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GT : Parcours : alchimie poétique, la boue et l'or. Texte 2 : Rimbaud, "Vénus anadyomène"

Publié le 26/10/2022

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« GT : Parcours : alchimie poétique, la boue et l'or. Texte 2 : Rimbaud, "Vénus anadyomène". Introduction : Sonnet irrégulier (abab / cddc / eef / gfg) publié dans les Cahiers de Douai » en 1870.

L'irrégularité rend le paradoxe de cette représentation pleine de laideur de Vénus. Titre : « Anadyomène » signifie "qui sort de la mer, qui sort de l'eau".

Le titre est une allusion à la naissance de Vénus, déesse de la beauté née de l'écume (Aphrodite). Vénus est la déesse aussi de l'amour, inspiratrice du lyrisme. Sujet : description assez déplaisante de Vénus ou plutôt d'une femme anonyme jusqu'au vers 12, qui sort progressivement d'une baignoire pendant son bain.

Le titre doit donc être pris comme une dénomination ironique de la femme.

Le poème fait, au sens le plus large (un blason est un poème qui ne concerne en principe qu'une seule partie du corps), fait donc un blason général du corps féminin qui ne valorise pas la féminité : un contre-blason en fait. Plan du poème : Strophe 1 : Emergence d'une baignoire d'une tête de femme. Strophe 2 : Apparition d'autres parties très dévalorisées du corps : membres supérieurs jusqu'aux reins. Strophe 3 : Annonce de défauts, d'aspects particuliers du dos et de l'ensemble du corps ("le tout"). Strophe 4: Identification du nom de la femme ; le bas du corps et son horreur. Problématique : En quoi le sonnet est-il un portrait paradoxal, original de Vénus ? Lecture linéaire : Strophe I : Le début du sonnet dévoile peu à peu un objet (de façon déroutante) et une partie d'un corps.

Une comparaison au vers I conduit à la représentation morbide d'un contenant • « Comme d'un cercueil Les couleurs qui le caractérisent, le « vert » et le « blanc » renvoient la première à la saleté et la putréfaction des corps, à une certaine laideur esthétique, et la seconde à un matériau qui est la matière de l'objet décrit ici, matériau qui sert à la fabrication des boites de conserve entre autre : « fer blanc ». Le « cercueil » est le cadre d'une apparition comme l'indique « d'un » (e hors de), celle d'« une tête » mise en valeur par un contre-rejet.

Cette partie du corps lance alors la description physique de la personne.Le registre fantastique baigne le vers I : la « tête » avec la comparaison initiale semble être celle d'un défunt. Le vers 2 introduit la personne : « De femme » et rajoute à l'image d'un défunt avec la mention d'une toilette capillaire outrée (adverbe intensif « fortement n) : « à cheveux bruns fortement pommadés On apprête souvent le défunt pour lui donner une belle apparence.

La couleur des cheveux contraste avec la représentation de la Vénus du titre qu'on aime voir blonde.

L'abondance du produit capillaire donne un aspect assez vulgaire et artificiel à la chevelure. Au vers 3 le cercueil prend nom : « d'une vieille baignoire ».

Les enjambements des trois premiers vers ont rendu progressif le dévoilement de l'objet et ont joué sur le suspense.

La baignoire renseigne sur le lieu : une salle de bain, et le Iie dès lors à l'eau.

La « femme » sort donc la tête de son bain (« émerge »).

La sortie est longue ; elle dure comme le marque « lente ».

Elle est aussi comique, ce que souligne « bête Les deux qualificatifs, mis en valeur et isolés par les virgules, se rapportent cependant à la « tète » : une tête qui donc bouge avec difficulté et lenteur, et qui est gauche, maladroite.

Implicitement le poète indique que la vieillesse de la baignoire rejaillit sur celle de son occupante à considérer sa mobilité. Le vers suivant est l'affirmation de défauts (ou de manques au sens moderne, comme ceux qui caractérisent le dos au vers 6 : "court"; qui rentre" comme si une partie de chair manquait pour le Avec des déficits ») corporels, termes qui annoncent une description physique rendre sous le signe de la laideur.

Ces défauts sont ceux de la tête d'abord, puis débordent sur l'ensemble du corps qui se dévoile peu à peu.

L'expression « assez mal ravaudés » indique que les défauts physiques sont difficilement réparés.

Le poète utilise une métaphore de la couture : ravauder veut dire" raccommoder à l'aiguille, réparer, rapiécer de vieux vêtements".

Donc le terme renvoie à la téte d'une vieille femme, et annonce un corps dégradé par l'âge. L'ensemble de la strophe va à l'encontre de la Vénus que le titre annonce.

La suite du sonnet conforte cette vision dépréciative de la baigneuse. Strophe 2 : Elle dévoile peu à peu les autres parties du corps féminin, du haut au v.

5 : "col", "omoplates" vers le bas : "dos" (v.6) et "reins" au v.7. La laideur et les "déficits" dominent.

Au vers 5 le « col » (z le cou) est qualifié par des adjectifs rendant compte de sensations à la fois visuelles et tactiles pour "gras", et visuelles pour "gris". "Gras" implique une obésité d'un cou fort en graisse, adipeux en même temps que cela évoque la pommade excessive sur les cheveux, pommade imprégnant le cou.

Le cou ne semble pas dès lors nettoyé.

"Gris" connote la saleté, un teint de peau fané, une couleur cadavérique. Les épaules sont réduites à leur os (métonymie) : "omoplates", comme si l'os saillait du corps à cause d'une maigreur extrême.

L'adjectif « larges », hyperbolique, dévalue la beauté des épaules : l'os s'affiche à la vue par son espace intense. Au vers 5 le rejet de "Qui saillent" matérialise la démesure des omoplates, leur débordement et leur relief, affirme aussi la maigreur du corps ou la minceur de la peau.

La femme n'a plus que la peau sur les os. A l'inverse le « dos » est "court" ce qui écrase la taille de la femme ; il est difforme ce que renforce les deux verbes antithétiques : « qui rentre et qui ressort La femme a un dos qui ressemble à des montagnes russes, ondule en creux et.... »

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