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Pourquoi vivons-nous ensemble ?

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« L'homme dès sa naissance vit entouré d'abord de sa famille puis peu à peu d'inconnus qu'il rencontre au grès de son parcours. Nous vivons tous dans une société mais vraiment réfléchir à ce fait tant il est naturel et acquis pour nous. Pourtant, les relations humaines sont loin d'être simples et les autres sont souvent source de menace ou de conflit. L'autre met fin à ma liberté illimitée et entre en contact avec moi sous le signe de la lutte. Pourtant, l'homme n'a-t-il pas besoin des autres pour survivre ? Ne vivons nous pas ensemble pour être en sécurité, par nécessité ? Mais l'amitié n'est-elle pas possible ? L'autre ne nous permet-il pas, au-delà de la sécurité, de nous épanouir et de nous faire accéder pleinement à l'humanité ? L'autre me menace Nous en faisons l'expérience tous les jours. Nous sommes en compétition permanente avec autrui que ce soit pour un travail, pour la meilleure place dans le bus ou à un concert. Autrui semble plutôt être une menace pour moi et m'empêche de jouir pleinement du monde. Pour Sartre, tant que les autres ne sont pas présents, je vois le monde comme ma possibilité mais dès qu'autrui apparaît avec sa liberté, le monde se donne comme sa possibilité. Kant n'hésite pas à dire que l'homme "abuse à coup sûr de sa liberté à l'égard de ses semblables"( Philosophie de l'histoire). De même que Rousseau affirme que "on fait souvent ce qui déplaît à autrui." Beaucoup de philosophes admettent que l'homme est naturellement insociable et que le propre de toute relation inter-humaine est le conflit. Hegel voit ainsi le conflit comme base de ma relation avec les autres individus. Toute conscience veut se faire reconnaître par une autre conscience et cherche l'asservissement d'autrui pour assurer sa supériorité et sa survie. « Il ne sert à rien à l'homme de tuer son adversaire.[…] Il ne doit le supprimer qu'en tant qu'opposé à lui et agissant contre lui »( Kojève, Introduction à la lecture d'Hegel) Nous vivons ensemble par nécessité Pourtant, beaucoup de philosophes reconnaissent que les hommes vivent ensemble pour leur sécurité et leur survie. C'est ce que Kant appelle l'insociable sociabilité de l'homme. Les hommes ne veulent pas vivre ensemble mais se rassemblent parce qu'ils savent que cela est nécessaire pour leur survie. Il est plus sécurisant de vivre à plusieurs, la réciprocité des services permet à chacun de vivre mieux et de ne pas être à la merci des conditions et des phénomènes naturels. Pour Hobbes, les hommes se sont formés en société parce que l'état de nature, où chacun faisait ce qu'il veut, était un état de guerre perpétuel, une inquiétude permanente pour sa propre sécurité. En rentrant en société, ils lèguent ainsi à l'état leur liberté pour que celui-ci les protège. De plus, par la division du travail, il est devenu nécessaire pour chacun de pouvoir échanger le produit de son travail avec ce dont a besoin et qui est produit par mon voisin. La communauté des autres hommes me permet d'échanger et de m'épanouir Cependant, cela semble réduire la communauté des hommes à un contrat que chacun hait. Mais il y a bien plus dans la relation aux autres. Nous pouvons éprouver des sentiments d'amitié, d'amour ou de sympathie. Aristote affirmait ainsi que l'homme était un animal social et dans Ethique de Nicomaque, il ne voyait pas l'avantage d'être heureux, de posséder fortune et savoir si on ne pouvait pas partager cela avec un ami. Nous vivons ensemble pour pouvoir partager autant nos peines que nos joies, parce que la présence des autres nous apportent plaisir. De plus, nous vivons ensemble dans un groupe qui vit selon certaines valeurs auxquelles j'adhère aussi. C'est pour cela que Vico affirme que les sociétés qui oublient les valeurs sur lesquelles elles sont fondées sont promises au déclin et au chaos.( La science nouvelle) Enfin, c'est par ce partage, par ce dialogue avec autrui que je puis véritablement accéder à mon humanité. Les découvertes d'enfants sauvages affirment ce fait. Par la relation aux autres, je m'élève au-dessus de ma subjectivité pour reconnaître que je ne suis pas le seul sujet. Par le dialogue, c'est reconnaître la pensée d'autrui et c'est là le commencement de l'humanité. Pour le philosophe allemand Gadamer, le dialogue est "la véritable élévation de l'homme à l'humanité". Ainsi, les autres personnes qui m'entourent mettent à mal mes possibilités dans le monde, elles sont en concurrence avec moi dans ma course au bonheur et au bien-être. Nous ne vivons alors ensemble parce que nous savons que cela est nécessaire, que nous ne pourrions pas survivre sans l'apport des autres, de leur sécurité. Mais cela s'avère très réducteur et penser la société au sens large de telle manière, c'est s'exposer à toujours plus de conflits et de luttes. En réalité, la communauté des hommes me permet de partager des joies communes mais aussi des peines communes et cela donne plus de sens et de savoir à notre existence. De plus, je partage avec ma communauté les mêmes valeurs et c'est à partir de cela que je peux rencontrer l'autre et m'élever avec lui vers une pleine humanité, faite de respects et d'échanges. »

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