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Le travail est-il la seul forme d'intelligence ?

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- On appelle travail l'activité qui consiste, pour un sujet, à fournir un effort répété en vue de la production ou de la modification d'un objet. L'intelligence, quant à elle, est un mode de rapport au monde dont la spécificité est la  conscience et la réflexion. En ce sens, elle s'oppose à d'autres rapport au monde comme par exemple l'instinct qui, lui, est immédiat et irréfléchi.  - Le propre de l'intelligence est de rompre l'immanence du sujet au monde. En effet, pour l'être intelligent, le monde n'est pas seulement ce à quoi il appartient et ce qui s'impose mais aussi ce qui peut être connu et compris. Corrélativement, ses actes ne sont plus spontanés, mais réfléchis et intentionnels. C'est-à-dire que l'être intelligent est capable de choisir et d'entreprendre l'action qui sera pour lui la plus utile à court ou à long terme. Il semble alors que le travail soit l'incarnation pratique de cette transcendance du sujet intelligent par rapport au monde. En effet, celui qui dispose d'une distance réflexive par rapport au monde peut également prétendre le modifier, afin de l'adapter à ses propres fins. Or, qu'est-ce que le travail sinon ce processus même de modification du monde? Le travail serait alors la manière dont se manifeste concrètement l'intelligence. Cependant, doit-on dire alors dire que tout temps de loisir correspond à une régression en deçà de l'intelligence? N'y a-t-il pas certains loisirs qui semblent être l'expression d'une intelligence (art, culture), alors que certains travails semblent au contraire en manifester l'aliénation (travail à la chaîne)?

« Introduction: - On appelle travail l'activité qui consiste, pour un sujet, à fournir un effort répété en vue de la production ou de la modification d'un objet. L'intelligence, quant à elle, est un mode de rapport au monde dont la spécificité est la conscience et la réflexion. En ce sens, elle s'oppose à d'autres rapport au monde comme par exemple l'instinct qui, lui, est immédiat et irréfléchi. - Le propre de l'intelligence est de rompre l'immanence du sujet au monde.

En effet, pour l'être intelligent, le monde n'est pas seulement ce à quoi il appartient et ce qui s'impose mais aussi ce qui peut être connu et compris. Corrélativement, ses actes ne sont plus spontanés, mais réfléchis et intentionnels.

C'est-à-dire que l'être intelligent est capable de choisir et d'entreprendre l'action qui sera pour lui la plus utile à court ou à long terme. Il semble alors que le travail soit l'incarnation pratique de cette transcendance du sujet intelligent par rapport au monde.

En effet, celui qui dispose d'une distance réflexive par rapport au monde peut également prétendre le modifier, afin de l'adapter à ses propres fins.

Or, qu'est-ce que le travail sinon ce processus même de modification du monde? Le travail serait alors la manière dont se manifeste concrètement l'intelligence.

Cependant, doit-on dire alors dire que tout temps de loisir correspond à une régression en deçà de l'intelligence? N'y a-t-il pas certains loisirs qui semblent être l'expression d'une intelligence (art, culture), alors que certains travails semblent au contraire en manifester l'aliénation (travail à la chaîne)? Problématique: L'être intelligent doit-il être assimilé à l'être qui travail ou, au contraire, l'intelligence se manifeste-t-elle dans les activités libérées des nécessités du travail? I) Le travail est la seule forme de l'intelligence: - L'intelligence est un mode de rapport au monde propre à l'homme, alors que les animaux se rapportent à ce qui les entourent sur le mode de l'instinct.

La spécificité de l'intelligence par rapport à l'instinct est décrite par Bergson à la fin du chap 2 de l'Évolution Créatrice: l'instinct impose à l'animal une réponse déterminée à la situation, au contraire l'intelligence laisse à l'homme le choix de sa réponse.

Alors que l'animal est prisonnier des stimulations qui lui imposent un geste, l'homme intelligent a, par rapport au monde, la distance de la réflexion, qui lui permet de choisir entre différents actes et différents moyens de les mettre en œuvre.

Ainsi, « La fonction essentielle de l'intelligence sera donc de démêler, dans des circonstances quelconques, le moyen de se tirer d'affaire ».

Le but de l'intelligence, comme de l'instinct, est une adaptation de l'individu au monde qui l'entoure.

Mais là où l'instinct impose à l'individu une manière de répondre à la situation, l'intelligence aménage une part d'indétermination et donc de choix de l'individu. - Si l'intelligence a un rôle utilitaire d'adaptation au monde qui nous entoure, alors le travail semble bien en être la seule manifestation.

En effet, c'est par le travail que nous produisons cette adaptation.

Nous commençons à travailler lorsque l'équilibre entre l'individu et son milieu est rompu: l'agriculture, par exemple, est mise en œuvre quand la simple cueillette ne suffit plus assurer la subsistance des hommes.

Et nous travaillons pour et jusqu'au rétablissement de cet équilibre.

Le travail est donc bien la seule forme de l'intelligence au sens de la faculté utilitaire que nous avons décrites.

Au contraire, les activités qui ne relèvent pas du travail (le loisir, le jeu), ne servent aucunement à notre survie et à notre adaptation au monde qui nous entoure.

Ce sont des activités superflues qui relèvent d'une autre partie de l'homme (l'imagination, la passion,…). Transition: C'est donc par le travail que l'intelligence se manifeste dans le monde, comme une capacité à le modifier. Cependant, il semble difficile de soutenir que le travail soit la seule forme de l'intelligence.

En effet, cela reviendrait à nier toute intelligence au sein des activités de loisir: le jeu, les arts et les lettres, c'est-à-dire toutes les activités qui constituent ce que nous appelons la « culture ».

Or, la culture n'est-elle pas au contraire la plus hautes forme de l'intelligence en ce qu'elle manifeste un dépassement total des besoins biologiques et vitaux? II)L'intelligence ne se manifeste dans les temps de loisir, lorsque cesse le travail - Le travail, si il est bien une forme de l'intelligence, en est une forme inférieure.

En effet, dans le travail, l'intelligence reste soumise aux besoins naturels et biologiques: nous travaillons pour produire de la nourriture, de quoi nous soigner ou nous abriter.

En ce sens, l'intelligence que travail ne pose pas elle-même ses propres fins.

Elle n'est qu'une intelligence des moyens, en vue de fins qui lui sont imposées de l'extérieures, sous la forme de la nécessité.

Ainsi le travail est une nécessité à laquelle nous devons nous plier et sacrifier une partie de notre temps et de notre énergie.

Il ne représente pas la manière dont l'intelligence s'épanouie et exprime librement sa propre essence.

C'est d'ailleurs pourquoi il est souvent conçu comme une malédiction.

Dans la Genèse par exemple, le travail est une des punitions que Dieu inflige à l'homme en le chassant du jardin d'Eden: « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». - Au contraire, c'est dans les moments de loisirs que l'intelligence est libre d'entreprendre des activités qui valent pour elles-mêmes et qui correspondent donc à son épanouissement propre.

Ce n'est que lorsqu'elle est débarrassée des nécessités du travail que l'intelligence peut véritablement s'exprimer.

Ainsi, comme l'explique Hannah Arendt dans la Condition de l'homme moderne, les grecs valorisaient les loisirs comme étant le propre de l'homme libre. Contrairement à l'esclave qui travail et se plie donc aux exigences biologiques, l'homme libre, lui, est dégagé de toutes ces contraintes.

Ce n'est qu'à cette conditions qu'il peut s'adonner aux plus hautes activités: les arts, les. »

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