’est que vous souffrirez que je fasse du moins mes efforts pour vous ramener à la vertu ,que je sais que vous aimez et dont il n’y a que la violence de vos passions qui vous écarte “ Certains des personnages romanesques les plus marquant du roman réaliste du 19e siècle sont des marginaux, tels le vautrin de balzac dont on suit les aventures de roman en roman :Le père Goriot, Les Illusions Perdues,Splendeurs et Misère des courtisanes . Forcat évade capable de transformations multiples,d'actions d'éclat,de stratagèmes complexes,Vautrin affirme : “ Il n'y a de vie que dans les marges”. → C’est un personnage qui emprunte diverses identités et navigue entre plusieurs milieux sociaux,officiels ou souterrains. B/ Un roman tragique ⇨ Cette ambiguïté des personnages romanesques qui touche si profondément le lecteur, est empruntée au tragique.

Manon Lescaut offre au lecteur un spectacle qui suscite autant l’effroi que la pitié pour ces jeunes amants victimes de leur destin. →Le caractère tragique de l’œuvre se lit notamment lors de la mort de Manon dans le désert de Louisiane.

Alors que le lecteur assiste à la fatalité qui s’abat cruellement sur les deux libertins condamnés à la souffrance et au malheur, l’authenticité de leur amour surgit dans un dernier « souffle sentimental ».

Le soin que prend Des Grieux à enterrer avec une solennité religieuse le corps de Manon « pour empêcher le sable de la toucher » est à cet égard, emblématique. = Ce qui rend au lecteur les personnages « si vrais, si sympathiques et si honorables » (Flaubert) malgré leurs vices, c’est donc ce souffle tragique qui en fait des êtres humains profondément réels : ils sont tous aussi coupables que victimes. ❖ Le genre du roman-mémoires ⇨Le genre du roman-mémoires permet d'accréditer le récit et renforce les émotions du lecteur, cette apparence permet au lecteur de plonger davantage dans l’action. →Le marquis de Renoncour reçoit d'emblée la confiance du lecteur puisqu’il est qualifié “d’homme de qualité ”.

Il présente son récit comme fidèle à l’histoire entendue en déclarant “ Je dois avertir ici le lecteur que j'écrivis son histoire presque aussitôt après l’avoir entendue, et qu’on peut s’assurer par conséquent, que rien n’est plus exact et plus fidèle que cette narration.” → lorsqu’il retranscrit l’histoire de DG au sein du récit enchâssé, celle-ci a déjà eu lieu, ce qui conduit le narrateur a faire de nombreuses prolepses (Figure de rhétorique par laquelle on va au-devant des objections) propres à créer du suspense.

il évoque “ l’ascendant de sa destinée qui s'entraînait à sa perte ” et précise sa difficulté à “ achever le récit du plus funeste événement qui fut jamais” ⇨Aussi, l’auteur attise la curiosité du lecteur à travers ce système de double narration: ce récit enchâssé fait tout le plaisir de lire, et attise de ce fait l'intérêt du lecteur.

Cette double narration cherche aussi à donner un caractère véridique au récit de DG puisque Renoncour lui laisse la parole, on ne se lasse alors jamais de suivre.... »

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