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Qu'est-ce que le platonisme ?

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I. LES IDÉES ET LES OMBRES    — A — De la sensation à l'Idée.    Les contradictions des sensations et les insuffisances de la connaissance sensible (Cf. le Théétète) conduisent Platon à chercher la vérité au-delà du monde sensible dans le monde intelligible ou monde des Idées. Il ne saurait y avoir de vérité, en effet, dans cet écoulement perpétuel qui s'offre à nos sens. Le vrai d'une chose, c'est son essence, immuable et parfaite, que Ton ne peut saisir qu'avec l'intelligence seule. « Nous avons coutume de poser une idée distincte pour chacune des multitudes auxquelles nous donnons le même nom » (Phèdre). Le caractère essentiel de cette idée est d'être « une dans une multitude » (Rep. X). Ce sont les Idées du monde intelligible qui donnent un sens aux apparences du monde sensible (Mythe de la caverne, Rep. VII). Aussi longtemps que l'on s'en tient aux apparences, on reste dans le domaine de l'opinion, et l'opinion vraie n'est pas encore la science (symbole de la ligne, Rep. VI).    — B — La réminiscence.    Savoir vraiment c'est savoir par les causes c'est-à-dire expliquer par les principes, rendre raison. Mais, tandis que le savant pose les principes pour expliquer les apparences, le dialecticien part de ces principes pour s'élever jusqu'aux Idées qui les fondent et à l'Idée suprême qui est l'Idée du Bien. Ces Idées, nous les connaissons lorsque « l'œil de l'âme » se tourne vers elles, ou plutôt nous les reconnaissons parce que l'âme a vécu dans le monde des Idées avant de s'incarner dans un corps et de tomber dans le monde sensible (mythe de l'attelage ailé dans le Phèdre). Ainsi la connaissance vraie est réminiscence : « chercher et apprendre n'est autre chose que se souvenir » (Ménon). Par exemple c'est en nous ressouvenant de l'Égalité en soi que nous pouvons dire que des choses sensibles sont égales, car elles ne le sont jamais parfaitement (Cf. le Phédon). C'est notamment l'amour des belles choses qui nous arrache du monde sensible pour nous élever jusqu'au monde des Idées, si bien que «l'amour est philosophe » (Banquet) et que c'est au contact de la beauté que les ailes de l'âme commencent à repousser (Cf. Phèdre).

« I.

LES IDÉES ET LES OMBRES — A — De la sensation à l'Idée. Les contradictions des sensations et les insuffisances de la connaissance sensible (C f.

le Théétète) conduisent Platon à chercher la vérité au-delà du monde sensible dans le monde intelligible ou monde des Idées.

Il ne saurait y avoir de vérité, en effet, dans cet écoulement perpétuel qui s'offre à nos sens.

Le vrai d'une chose, c'est son essence, immuable et parfaite, que Ton ne peut saisir qu'avec l'intelligence seule.

« Nous avons coutume de poser une idée distincte pour chacune des multitudes auxquelles nous donnons le même nom » (Phèdre).

Le caractère essentiel de cette idée est d'être « une dans une multitude » (Rep.

X).

Ce sont les Idées du monde intelligible qui donnent un sens aux apparences du monde sensible (Mythe de la caverne, Rep.

VII).

Aussi longtemps que l'on s'en tient aux apparences, on reste dans le domaine de l'opinion, et l'opinion vraie n'est pas encore la science (symbole de la ligne, Rep.

VI). — B — La réminiscence. Savoir vraiment c'est savoir par les causes c'est-à-dire expliquer par les principes, rendre raison.

Mais, tandis que le savant pose les principes pour expliquer les apparences, le dialecticien part de ces principes pour s'élever jusqu'aux Idées qui les fondent et à l'Idée suprême qui est l'Idée du Bien.

Ces Idées, nous les connaissons lorsque « l'œil de l'âme » se tourne vers elles, ou plutôt nous les reconnaissons parce que l'âme a vécu dans le monde des Idées avant de s'incarner dans un corps et de tomber dans le monde sensible (mythe de l'attelage ailé dans le Phèdre).

Ainsi la connaissance vraie est réminiscence : « chercher et apprendre n'est autre chose que se souvenir » (Ménon).

Par exemple c'est en nous ressouvenant de l'Égalité en soi que nous pouvons dire que des choses sensibles sont égales, car elles ne le sont jamais parfaitement (Cf.

le Phédon).

C'est notamment l'amour des belles choses qui nous arrache du monde sensible pour nous élever jusqu'au monde des Idées, si bien que «l'amour est philosophe » (Banquet) et que c'est au contact de la beauté que les ailes de l'âme commencent à repousser (Cf.

Phèdre). — C — Les Idées et l'Être. Les Idées sont les vraies réalités car le parfait est plus réel que l'imparfait.

Ainsi les choses sensibles n'existent que parce qu'elles participent aux Idées ; elles ne sont que des reflets des Idées (Cf.

le mythe du Démiurge dans le Timée).

Toutefois il ne faut pas se représenter ces Idées comme des réalités isolées et figées ; elles participent les unes des autres (communication des genres), c'est-àdire que l'idée est relation et que le propre du dialecticien est précisément de saisir correctement ces relations, par analyse et synthèse : « je suis fort amoureux de ces divisions et de ces rassemblements » (Phèdre).

Il faut aller toujours du multiple à l'un et de l'un au multiple.

La connaissance suppose donc une double participation : des sensations aux idées et des idées entre elles.

De la multiplicité mouvante et contradictoire des sensations, il faut s'élever à l'idée une, éternelle, immuable, mais chaque idée n'existe que par rapport aux autres et la science est avant tout une analyse de ces rapports qui constituent le monde intelligible où règnent beauté, vérité et mesure (Philèbe). II.

LA JUSTICE — A — Le plaisir et la science. Contre les Sophistes (Gorgias) qui voyaient le bonheur dans le pouvoir et les plaisirs qu'il procure, Platon soutient que seul le juste est heureux et qu'il vaut même mieux subir l'injustice que la commettre.

Ce que le sage cherche avant tout c'est la santé de l'âme et Platon a d'abord pensé qu'il ne pouvait l'atteindre qu'en « fuyant d'ici-bas vers là-haut» (Phèdre), c'est-à-dire en se détachant du monde sensible où tous nos plaisirs sont mêlés de douleur et où ce tombeau qu'est le corps nous entrave dans notre recherche de la vérité (Cf.

le Phédon).

Toutefois il faut bien accepter la condition humaine et le prisonnier doit revenir dans la Caverne après son voyage dans le monde de Idées ; on ne peut renoncer tout à fait au plaisir, il faut seulement le mettre à sa vraie place dans la hiérarchie des biens (Cf.

le Philèbe).

Ce n'est pas seulement.

dans les Enfers (Gorgias), mais dans ce monde même (République), que la justice nous assurera le bonheur. — B — Le sac de peau. « Nul ne fait le mal volontairement » (Timée), car celui qui fait le mal se trompe sur son vrai bien : « se laisser vaincre par le plaisir est la pire des ignorances [...].

Se vaincre est savoir » (Protagoras).

L'homme est, en effet, un être composé d'une âme intelligente (la raison) qui cherche le savoir et la sagesse, d'une âme enthousiaste (le cœur) portée vers la victoire et les honneurs, et d'une âme avide (les appétits) éprise de plaisirs et de richesse (image du sac de peau dans la République; mythe de l'attelage ailé dans le Phèdre).

Son intérêt est d'être gouverné par la prudence, ce qui suppose le courage et la tempérance ; lorsque chaque âme accomplit ainsi sa fonction propre, l'homme est à la fois juste et heureux.

De l'intéressé, de l'ambitieux et du philosophe, en effet, seul le philosophe connaît le vrai bonheur car il est le seul à pouvoir juger sainement de la valeur des différents plaisirs.

Ainsi la science est vertu et bonheur.

Dès cette vie le châtiment est lié à chacune de nos fautes et c'est nous qui choisissons librement notre destinée (mythe d'Er, Rep.

X) nous jetant dans le malheur par aveuglement. — C — La C ité. La cité parfaite se composera de trois classes correspondant aux appétits, au cœur et à la raison : les artisans, les guerriers, les philosophes ou gouverneurs.

La justice règne lorsque chaque classe accomplit sa fonction propre : « L'état nous a paru juste quand chacune de ses trois parties s'occupait de sa propre tâche » (République).

Un pareil État est une monarchie ou une aristocratie.

Il dégénère en timocratie lorsque les guerriers s'emparent du pouvoir et en oligarchie lorsque les riches gouvernent.

De là des révoltes qui engendrent la démocratie, laquelle tourne spontanément à l'anarchie, d'où naît la tyrannie.

Dans la cité parfaite la raison règne despotiquement : les guerriers ne doivent rien posséder en propre (communisme) ; l'éducation des enfants (gymnastique, musique, science) échappe aux parents pour revenir à l'État qui réglemente aussi les arts (Homère chassé de la cité) et la religion (Cf.

la théorie du despotisme éclairé).

Mais dans l'État comme dans l'individu, c'est l'harmonie qui fait la justice et le bonheur.. »

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