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Le « je » est-il un autre ?

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« CORRECTION DE DISSERTATION autour du sujet suivant : « Le « je » est-il un autre ?» Introduction : Rimbaud ose écrire dans sa lettre à Paul Demeny ( 15 mai 1871 ) : « Je est un autre.

Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute.

». Pourtant le pronom personnel « je » est naturellement et usuellement fait pour exprimer le « Moi » qui m'appartient en propre. Le « je » désigne mon « ego » et rien de plus.

Rimbaud n'a-t-il pas voulu provoquer ? Le « je » est-il vraiment un autre ? A chaque instant ma conscience active me fait autre, agit en fonction de l'altérité par rapport à soi et par rapport aux autres. L'être devient alors mystérieux, énigmatique, scindé est-il entre son être ( passé ) et sa conscience ( tendue vers l'avenir).

La conscience changeante ne peut le définir, tout comme son être qui n'est plus conscience.

Qu'est-ce qui peut alors servir de support et de critère de définition à mon être ? Comment me définir, m'octroyer une identité ? Développement : [ I) OUI ] Autrui est nécessaire à la constitution de la conscience de soi. [ A) parce que ] La conscience de soi se différencie du monde naturel. Comme le remarque Hegel, l'être conscient possède une double existence : d'une part, l'existence qu'il partage avec toutes les choses qui existent naturellement et, d'autre part, la représentation réfléchie de sa propre existence, qu'il acquiert par sa capacité à penser, mais aussi par son activité pratique.

La conscience de soi se construit donc dans un rapport au monde externe, dont elle se différencie par un mouvement de négation : je ne suis pas cela ! [ B) parce que ] L'autre conscience opère la même négation. Or, parmi les phénomènes, il en est qui opèrent la même différenciation entre eux-mêmes et le monde extérieur : d'autres consciences de soi ne se contentent pas d'exister, mais se vivent et se reconnaissent elles-mêmes dans un mouvement de différenciation active ( négativité ) par rapport aux choses naturelles.

Hegel souligne que la conscience de soi ne trouve sa pleine satisfaction que dans cette rencontre d'une autre conscience de soi : celle-ci permet à la conscience de se confronter à une image d'elle-même ( elle appartient à l'espèce humaine à la différence d'autres espèces animales ), dans laquelle elle puisse se (re-)connaître, mais aussi de faire l'expérience de sa liberté.

Mais sa liberté ne consiste pas seulement à s'affranchir de la nature. [ C) parce que ] Avec autrui, notre conscience désire la reconnaissance. Le souhait de la conscience est en effet d'être reconnue par l'autre dans la singularité et dans sa liberté ; on sait combien l'enfant a besoin de trouver chez ses parents ou dans son entourage une reconnaissance de sa propre valeur.

Mais cette attente se heurte au même désir de reconnaissance venu de l'autre ; or, ma liberté peut fort bien désirer ce qui est convoité par l'autre, ou se trouver en contradiction avec le désir de celui dont j'attends pourtant d'être reconnu : reconnaissance et affirmation de sa liberté deviennent contradictoires.

Mais Hegel, dans sa dialectique du maître et de l'esclave, montre son aboutissement : celui qui impose son pouvoir peut devenir dépendant de ceux qu'il asservit, et que l'esclave devient par son travail même indépendant du maître : conflits et contradictions ne sont pas figés, ce sont les moteurs mêmes des transformations de la conscience et de celles de l'histoire.

En fonction d'autrui, ma conscience change donc : c'est la loi métaphysique qui sera reprise et théorisée par la phénoménologie du XXème siècle. [ Transition ] C'est donc par la conscience d'autrui que la mienne se fait autre et existe dans son regard.

Cependant, à force de changer ou d'évoluer, ma conscience ne correspond plus à rien.

Comme le défend Sartre : elle ne coïncide plus avec son être, anticipant son action.

Peut-on encore se désigner par le pronom personnel « je » ? Qui suis-je alors? [ II) OUI, mais ] Mon être se forme paradoxalement par l'altérité. [ A) parce que ] Le terme même d'identité est ambigu. Il n'est donc pas évident de définir l'identité de celui qui change au cours du temps, et qui n'est lui-même qu'à partir de sa relation avec autrui.

Le terme d' « identité » porte d'ailleurs en français la trace de cette difficulté, puisque le mot signifie en même temps les caractéristiques individuelles susceptibles d'identifier une personne en la distinguant des autres et le fait que deux éléments soient absolument semblables.. »

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