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Pourquoi nos désirs ne sont-ils pas toujours raisonnables ?

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« Dans le sujet, tout se passe comme si on partait du principe qu'il existe des désirs raisonnables et d'autres qui ne sont pas raisonnables.

Comment se fait-il que certains désirs correspondent, sont en adéquation avec la raison, et que d'autres la dépassent ? Nous devons nous interroger sur l'essence du désir.

Qu'est-ce qu'un désir ? Le désir est un état qui nous porte à l'action et dans lequel l'objet visé n'est présent que par son absence.

Le désir est donc la marque du manque.

Qu'y a-t-il donc dans cette définition d'incompatible avec la raison et plus précisément avec le raisonnable ? Le raisonnable est l'objet sur lequel on peut raisonner. Autrement dit, l'on peut émettre à propos de cet objet une pensée réfléchie et en dehors de toute passion : c'est donc une réflexion sereine et posée.

Ce qui semble séparer le désir et la raison se trouve dans la durée.

En effet, il semble que le désir soit inconstant, soumis aux passions et à leurs virevoltements, tandis que la raison est constante.

Mais alors peut-on avoir une réflexion ‘raisonnable' face aux désirs ? Un désir est-il un objet raisonnable ? Quelle est cette inconstance du désir qui échappe à la raison ? I. Le désir est irraisonnable par nature. Platon, dans le Gorgias montre qu'un comportement désirant est par nature hors de la raison. L'auteur témoigne de cette idée par une image.

Il explique que quelqu'un qui désire est comme un tonneau percé : l'on désire sans cesse, et toujours plus, sans jamais atteindre un quelconque but.

Ainsi, comme le tonneau percé n'est jamais rempli puisqu'il se vide constamment, l'homme désirant n'est jamais heureux car il est toujours vide de quelque chose. Ainsi nous comprenons que lorsque nous désirons, nous sommes toujours dans un état de manque et d'incomplétude.

A contrario, lorsque nous raisonnons notre âme se ressouviens d'une vérité qu'elle avait oublié.

Dans le raisonnement notre âme se joint donc à une Idée pour devenir toujours plus complète.

Nos désirs sont irraisonnables car ils ne sont pas ‘pleins', mais ‘vide'.

Autrement dit, ils ne conduisent pas l'homme vers la perfection et la connaissance (comme le fait la raison), mais bien vers le manque et la frustration toujours grandissante.

Ainsi nos désirs ne sont pas parfois raisonnables, et d'autres fois irraisonnables, mais ils sont toujours irraisonnables en ce sens que notre raison nous conduit à ne pas désirer.

Pourtant, il me semble que certains désirs sont satisfaits et me conduisent vers le bien, comme par exemple lorsque je désire philosopher.

Le désir est-il vraiment incompatible par nature avec la raison ? II. Le désir raisonnable s'atteint au prix d'un effort. Epicure explique qu'il existe différentes sortes de désir.

Il y a des désirs naturels, et d'autres qui sont vains.

Ceux qui correspondent à l'image des tonneaux sont ceux de cette dernière sorte.

Parmi les désirs naturels, certains sont nécessaires.

Comme par exemple, désirs de manger, de boire, de philosopher.

Parmi cette dernière sorte, certains désirs mènent au bonheur.

Ainsi lorsque je mange ou que je bois, je me tiens en vie, mais si je le fais, entouré d'ami et dans une juste mesure, alors je me dirige vers le bonheur.

Un désir raisonnable mène donc au bonheur.

Le désir raisonnable nécessite que l'on ait fait un effort de réflexion, c'est-à-dire que l'on soit passer outre les désirs vains.

En effet, qui ne désirerait pas passer outre mesure, c'est-à-dire manger et boire à outrance, faire des orgies entouré d'une multitude d'ami ? L'homme du commun qui désire cela sera toujours insatisfait et dans le manque perpétuel décrit par Platon, car il fera entrer, dans un désir qui pourrait être raisonnable, la démesure, et l'inconstance.

Mais alors, si l'on peut, au prix d'un effort réflexif, se réjouir et connaître le plaisir d'un désir de juste mesure, doit-on toujours s'efforcer de désirer ainsi, c'est-à-dire désirer dans une juste mesure uniquement ce qui est désirable raisonnablement ? III. Il est nécessaire que les désirs ne soient pas toujours raisonnables. Pascal dans les Pensées (136) nous montre qu'il est important, voir même essentiel que l'homme ait des désirs irraisonnables tels que vouloir être divertit perpétuellement.

En effet l'homme a besoin de ces désirs vains, car ils lui permettent justement d'échapper à la raison.

Il existe donc des désirs irraisonnables, car leur but est de détourner l'homme de la raison.

Mais pourquoi ? L'homme qui n'a pas de désirs irraisonnables est toujours dans la raison et dans la réflexion.

Mais à quoi l'homme peut-il bien réfléchir ? A sa propre finitude.

L'homme raisonnable même dans ses désirs ne survivrait pas, et serait toujours malheureux, car il ne pourrait échapper à cette pensée qu'il est fini, et va mourir.

Ainsi il existe des désirs raisonnables et irraisonnables, car l'homme a besoin d'être divertit pour ne pas penser à sa propre mort. Comme l'écrit Pascal : sans le divertissement point de bonheur, avec le divertissement point de malheur.

L'homme doit donc avoir des désirs raisonnables, pour s'inscrire dans ce monde et connaître la joie, mais il doit aussi avoir des désirs irraisonnables pour l'empêcher de penser à lui-même et sa nature finie. Conclusion : - - Lors d'une première approche il semble que nos désirs soient toujours irraisonnables et ne conduisent qu'au manque. Mais nous avons vu que pour que nos désirs soient raisonnables, il fallait faire un effort réflexif qui nous conduise aux désirs naturels nécessaires et jouissifs. Enfin, il est nécessaire pour la survie de l'homme que ce dernier connaissent des désirs raisonnables mais aussi irraisonnables.

Nos désirs ne sont pas toujours raisonnables, car l'homme a besoin d'échapper, parfois, à la raison.. »

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