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Franz Liszt

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Essayer d'évoquer en quelques brèves lignes la personnalité et l'Oeuvre de Franz Liszt, le musicien et virtuose prodigieux dont l'existence fut une suite ininterrompue d'aventures étonnantes, le compositeur qui signa des pages innombrables et dont la correspondance remplirait à elle seule vingt volumes, n'est-ce pas là une véritable gageure ? De fait, si l'on se penche sur cette destinée étrange qui débute en 1811, à Raiding en Hongrie, sous le signe symbolique d'une comète prometteuse de miracles, jusqu'à sa conclusion, soixante-quinze ans plus tard, à Bayreuth, l'on reste confondu par cet enchaînement surprenant d'événements d'ordre à la fois artistique, mondain, sentimental ou religieux, qui font de cette vie l'une des plus riches du XIXe siècle. Et tout d'abord, ce nom claironnant n'évoque-t-il pas l'idée du virtuose-type, à l'égal de celui de Paganini ? Quoi d'étonnant à cela : né d'un père qui vénère la musique et sait découvrir immédiatement les dons de son fils, il connaît, à l'égal de Mozart, une enfance précoce qui lui vaut, dans sa patrie, les premiers succès publics. Puis à Vienne, où il est venu travailler sous la discipline sévère de Salieri et Czerny, il goûte, à onze ans, le glorieux enivrement d'un baiser donné par Beethoven à la fin de l'un de ses concerts. Peu après, c'est l'arrivée à Paris (1823), où l'italien Cherubini lui refuse l'entrée au Conservatoire sous prétexte qu'il est étranger. Ce qui n'empêche par le petit Liszt, comme l'appellent alors les chroniqueurs, de faire au Théâtre italien des débuts proprement sensationnels et ­ exemple unique dans les annales de la maison ­ de faire représenter à l'Académie royale de musique un opéra en un acte de sa composition, Don Sanche ou le Château d'amour (1825).

« Franz Liszt Essayer d'évoquer en quelques brèves lignes la personnalité et l'Oeuvre de Franz Liszt, le musicien et virtuose prodigieux dont l'existence fut une suite ininterrompue d'aventures étonnantes, le compositeur qui signa des pages innombrables et dont la correspondance remplirait à elle seule vingt volumes, n'est-ce pas là une véritable gageure ? De fait, si l'on se penche sur cette destinée étrange qui débute en 1811, à Raiding en Hongrie, sous le signe symbolique d'une comète prometteuse de miracles, jusqu'à sa conclusion, soixante-quinze ans plus tard, à Bayreuth, l'on reste confondu par cet enchaînement surprenant d'événements d'ordre à la fois artistique, mondain, sentimental ou religieux, qui font de cette vie l'une des plus riches du XIXe siècle. Et tout d'abord, ce nom claironnant n'évoque-t-il pas l'idée du virtuose-type, à l'égal de celui de Paganini ? Quoi d'étonnant à cela : né d'un père qui vénère la musique et sait découvrir immédiatement les dons de son fils, il connaît, à l'égal de Mozart, une enfance précoce qui lui vaut, dans sa patrie, les premiers succès publics.

Puis à Vienne, où il est venu travailler sous la discipline sévère de Salieri et Czerny, il goûte, à onze ans, le glorieux enivrement d'un baiser donné par Beethoven à la fin de l'un de ses concerts.

Peu après, c'est l'arrivée à Paris (1823), où l'italien Cherubini lui refuse l'entrée au Conservatoire sous prétexte qu'il est étranger.

Ce qui n'empêche par le petit Liszt, comme l'appellent alors les chroniqueurs, de faire au Théâtre italien des débuts proprement sensationnels et exemple unique dans les annales de la maison de faire représenter à l'Académie royale de musique un opéra en un acte de sa composition, Don Sanche ou le Château d'amour (1825). C'est ensuite l'Angleterre, où la Cour, bientôt suivie de tout le grand public, fait à master Liszt un triomphe inimaginable.

Triomphe qui, au reste, se confirme entièrement lorsque Liszt entreprend plusieurs tournées de concerts à travers l'Europe. Mais ces succès ne sauraient suffire à qui, si jeune, a épuisé déjà la gamme des émotions que peut offrir la renommée.

Pendant plus de dix ans que durera son séjour en France, ce bel adolescent, qui entre temps est devenu l'un des lions les plus en vue de la société parisienne, noue amitié avec tout ce qui porte un nom, tant dans le monde des arts que dans celui des lettres.

Ce sont Hugo, Lamartine, Alexandre Dumas, Musset et Georges Sand, Delacroix.

Il discute avec Lamennais les théories de Ballanche ou du père Enfantin.

Il s'enthousiasme pour Paganini, Rossini et Berlioz.

Pour autant, il n'en fréquente pas moins les plus aristocratiques salons où ses succès féminins défrayent la chronique. De cette époque brillante datent ses premières Oeuvres naturellement orientées vers la haute virtuosité et le renouvellement de la technique instrumentale.

Des études pour le piano, d'abord, qui, vingt ans plus tard, après avoir été remaniées plusieurs fois, deviendront les fameuses Études d'exécution transcendante.

Puis des adaptations pour le piano des Caprices de Paganini, dont il fera également des études de bravoure.

Ce sont ensuite ces Paraphrases fulgurantes sur des thèmes d'opéras à la mode, Don Juan, la Somnambule, la Juive ou Lucie de Lammermoor.

Enfin, désireux de faire connaître au grand public les Oeuvres de compositeurs qu'il apprécie, il transcrit, également pour le piano, la Symphonie fantastique de Berlioz ou des Mélodies de Schubert. Mais un événement imprévu donne subitement à sa vie une orientation nouvelle : sa liaison avec Marie de Flavigny, comtesse d'Agoult.

Cette aventure sentimentale retentissante qui l'oblige, en 1835, à quitter la France avec celle qui va lui donner hors mariage trois enfants, l'entraînera d'abord en Suisse où l'artiste, jusqu'ici grandi dans l'atmosphère lourde des villes, se trouvera subitement initié aux splendeurs d'une nature grandiose.

Puis, après un bref retour à Paris, la lune de miel se continuera pendant deux ans en Italie.

De ces pérégrinations Liszt rapporte les deux premiers volumes des Années de Pèlerinage, consacrés l'un à la Suisse, l'autre à l'Italie, et qui sont les traductions musicales d'impressions ressenties en face d'un paysage, d'un monument ou d'une peinture, ou bien à la lecture d'une Oeuvre littéraire. Après avoir consacré quatre années à cette passion, Liszt, repris impérieusement par sa vocation de virtuose, repart triomphalement en croisade et, après des succès délirants remportés tant à Vienne qu'à Budapest (1839) et surtout à Berlin (1842), continuera à amonceler de nouveaux lauriers huit années durant. En 1847 c'est l'entrée en scène, dans l'existence du musicien, de sa seconde égérie, la princesse Carolyne SaynWittgenstein, dont il fait la connaissance à Kiew.

Plus encore que Marie d'Agoult, la princesse va exercer une influence décisive sur sa destinée.

Ne lui propose-t-elle pas, immédiatement, de l'épouser ? Il lui faudra du moins entreprendre auparavant de longues démarches au reste vouées à l'insuccès pour obtenir son divorce d'avec le prince, son mari.

D'autre part, elle réussit à faire comprendre à Liszt qu'il ne doit plus attendre, de la seule virtuosité, aucun supplément de gloire.

Dans ces conditions une solution s'impose : renoncer au concert et se consacrer à la composition.

Et Liszt s'incline.

Il ira donc s'établir à Weimar (1848), où il vient d'être appelé en qualité de chef d'orchestre, avec la princesse.

Celle-ci, devenue bientôt la conseillère indispensable, va encourager et soutenir l'artiste dans les luttes que lui vaudront les initiatives hardies qui marqueront son séjour dans la résidence saxonne. Les douze années de Weimar figurent certainement la période essentielle de la carrière créatrice de Liszt, celle au cours de laquelle son génie rayonne de la façon la plus diverse et décisive.

Chef d'orchestre, d'abord, et directeur artistique du théâtre, il fait preuve d'éclectisme et de courage, s'efforçant, à côté des chefs-d'Oeuvre du passé,. »

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