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Corrigé de dissertation sur le sujet: "Peut-on expliquer la vie ?"

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« Peut-on expliquer la vie ? Corrigé. Remarques préliminaires. Il faut qu’une dissertation ait une certaine unité. Même si votre thème est très vaste, et polysémique, évitez de vouloir parler de tout à chaque sujet. La différence entre vivant et vécu est réel, mais il faut savoir la manier avec prudence, sinon votre dissertation risque d’apparaître rhapsodique. On pouvait certes montrer qu’il est différent de prétendre expliquer la vie en tant que « vivant » qu’en tant que « vécu ». Mais il ne fallait pas que cela conduise à traiter deux questions totalement différentes. De même, « peut-on » n’a pas que le sens de la « possibilité » en français (si je demande « est-ce que je peux taper sur mon petit frère », cela veut dire : est-ce que j’en ai le droit). Mais le sens premier est bien la possibilité : le sens juridique est second et dérivé. Il fallait donc traiter avant tout de la possibilité, qui est une question suffisamment riche : il y a avait danger à ce que le passage au « est-ce que j’ai le droit de… » apparaisse comme une forme d’échappatoire. Il n’était certes pas interdit de faire une troisième partie sur le « vécu » (du genre : il ne faut pas expliquer la vie, il faut la vivre) ou sur le « quid juris » (du genre : il est interdit d’expliquer la vie, car cela conduit tout droit aux horribles manipulations génétiques des nazis et de Frankenstein), mais cela a été fait souvent de manière maladroite. Demandez-vous d’abord si la question posée n’est pas en elle-même suffisamment riche et complexe pour ne pas la transformer à tout prix. J’ai donc pris le parti pris inverse, pas seulement par choix philosophique, mais surtout à des fins pédagogiques : traiter entièrement le sujet du point de vue épistémologique (au sens large du terme). Il me semble que la véritable opposition n’était pas entre le vivant et le vécu, mais bien entre le vivant et la vie : en d’autres termes, est-ce qu’expliquer le vivant rend justice à la vie dans le vivant ? Et, du coup, peut-on dire que les explications physico-chimiques expliquent même quelque chose du « vivant » ? Puisqu’aussi bien on le réduit peu ou prou à de l’inerte. Le plan est donc le suivant : on montre d’abord qu’expliquer serait trouver les causes fondamentales de la vie, ce qui semble impossible ; il ne reste donc plus que l’explication mécanique, mais elle laisse échapper l’essentiel ; d’où vient finalement notre impuissance fondamentale à expliquer la vie, et ne nous laisse-t-elle aucune issue ? Bonne lecture. Dissertation rédigée (Intro, et deux premières parties in extenso ; troisième partie résumée). *Introduction. « Grise est la théorie, vert est l’arbre d’or de la vie » (Faust, I) : par cette moquerie profonde, Méphistophélès cherche à détourner l’étudiant Wagner du sérieux de l’étude, à l’attirer dans l’univers chatoyant de la jouissance, celle que Faust a lui-même choisi en passant le pacte célèbre. La théorie, la philosophie, la science, Faust y renonce pour le plaisir. Et pourquoi, sinon parce que cette théorie s’est révélée inapte à révéler les secrets de la nature, des germes »

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