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Jean-Baptiste Camille Corot (1796 - 1875)
Corot, dont la longue carrière traversa presque tout le XIXe siècle, du néo-classicisme à l'impressionnisme,
resta à l'écart des modes et ne connut que tard la célébrité.
Il peignit d'innombrables paysages, rayonnant
de son amour pour la nature; ses figures furent surtout admirées après sa mort.
La découverte de l'Italie.
Corot dût attendre 1822 et une pension de ses parents pour pouvoir se consacrer à sa vocation.
Il prit des
leçons auprès de Michallon et de Jean-Victor Bertin, qui l'encouragèrent à peindre sur le motif, en plein air.
Au Salon de 1824, Corot découvrit les paysages de Constable.
Mais l'élan décisif lui fut donné par son séjour
en Italie, de 1825 à 1828 ; il y exécuta de nombreuses pochades, où les formes sont exaltées par une vive
lumière.
Revenu en France, il parcourut la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, l'Auvergne et le Morvan.
Il
fit encore deux séjours en Italie, dans le Nord (1834) et à Rome (1843).
La poésie de la nature.
Au Salon de 1833, Corot reçut une médaille de seconde classe.
Son talent commença alors à être remarqué,
notamment par Baudelaire.
Entre ses séjours réguliers à Ville-d'Avray, dans la maison de campagne achetée
par son père, il continuait à voyager beaucoup, en France, mais aussi en Suisse, en Hollande et en
Angleterre.
Il exécuta quelques compositions historiques, dans la tradition néo-classique, puis, à partir de
1850, des paysages
vaporeux peuplés de jeunes femmes - inspirées des danseuses de l'Opéra, dont il était un spectateur assidu.
Les paysages restaient cependant l'essentiel de son activité, devenant plus lyriques et empreints d'une
lumière plus douce.
Ses toiles furent admirées à l'Exposition universelle de 1855.
Connu pour sa générosité et
son caractère enjoué, Corot avait beaucoup d'amis, mais il ne fit partie d'aucun groupe de peintres et n'eut
que peu d'élèves.
En 1866, atteint d'une crise de goutte, il se déplaça moins, consacrant plus de temps à
peindre des figures ; ces toiles ne furent presque pas exposées de son vivant, mais furent admirées par
Degas et les cubistes.
En 1867, il reçut une médaille de deuxième classe à l'Exposition universelle.
La
fraîcheur de l'atmosphère baigne ses dernières toiles, où les formes sont exaltées par la lumière.
Quelques oeuvres.
1826 : Le Pont de Narni (Louvre) -1830 : La Cathédrale de Chartres (Louvre) - 1843 : Tivoli, jardins de la
villa d'Esté (Louvre) - 1845 : Homère et les bergers (Saint-Lô, musée municipal) - 1864 : Souvenir de
Mortefontaine (Louvre) - 1871 : Le Beffroi de Douai (Louvre) - 1874 : La Dame en bleu (Louvre).
LA DAME EN BLEU DE COROT (analyse du tableau)
"L'artiste vit encore et ne connaît pas le déclin.
A 78 ans, il porte victorieusement le poids d'une vieillesse qui
toujours verdoie et fleurit", note Jules Castagnary lors de la présentation au Salon de 1874 des derniers tableaux de
l'artiste.
Pourtant, à l'automne 1874, le cancer de l'estomac dont Corot est atteint commence à gagner du terrain et
le peintre a parfois des visions qu'il raconte à Robaut : "J'aperçois des choses que je n'ai jamais vues.
Il me semble
que je n'ai jamais su faire un ciel ! Ce que j'ai devant moi est bien plus rose, plus profond, plus transparent !"
C'est dans l'atelier de la rue du Faubourg-Poissonnière que cette jeune femme est peinte.
On aperçoit au mur une
vue d'Italie sur la droite et un paysage de France à gauche.
Mais, contrairement à la plupart des portraits de jeunes
femmes exécutés par Corot, La Dame en bleu n'est pas une figure de fantaisie.
C'est un modèle, vêtu d'une robe de
l'époque, dont la lourde étoffe aux reflets bleutés met superbement en valeur la blancheur de la chair.
La pose de la jeune femme, son très beau profil, sa coiffure apprêtée, qui se détache sur le mur de l'atelier, en font
une oeuvre très moderne, prétexte pour Corot à une recherche sur la forme et la couleur.
Ce magnifique portrait est
le dernier peint par l'artiste.
Il en est encore plus émouvant, d'autant que bien des mystères demeurent sur la
signification de l'oeuvre…
Cette toile a été vendue par Corot à l'un de ses élèves, le peintre Edouard Brandon.
Elle a ensuite figuré dans la
collection d'Henri Rouart, qui fut un ami d'enfance de Degas et qui possédait de nombreuses toiles de Corot..
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