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Sido de Colette

Publié le 20/02/2026

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« Sido de Colette De « J’aimais l’aube… » à « gorgée imaginaire » Les souvenirs d’enfance ont une place essentielle dans les oeuvres autobiographiques. C’est ce dont témoigne Colette en 1931 lorsqu’elle écrit Sido, roman consacré à sa mère, qui lui a transmis l’émerveillement devant la nature. Dans ce passage, l’autrice évoque les promenades qu’elle faisait seule à l’aube et restitue avec lyrisme le contact privilégié qu’elle entretenait avec la nature. Problématique : Comment, à travers l’évocation de la nature, Colette parvient-elle à célébrer la création littéraire ? Mouvements: I- De « J’aimais l’aube »… à « …groseilles barbues »: la quête d’une nature riche et pleine de secrets II- De « A trois heures et demie… » à « éclosion »: une nouvelle naissance dans la Nature qui apparaît comme une force maternelle liée à la création III- De « Je revenais à la cloche… » à « …gorgée imaginaire » : une célébration de la création littéraire au contact de la Nature. I-La quête d’une nature riche et pleine de secrets Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense.

J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues. - La conjonction de coordination « car » et l’adverbe « déjà » marque le début d’une recherche de l’autobiographe d’une caractéristique révélatrice, le début d’un regard rétrospectif de Colette adulte sur elle-même enfant. - relation d’adoration de la nature : « j’aimais » + intensif « tant », introduisant la tonalité lyrique du passage.

Le motif de l’aube invite à évoquer le thème de la naissance (naissance du jour + thème de l’enfance + naissance au monde), d’où la présence de Sido, désignée « ma mère », comme adjuvant dans cette quête initiatrice d’éveil. - richesse et immensité de la nature suggérées par les verbes de mouvement dessinant le parcours de la narratrice: « je m’en allais … vers » + l’utilisation du pluriel « les terres maraîchères », renforcés par les rimes internes « terres, maraîchères, rivières » + énumération qui évoque la variété des éléments naturels « les fraises, les cassis et les groseilles barbues » - La phrase englobe la dimension terrestre (« terres maraîchères »), aquatique (« rivière ») et végétale. - L’enfant pénêtre l’intimité d’une nature pleine de secrets, ce qui est suggérée par le champ lexical de la petitesse avec les petits fruits + l’expression « pli étroit ». - La nature est personni ée: les éléments naturels sont sujets de verbes d’action « des terres maraîchères qui se réfugiaient », la nature o re une protection maternelle. II- Une nouvelle naissance dans la Nature qui apparaît comme une force maternelle liée à la création A trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… - une nature maternelle, voire matricielle: l’aube est un monde à part, un monde foetal où rien n’a encore de forme (récurrence de l’élément aquatique insiste sur l’aspect originel de la nature « bleu originel, humide » / image de la confusion et de l’indistinct avec « brouillard », « confus »). - Les sensations sont de l’ordre de la synesthésie (mélange des sensations, ici visuelles « bleu » et tactiles « humide »).

La promenade matinale se dessine comme un retour aux origines de l’univers, aux origines de la création.

Le verbe « descendais » prolonge l’évocation de la naissance. - une nature nourricière qui prodigue à l’enfant l’ensemble des sensations, dont celle du toucher: le brouillard baigne chaque partie de son corps, avec soin et douceur, ce que suggère l’énumération.

Colette vit cette osmose avec la nature avec tout son corps, d’où l’insistance sur les déterminants possessifs « mon, ma » et l’évocation des organes liés aux sens (lèvres, oreilles, narines) + adjectif « sensibles ».

Elle s’éveille aux sensations. - L’assonance du son {-è} dans l’évocation du brouillard crée une atmosphère paisible, propice à ce bain maternel : « dormait, originel, descendais, baignait, fait, atteignait, lèvres, oreilles, reste » J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers.

C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier sou e accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion. - la reprise de « j’allais », sans complément de lieu, connote l’image d’un espace à parcourir à l’in ni. - Le rythme binaire « c’est sur ce chemin, c’est à cette heure » célèbre ce lieu et ce moment de transition et de passage: il s’agit un éveil spirituel « conscience », mystique « état de grâce », ff fi ffl fi et cosmique « connivence » - Insistance sur le thème de la naissance avec l’énumération des éléments naissants: reprise de l’adjectif « premier » mise en relief par le rythme ternaire, métaphore de l’éclosion du soleil avec ovale qui évoque « ovum » = oeuf en latin, et le terme « éclosion » qui assimile le lever du soleil à une naissance. - Dans la nature, de l’informe (« brouillard », « bleu originel ») surgit l’inspiration créatrice (« le premier sou e ») et la forme (« le premier oiseau, « soleil encore ovale ») III- Une célébration de la création littéraire au contact de la Nature. Je revenais à la cloche de la première messe.

Mais pas avant d’avoir mangé mon saoûl, pas avant.... »

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