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L'État peut il utiliser la force ?

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« Introduction : • Bien définir les termes du sujet : - « Etat » : c'est un ensemble organisé d'institutions, sous un gouvernement autonome et sur un territoire indépendant. Il est artificiel, c'est-à-dire qu'il a été créé par les individus (=on n'en trouve pas d'exemple dans la nature) pour permettre leur rassemblement, leur sécurité, et leur bien-être. L'Etat garantit une coexistence pacifique, en légiférant les rapports entre les hommes. - « Force » : c'est un principe neutre de puissance ou d'action, une contrainte physique extérieure exercée par un individu ou une entité sur un autre individu ou entité. Lorsque ce pouvoir est associé à l'Etat, il semble s'apparenter à l'oppression ou à une forme de violence, car contraire au but recherché par l'Etat. - « Peut-il » : il s'agit de savoir si l'Etat en a la possibilité et la capacité, et de manière plus précise, s'il en a le droit, si cela est légitime. • Construction de la problématique : Le sujet demande de répondre à la question par non ou oui, mais ne précise pas quelle est la nature de la force, ni contre qui elle se dirige ; il faut donc envisager toutes les possibilités : la force utilisée contre l'individu mais aussi contre les autres Etats, et la force comme puissance physique (=combat visible) et comme pouvoir d'oppression (= combat invisible). L'emploi de l'article indéfini "la" force plutôt que "sa" souligne que la force n'est pas le propre de l'Etat, et que de ce fait, son usage pose problème. à Si l'on considère que l'Etat a été créé par les individus pour échapper à la violence de l'état de nature, il serait contradictoire de lui octroyer la possibilité d'utiliser la force contre ces mêmes individus. Il s'agit donc de voir contre qui l'Etat utilise la force, dans quelles circonstances, et si cet usage est légitime. Plan : I/ L'usage de la force est nécessaire pour faire régner la loi : La manifestation la plus visible de la force d'un Etat est la guerre. Il semblerait que dans ce cas, l'usage de la force soit non seulement légitime, mais nécessaire. • Cf. Projet de paix perpétuelle (Kant), tout comme pour les individus à l'état de nature, il n'existe pas de relation juridique entre les Etats, ni de contrainte extérieure qui oblige à respecter le droit. à Si l'Etat se croit lésé, le seul moyen pour lui de faire valoir son droit, est d'utiliser la force, et de faire la guerre. à L'usage de la force est légitime, l'Etat doit assurer la sécurité des citoyens, seule la guerre permet d'y parvenir. • La sécurité des citoyens doit aussi être assurée à l'intérieur de l'Etat. Et si on considère avec les théoriciens du contrat social que l'homme est naturellement un être individuel dont la liberté est coextensive à sa puissance, alors nous devons admettre que le rassemblement des hommes en une communauté doit être régi par des lois, et que le respect de ces lois implique un pouvoir coercitif. Cf. Hobbes, Le Léviathan : un pouvoir coercitif (=le Léviathan) est nécessaire pour contraindre également tous les hommes à l'exécution de leurs conventions (le châtiment infligé en cas de non respect de la convention doit être plus grand que l'avantage retiré de l'infraction) à La sécurité de l'Etat étant la priorité, le Léviathan qui a tous les pouvoirs, peut user de la force pour soumettre un individu qui, par son comportement met en danger la sécurité de l'Etat. En dehors de l'Etat, les hommes jouissent d'une liberté absolue. Mais chacun disposant de la même liberté absolue, tous sont exposés à subir des autres ce qui leur plaît. La constitution d'une société civile et d'un État oblige à une nécessaire limitation de la liberté : il n'en reste que ce qu'il faut pour vivre bien et vivre en paix. Chacun perd de sa liberté cette part qui pouvait le rendre redoutable pour autrui. Dans l'état de nature, chacun jouissait d'un droit illimité sur toutes choses, mais tous disposant du même droit, nul n'était assuré de ne rien posséder durablement. L'État garantira la sécurité d'un droit de propriété limité. Enfin, dans l'état de nature, chacun était exposé à la menace d'autrui : il pouvait être à tout instant dépouillé de ses biens et tué. Dans une société civile, seul le pouvoir de l'État s'arroge ce droit. Un Etat capable de protéger tous les citoyens de la violence des uns et des autres, de garantir la sécurité de leurs corps et de leurs biens, de leur assurer la jouissance des fruits de leur travail, de faire régner la paix, la civilité, le savoir et la sociabilité ne peut être que despotique. Pour sortir les hommes de l'empire des passions, de la guerre, de la crainte, de la pauvreté, de la solitude, de l'ignorance et de la férocité, l'État est une puissance absolue, instituée en vue de la paix et de la sécurité. "Quiconque a droit à la fin, a droit aux moyens." Chaque homme ou assemblée investis de la souveraineté sont juges absolus de tous les moyens nécessaires pour protéger ou garantir cette fin. "Une doctrine incompatible avec la paix ne peut pas davantage être vraie, que la paix et la concorde ne peuvent être contraires à la loi de nature." La seule manière d'ériger un État est que tous confient leur pouvoir et leur force à un seul souverain (homme ou assemblée). Toutes les volontés doivent être réduites à une seule volonté. L'État n'est pas un consensus ou une concorde, mais une unité réelle de tous en une seule et même personne. »

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