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Epictète: entrave et liberté

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L'homme qui n'est sujet à aucune entrave est libre, lui qui a toutes choses sous la main, à son gré. Mais celui que l'on peut entraver ou contraindre, à qui l'on peut faire obstacle, celui que l'on peut malgré lui jeter dans quelque difficulté, celui-là est esclave. Et quel est l'homme qui est affranchi de toute entrave? Celui qui ne désire rien de ce qui lui est étranger. Et quelles choses sont étrangères? Celles qu'il ne dépend pas de nous ni d'avoir, ni de n'avoir pas, ni d'avoir avec telles ou telles qualités, ou en telles conditions. Donc le corps nous est étranger, ses membres nous sont étrangers, la fortune nous est étrangère. Si, par conséquent, tu t'attaches à quelqu'une de ces choses comme à un objet personnel, tu recevras le châtiment que mérite celui qui désire ce qui lui est étranger. Telle est la route qui conduit à la liberté : la seule qui délivre de l'esclavage. Epictète

« Ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous C'est la règle à comprendre.

Tout le malheur des hommes vient de ce qu'ils confondent ce qui est en leur pouvoir et ce qui n'est pas en leur pouvoir.

Ils désirent ainsi ce qui ne dépend pas d'eux (envie, jalousie), s'affligent de ce qui leur échappe (deuil...) et sont ainsi esclaves des événements, des autres, du jugement des autres : du monde extérieur.

Le but est donc de redevenir maître de soi, d'exercer sa maîtrise sur les seules choses qui dépendent de nous : nos représentations, nos jugements.

Non pas désirer ce qu'on n'a pas ou n'est pas, mais rendre désirable ce qu'on a et ce qu'on est.

Alors on retrouve sa pleine liberté, puisqu'on focalise son attention uniquement sur ce qui dépend de nous.

On vit une vie sans trouble. "L'homme qui n'est sujet à aucune entrave est libre, lui qui a toutes choses sous la main, à son gré.

Mais celui que l'on peut entraver ou contraindre, à qui l'on peut faire obstacle, celui que l'on peut malgré lui jeter dans quelque difficulté, celui-là est esclave.

Et quel est l'homme qui est affranchi de toute entrave? Celui qui ne désire rien de ce qui lui est étranger.

Et quelles choses sont étrangères? Celles qu'il ne dépend pas de nous ni d'avoir, ni de n'avoir pas, ni d'avoir avec telles ou telles qualités, ou en telles conditions.

Donc le corps nous est étranger, ses membres nous sont étrangers, la fortune nous est étrangère.

Si, par conséquent, tu t'attaches à quelqu'une de ces choses comme à un objet personnel, tu recevras le châtiment que mérite celui qui désire ce qui lui est étranger.

Telle est la route qui conduit à la liberté : la seule qui délivre de l'esclavage." ÉPICTÈTE. Épictète définit la liberté en l'opposant à l'esclavage.

Il propose une définition toute spirituelle de la liberté, qui constituera une voie d'accès à la sagesse.

Peut-on se satisfaire aujourd'hui de cette définition? L'assouvissement des désirs téméraires • Épictète caractérise l'esclave au sens grec : – celui que l'on peut soumettre et se soumettre ; – celui à qui l'on ne reconnaît aucune volonté (on peut donc légitimement lui « faire obstacle ») ; – celui sur qui on peut agir, même si c'est contre son gré. • L'homme libre est donc celui qui ne connaît pas d'obstacles et a la mainmise sur les choses, selon son bon vouloir. Une liberté abstraite • Épictète montre que seul le désir de ce qui nous est étranger crée des obstacles, donc rend esclave. • Or, que sont donc ces « choses étrangères » ? Ce sont celles qui ne dépendent pas de nous : le corps, la fortune...

A insi, être libre c'est ne désirer que ce qui nous est propre, c'est discerner dans le désir les choses qui dépendent de nous et celles qui n'en dépendent pas.

C 'est le chemin stoïcien qui mène à l'ataraxie, à l'absence de troubles. • Si même notre corps nous est étranger (car il est mortel et altérable indépendamment de notre volonté), où sommes-nous libres, sinon en notre esprit ? Grâce à la pratique stoïcienne, même enchaîné l'esclave pouvait devenir libre par l'esprit. Une liberté insuffisante • Épictète expose une conception réductrice de la liberté : pour être libre, il faut pouvoir ne pas désirer.

Être libre, c'est se couper de son corps, c'est renoncer à conquérir l'adversité, c'est s'enfermer dans le monde tel qu'il est sans vouloir le changer. • Cette vision n'est-elle pas liée aux structures de la société grecque antique pour laquelle l'homme libre et l'esclave se définissaient selon des schémas aujourd'hui disparus ? La liberté au sens stoïcien pourrait, pour Saint Augustin, se résumer dans cette prière : « Mon Dieu, donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux transformer et la sagesse d'en connaître la différence ? » Même marquée par son temps, cette conception de la liberté n'est pas dépourvue d'enseignement aujourd'hui. ÉPICTÈTE.

Né à Hiéropolis (Phrygie) au 1er siècle de notre ère, mort à Nicopolis (Epire). Il fut l'esclave d'Epaphrodite, lui-même affranchi de Néron et suivit, à Rome, les leçons de Musonius Rufus.

Affranchi à la mort de son maître, il put se consacrer à la philosophie.

Lorsque Domitien bannit de Rome tous les philosophes, Épictète se retira à Nicopolis, où il eut pour disciple Flavius Arrien, grâce à qui son enseignement nous a été conservé.

Il vécut toujours très pauvrement., On raconte qu'un jour, sou maître lui tordant la jambe, Épictète lui dit : « Tu vas la casser», et que, lorsque la jambe fut en effet cassée, il ajouta : « Je te l'avais bien dit.» La philosophie d'Épictète est le stoïcisme, qui est devenu chez lui une morale sèche, insensible et orgueilleuse.

Indifférent à tout bien qui ne dépendît pas de lui, Épictète accepte la nécessité avec fierté.

« Supporte et abstiens- toi», telle est sa règle de conduite pratique.

Notre intelligence, notre volonté, notre personne dépendent de nous, les biens de la fortune n'en dépendent pas et ne doivent donc pas retenir notre attention.

Pour vivre conformément à la raison, il faut vivre en accord avec la nature.

Il faut éviter la passion, cette « maladie de l'âme », qui est la source de nos erreurs.

Pour être libre, heureux, tout puissant et parfait, il faut être impassible, il faut parvenir à l'ataraxie. Oeuvres principales : Entretiens ou Conversations, Manuel.. »

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