Limite de Shockley Queisser
Publié le 17/02/2026
Extrait du document
«
Introduction : Les panneaux solaires permettent de transformer l’énergie lumineuse du Soleil
en énergie électrique.
D’après EDF, l’énergie solaire photovoltaïque représente aujourd’hui
environ 4,6 % de la production totale d’électricité en France, et cette part continue
d’augmenter chaque année.
Cependant, leur rendement reste limité : une partie importante de
l’énergie reçue n’est pas convertie en électricité.
On peut alors se demander s’il existe une
limite physique au rendement des cellules photovoltaïques.
En 1961, Shockley et Queisser
ont répondu à cette question en établissant une limite théorique du rendement des cellules
solaires à une seule jonction.
Nous verrons d’abord comment fonctionne une cellule
photovoltaïque, puis le principe de la limite de Shockley-Queisser, avant d’étudier les
moyens de la dépasser.
I.
Le fonctionnement d’un panneau solaire
Avant de se pencher sur cette limite, il s'agit de comprendre le fonctionnement des cellules
photovoltaïques.
Une cellule photovoltaïque est composée d’un semi-conducteur, le plus
souvent du silicium.
Ce matériau se caractérise par sa bande interdite (ou gap), qui
correspond à l’énergie minimale qu’un électron doit recevoir pour pouvoir se déplacer et
produire un courant électrique.
La lumière du Soleil est constituée de photons, des particules
qui transportent l’énergie lumineuse.
Lorsqu’un photon frappe le silicium, deux situations
sont possibles, si son énergie est trop faible (inférieure au gap), il ne peut pas libérer
d’électron et il n’y a pas de courant, mais si son énergie est suffisante, il peut arracher un
électron à un atome de silicium.
Cet électron se met alors en mouvement.
Cependant, pour
produire un courant électrique utilisable, le mouvement des électrons doit être orienté dans un
seul sens.
Pour cela, la cellule est constituée de deux couches de silicium dopées
différemment.
La face exposée au Soleil est dopée avec du phosphore, ce qui la rend riche en
électrons : on l’appelle la zone N.
L’autre face est dopée avec du bore, ce qui la rend pauvre
en électrons et riche en « trous » : c’est la zone P.
Le contact entre ces deux zones forme une
jonction P-N.
Cette jonction crée un champ
électrique interne.
Lorsque les photons
libèrent des électrons, le champ électrique
force les électrons à se déplacer vers la zone
N, tandis que les « trous » se déplacent vers la
zone P.
Les électrons sont ensuite récupérés
par des contacts métalliques et circulent dans
un circuit extérieur, ce qui produit un courant
électrique continu.
Enfin, une couche
anti-reflet est ajoutée à la surface de la cellule
afin de limiter la réflexion de la lumière et
d’augmenter le nombre de photons absorbés.
II.
Fonctionnement de la limite
En 1961, Shockley et Queisser cherchent à déterminer le
rendement maximal possible d’une cellule solaire à une seule
jonction P-N, en supposant une cellule parfaite, sans défauts
matériels.
Ils utilisent une approche théorique basée sur le
principe d’équilibre détaillé.
Ce principe signifie que, à
l’équilibre, le nombre de processus dans un sens est compensé
par le nombre de processus inverses.
Dans une cellule solaire,
cela revient à dire que le nombre de photons absorbés est limité
par le nombre de photons réémis, ce qui impose une limite à....
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