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La morale est-elle un ensemble de devoirs ?

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« Termes du sujet: DEVOIR: 1) Obligation morale, opposée à obligation juridique; le devoir est une obligation interne au sujet, l'obligation juridique une obligation externe (une contrainte). 2) Le problème sous-jacent consistant à trouver le fondement de cette obligation, Kant fera du devoir un absolu: "Le devoir est la nécessité d'accomplir l'action par pur respect pour la loi." 3) Un devoir: tout ce qui correspond à une obligation morale. MORAL(E): Moral: 1) qui concerne la morale. 2) qui est conforme aux règles de la morale; opposé à immoral. Morale: ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables. 'idée de devoir évoque la contrainte, voire la nécessité : je dois le faire, je ne peux pas faire autrement. L'obligation juridique étant assortie de la force de contrainte de l'État, qui peut me forcer à respecter la loi, toutes ces notions apparaissent mêlées les unes aux autres. Que veut-on dire quand on parle plus précisément d'un devoir moral? 1. La contrainte et l'obligation Un brigand me menace au coin du bois : dois-je lui céder mon argent? Si je le fais, c'est par prudence, par peur d'un plus grand péril. J'agis contre mon gré : non pas que je ne veuille pas lui donner sur le moment (puisque ma réflexion me conduit justement à préférer lui donner plutôt que de résister), mais je ne voudrais pas le donner dans l'absolu, indépendamment de ces circonstances. On parlera ici de contrainte. On ne parlera pas de nécessité, si l'on réserve ce terme aux lois naturelles : je tombe nécessairement si je saute par la fenêtre. Agir par devoir, par contre, c'est faire ce qui est tenu par nous-mêmes comme impératif. Le devoir ou l'obligation morale consiste à se soumettre à son propre jugement. Si je rembourse mes dettes, c'est que je me sens obligé de le faire : je suis d'une certaine façon lié par moi-même, alors que je ne me sens pas d'obligation à l'égard du brigand. Ainsi, la contrainte existe par absence d'obligation. Le devoir correspond à l'obligation morale, il signifie l'autodétermination. Cependant, n'est-ce pas sous la forme de la contrainte sociale que nous apprenons quels sont nos devoirs? "Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir. De là le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe : Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c'est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ? Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu'il n'en résulte qu'un galimatias inexplicable. Car sitôt que c'est la force qui fait le droit, l'effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu'on peut désobéir impunément on le peut légitimement, et puisque le plus fort a toujours raison, il ne s'agit que de faire en sorte qu'on soit le plus fort. Or qu'est-ce qu'un droit qui périt quand la force cesse ? S'il faut obéir par force on n'a pas besoin d'obéir par devoir, et si l'on n'est plus forcé d'obéir on n'y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n'ajoute rien à la force ; il ne signifie ici rien du tout. Obéissez aux puissances. Si cela veut dire, cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu, je réponds qu'il ne sera jamais violé. Toute puissance vient de Dieu, je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à dire qu'il soit défendu d'appeler le médecin ? Qu'un brigand me surprenne au coin d'un bois : non seulement il faut par force donner la bourse, mais quand je pourrais la soustraire suis-je en conscience obligé de la donner ? car enfin le pistolet qu'il tient est aussi une puissance. Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu'on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes. Ainsi ma question primitive revient toujours." ROUSSEAU Idée centrale Impossible d'admettre sérieusement l'existence d'un « droit du plus fort » : les termes mêmes de l'expression »

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