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Numérique et attention

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« Histoire et prospective des industries culturelles et médias numériques Numérique et économie de l’Attention Table des matières Table des matières iii 1 L’attention 1 1.1 Définition et approche du concept . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1.2 Un concept multidimensionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1.2.1 L’attention soutenue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1.2.2 L’attention sélective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 1.2.3 Processus automatiques et contrôlés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 1.2.4 Attention divisée et concurrence cognitive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 2 Historique sur la captation des attentions à travers les industries culturelles et médiatiques 5 2.1 De l’affichage à la publicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 2.2 L’essor des technologies audiovisuelles et des industries culturelles . . . . . . . . . 6 2.3 Les caractéristiques des médias numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 2.4 L’attention comme ressource rare . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 2.4.1 L’origine de l’économie de l’attention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 2.4.2 Modèles économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 2.4.3 Les technologies numériques persuasives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 3 L’attention, de plus en plus rare au travail 13 3.1 Le bureau, le lieu de l’interruption permanente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 3.1.1 Le bureau paysager . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 3.1.2 Le télétravail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 3.2 Une attention fragmentée au travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 3.2.1 Le multitasking . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 3.2.2 Hyper connexion et dépendance aux distractions . . . . . . . . . . . . . . . 16 4 Quel(s) impact(s) sur la productivité ? 19 4.1 Importance du travail en profondeur dans une économie concurrentielle . . . . . . 19 4.2 La procrastination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 5 Conclusion 23 L’attention 1 1.1 Définition et approche du concept . . . . . . . . 1 1.2 Un concept multidimensionnel . . . . . . . 1 1.2.1 L’attention soutenue . 1 1.2.2 L’attention sélective . . 2 1.2.3 Processus automatiques et contrôlés . . . 3 1.2.4 Attention divisée et concurrence cognitive . 3 1.1 Définition et approche du concept Proposer une simple définition ou une théorie générale de l’attention peut constituer un exercice difficile. Mais la majorité des définitions actuelles s’appuient sur celle proposée dès 1890 par le philosophe et psychologue William James, dans son ouvrage The Principles of Psychology : «L’attention est la prise de possession par l’esprit, sous une forme claire et vive, d’un objet ou d’une suite de pensées parmi plusieurs qui sont présents simultanément [. . . ] Elle implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres [. . . ]» C’est donc la mobilisation des ressources cognitives orientée vers un but, entraînant un accroissement d’efficacité des processus de perception, de prise de décision et d’action. Cette mobilisation repose sur un choix opéré par l’esprit suite à une sélection des informations qui arrivent. Ainsi les caractéristiques des représentations perceptives dépendent des choix effectués (situations de perception complexes et ambiguës) Figure 1.1: Perception de la lettre B ou du chiffre 13 ? 1.2 Un concept multidimensionnel 1.2.1 L’attention soutenue Les étudiants à titre d’exemple, connaissent bien la nécessité de maintenir leur attention pendant les cours ou les examens et l’usage montre qu’au-delà d’une heure, une pause est souhaitable. De même, la plupart des films durent 1 h 30 à 1 h 40 et les très longs films requièrent un scénario extraordinaire pour maintenir notre attention. Certaines sociétés comme Walt Disney s’adaptent à leur jeune public en proposant une succession de trois histoires d’environ 20 minutes. Cependant dans la vie de tous les jours,notre attention subit des relâchement. Il faut donc avoir recours à des épreuves de laboratoire pour examiner le temps maximum d’une attention soutenue. Une des épreuves les plus connues est celle des horloges de Norman Mackworth. Le chercheur propose une fausse horloge dont l’aiguille fait 100 déplacements pour faire un tour complet. Sauf 2 1 L’attention que 6 fois sur 100, l’aiguille saute deux crans. Ce double saut est très rare, ce qui nécessite une attention très soutenue pour s’en rendre compte. L’attention chute considérablement après la première demi-heure pour atteindre un équilibre après une heure et demie. Figure 1.2: Les « horloges » de Mackworth (1958 ; d’après Boujon et Quaireau, 1997). 1.2.2 L’attention sélective L’attention sélective est la capacité de se focaliser sur une tâche en ignorant les autres, c’est la forme la plus spécifique de l’attention et qui correspond en usage courant à la concentration. Ce processus est parfaitement illustré par le problème de cocktail party soulevé par le chercheur Colin Cherry (1953). L’effet cocktail party est la capacité à diriger son attention pour suivre une conversation dans une ambiance bruyante, par exemple lors d’un cocktail, tout en restant conscient des autres signaux sonores. Figure 1.3: Lors d’un cocktail, on entend de manière privilégiée notre interlocuteur malgré le bruit ambiant. Cherry pense donc qu’un processus, l’attention sélective, filtre un message et « rejette » les autres. Pour en étudier les caractéristiques, il invente la technique de l’écoute dichotique qui consiste à faire entendre simultanément grâce à un casque stéréo deux messages différents aux deux oreilles. Entendre les deux messages est impossible. En revanche, si l’on prévient les sujets de faire attention à une oreille , ce message est bien perçu mais le message non attendu est très mal rappelé. En 1958 Donald Broadbent de l’université d’Oxford présente le premier modèle expliquant l’attention sélective par un filtre attentionnelle. Figure 1.4: Le modèle de Broadbent (1958). Dans ce modèle les informations provenant de nos sens sont d’abord stockées à court terme et ensuite un filtre attentionnel 1.2 Un concept multidimensionnel 3 sélectionne les informations cibles en fonction des préférences de la mémoire à long terme. Ce filtre est nécessaire pour ne pas encombrer le système, représenté par un canal à capacité limitée. L’attention est donc principalement représentée par le filtre qui laisse passer les informations et écarte les informations non pertinentes. 1.2.3 Processus automatiques et contrôlés En 1977,Walter Schneider et Richard Shiffrin analysent des études sur la détection et se rendent compte que les temps de détection varient en fonction de la charge en mémoire. Ils mettent en évidence une distinction majeure dans notre capacité de traitement de l’information : il existe des processus contrôlés, lents et qui nécessitent une attention soutenue et des processus automatiques, rapides ne nécessitant pas de concentration. Description de l’experience Les chercheurs présentent un cadre cible contenant des lettres suivi de vingt autres cadres contenant également des lettres. Le sujet doit appuyer sur un bouton « oui » dès qu’il détecte une lettre qui appartenait au cadre cible. Deux conditions sont utilisées : une condition « lettres-lettres » où seules des lettres apparaissent dans la cible et dans les cadres de détection et une condition chiffres-lettres où la cible contient des chiffres et les cadres de détection contiennent des lettres sauf le cadre qui contient un chiffre de la cible. Les résultats varient en fonction de la charge en mémoire (taille de la cible), Lorsque la charge est de 1, le temps de détection est constant quelle que soit la cible. Lorsque la charge est de 4, le résultat est différent selon la cible : lorsque la cible contient des chiffres le sujet garde facilement les 4 chiffres et néglige les lettres dans le cadre jusqu’à ce qu’il détecte un chiffre (processus automatique).À l’inverse, lorsque la cible contient des lettres, la détection nécessite des processus d’analyse de tous les cadres et de comparaison des lettres perçues avec les lettres en mémoire (processus contrôlé). Figure 1.5: Résultats de l’étude de Walter Schneider et Richard Shiffrin. 1.2.4 Attention divisée et concurrence cognitive La capacité à diviser son attention, c’est-à-dire à partager son attention entre plusieurs activités, est essentielle à la réalisation 4 1 L’attention simultanée de plusieurs tâches. Cela nécessite de répartir logiquement ses ressources attentionnelles en fonction des exigences de chaque activité. Des situations routinières de double tâche, telles que conduire sur un trajet familier tout en tenant une conversation, requièrent peu de ressources attentionnelles. Il en est de même lorsqu’il s’agit d’activités pour lesquelles on a un grand niveau d’expertise. En revanche, face à des situations non routinières (ou activités pour lesquelles on a un faible niveau d’expertise), telle que conduire et tenir une conversation avec son passager alors que l’on se trouve dans une ville nouvelle et que l’on cherche à se rendre en un lieu précis, l’allocation de ressources attentionnelles est supérieure et plus délicate à planifier et à mettre en place. De la même manière, plus le nombre d’informations sur lesquelles l’attention doit porter simultanément est grand, plus important sera le besoin en ressources attentionnelles. »

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