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La philosophie a-t-elle une fin ?

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« Discussion : le mot « fin » est polysémique en français, c'est-à-dire que le sujet peut accepter deux interprétations : la philosophie at-elle un terme (peut-elle s'arrêter) ou bien la philosophie a-t-elle une finalité (poursuit-elle un but) ? Mais avant de « finir », qu'est-ce que commencer ? On peut toujours dater " les commencements " de la philosophie dans l'histoire de notre civilisation : avec les présocratiques, au moment de ce que l'on appelle communément " le miracle grec ".

Les historiens situent ainsi un point d'origine, qui convient à la philosophie, mais il s'agit d'une origine théorique, en ce qu'elle laisse indécidée la question des origines.

Certains ont fait de Socrate le premier philosophe (mais on sait combien cette idée a pu être contestée), et ont décerné aux pré-socratiques la paternité des origines.

À Socrate le début, aux présocratiques le commencement.

Mais les présocratiques n'ont-ils pas eux-mêmes un antécédent ? La philosophie a-t-elle jamais " commencé " ? Suggestion de plan : Première partie : La philosophie comme tension Le mot « philosophie » vient du grec « philo », désirer et « sophia », savoir.

L'idée même de cette aspiration à quelque chose traduit la tension interne à la discipline et montre comment elle s'entend comme un élan et non pas simplement comme une contemplation.

Si elle est amour de la sagesse, la sagesse n'est pas qu'un art de vivre.

La philosophie doit affirmer son sérieux par la prudence d'un jugement né de l'accumulation du savoir.

Elle devient ainsi histoire de la philosophie, non pas connaissance érudite des doctrines, mais plutôt éveil de la pensée à elle-même à partir de ce qu'ont pensé les autres.

Philosopher, c'est soi-même s'engager sur l'une des voies déjà élaborées par la tradition philosophique, ou en élaborer une nouvelle avec les moyens propres de la philosophie.

C'est, assurément, dire toute l'importance de l'histoire de la philosophie, et donc de l'éducation philosophique. Mais c'est aussi indiquer un mouvement, une mise en mouvement .Philosopher, c'est se mettre en chemin, se mettre en mouvement.

À moins que l'on accepte l'idée d'un " mouvement perpétuel " « Une grande philosophie n'est pas celle qui installe une vérité définitive, c'est celle qui introduit une inquiétude.

» ( Charles Péguy ) Le développement de la philosophie peut alors se comprendre comme celui de la vérité à travers les différents moments nécessaires à son déploiement.

Cette définition dialectique, proposée par Hegel, permet de saisir la nécessité rationnelle qui gouverne l'histoire de la philosophie : le philosophe est fils de son temps, et comme ceux d'hier, il lui revient de répondre aux besoins de son époque.

La philosophie ne se réduit donc pas à ses oeuvres qui sont comme les tombeaux de la philosophie passée : elle est essentiellement vivante dans l'activité présente de penser, qu'exprime magnifiquement tout enseignement où le maître, à la manière de Socrate, requiert la participation du disciple. Deuxième partie : La philosophie comme pratique En effet, sophia désigne en fait moins un savoir empirique adapté à la conduite de la vie qu'un savoir abstrait.

En ce sens, la philosophie est essentiellement élévation de la pensée, théoria, contemplation.

Cependant, comme l'indique l'allégorie de la caverne de Platon, le philosophe ne quitte le monde sensible que pour y redescendre, puisqu'il lui revient de gouverner la cité idéale.

S'il s'agit de s'exercer à l'abstraction, il faut ne pas s'y perdre.

Or, si la philosophie ancienne reste encore marquée par l'opposition de la contemplation (théoria) et de l'action (praxis), la philosophie moderne est plutôt soucieuse d'abolir cette distinction, comme le signale le projet cartésien de « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ».

Elle cesse alors d'être un savoir désintéressé pour se mettre au service de la construction d'un monde régi par la science. Troisième partie : La philosophie comme liberté « De même que nous appelons libre celui qui est à lui-même sa propre fin et n'existe pas pour un autre, ainsi [la philosophie] est aussi la seule de toutes les sciences qui soit libre, puisque seule elle est à elle-même sa propre fin.

» Aristote, La Métaphysique. « Aucune philosophie n'a jamais pu mettre fin à la philosophie et pourtant c'est là le voeu secret de toute philosophie.

» (Gusdorf, Mythe et Métaphysique.) La philosophie a besoin de la résistance du réel tout entier, pour ne pas se dissoudre dans le bavardage, elle a besoin de l' exigence de vérité, pour ne pas se perdre dans l'intellectualisme, elle a besoin de la sagesse comme finalité , il s'agit là d'une conception particulière de la philosophie, d'origine antique.

Une question préalable s'impose, à laquelle il faut tenter de répondre.

Car nous ne visons pas les commencements en général. La philosophie consiste à créer des concepts, accompagne la question de l'essence (" Qu'est-ce que la philosophie ? ").

Par les commencements, par le mouvement, nous interrogeons bien plutôt un devenir qu'une essence, une orientation qu'une réalisation ou un achèvement, une activité plutôt qu'un savoir, un désir et non pas une discipline.. »

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