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Le travail implique t-il un rapport de force ?

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« La définition physique du mot permet, en premier lieu, de donner toute sa légitimité au sujet donné.

En effet, le travail peut être, de ce point de vue, défini comme le produit scalaire de la force et du déplacement (Wab = Fa b . AB).

Ainsi le travail ainsi compris semble bien à voir avec un certain rapport de force.

Cependant, il faut immédiatement s'interroger sur ce rapport de force, que représente-t-il concrètement ? Quelles forces met-il précisément en rapport ? On peut d'emblée remarquer que la seule définition physique du mot ne suffit pas à résoudre ces interrogations. Le terme d' « implication », quant à lui, tend à radicaliser ce lien entre « travail » et « rapport de force » dans la mesure où il pointe une relation de nécessité logique entre les deux. Or, on peut douter que l'ensemble des activités que l'on rassemble sous le terme travail nécessite obligatoirement un rapport de force : il s'agira tout au long de la dissertation de faire jouer les différentes acceptations possibles du mot « travail » pour résoudre le problème. En effet, le travail peut renvoyer à plusieurs processus : - - (1) une activité pénible, qui nécessite un effort en vue d'une certaine réalisation. (2) une production matérielle.

C'est ce qu'Aristote, dans l'Ethique à Nicomaque appelle poïesis, à savoir une activité délibérée et ordonnée de laquelle résulte une oeuvre matérielle (activité spécifiquement humaine) (3) une transformation du milieu et, du même coup, du travailleur lui-même. (4) une production intellectuelle ou un service (l'enseignement, la recherche ou tout autre service entrant dans le secteur tertiaire, sont considérés comme des travaux et sont rémunérés en conséquence). Dans chaque cas, il convient de se demander si rapport de force il y a, et le décrire. Dans les cas (1), (2) et (3), on peut supposer que le travail implique un rapport de force entre l'homme et la nature. L'homme, en effet, use de sa force physique pour transformer la matière, c'est-à-dire lui donner forme.

Mais est-ce le seul rapport de forces impliqué ? Avec Hegel puis Marx, on peut se demander si le travail n'entraîne pas également et plus fondamentalement un rapport de force entre des individus, ou encore entre des « classes de travailleurs ». En parlant de l'histoire de la « lutte des classes » et en la liant au travail, Marx semble faire du problème du rapport de forces le moteur de l'histoire humaine. Il faut bien comprendre que Marx pense le travail d'une part comme l'activité qui permet en puissance à l'homme de réaliser son essence, son humanité ; et de l'autre, dans sa forme moderne (le salariat) comme une chosification de l'homme qui devient alors étranger à sa propre nature (c'est ce qu'on appelle « aliénation »).

D'une certaine façon, l'homme peut actualiser son essence dans et par le travail que dans la mesure où le travail n'est plus qu'un moyen de satisfaire des besoins mais où il est lui-même un besoin à part entière (et où l'homme serait sa propre fin).

On pourrait donc dire que, pour Marx, c'est quand le règne de la nécessité et du pur rapport de force prend fin, que le travail commence vraiment à être ce qu'il est par essence. Le cas (4) pose une difficulté complémentaire dans la mesure où il invite à penser que le travail ne se réduit plus à une production de biens matériels, mais qu'il englobe aussi le secteur des services ou les échanges immatériels, voire les productions intellectuelles.

Cette conception du travail, par exemple, n'existait pas dans l'Antiquité grecque où l'on considérait les productions théorétiques comme appartenant au domaine de la skolè (littéralement « loisir », mais ce qui s'oppose radicalement à la notion d'oisiveté).

Cela permet de penser le travail ni comme un rapport de force avec la nature, ni comme un rapport de force entre les hommes mais plutôt comme une certain service mutuel ou une relation de réciprocité. Le sujet invite donc à :. »

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