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le picaresque

Publié le 20/01/2026

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« le picaresque Introduction adj picaresque = Se dit d'œuvres littéraires dont le héros traverse toute une série d'aventures qui sont pour lui l'occasion de contester l'ordre social établi étymologie = (de l'espagnol picaro, « misérable », « futé ») = les œuvres qualifiées de picaresque racontent les aventures d’un pícaro, personnage souvent issu d’un milieu pauvre et marginal dans une société corrompue et hiérarchisée. Le roman picaresque est un genre littéraire qui apparaît au XVIᵉ siècle en Espagne, il met en scène une conscience critique vernaculaire : le pícaro révèle les rouages d’une société inégalitaire tout en rendant problématique toute lecture morale univoque : la ruse y est à la fois une stratégie de survie et un symptôme de cette corruption sociale. Les caractéristiques du roman picaresque 1.​ Le protagoniste : le pícaro étymologie du terme est incertaine mais picaro signifie donc « voyou, escroc, jeune délinquant » = désigne un gueux Le pícaro est un personnage pauvre, marginal, souvent orphelin ou abandonné, condamné à vivre en marge d’une société rigide.

Il est d’origine infâme (fils de voleur, de sorcière ou de parents déclassés), il est donc exclu des valeurs dominantes de son temps : honneur, pureté du sang, noblesse de naissance.

donc aucune chance de monter l’échelle sociale. richesse du pícaro = sa malice, son ingéniosité et sa ruse. -​ Il est un antihéros en contrepoint du modèle chevaleresque = à l’inverse des romans de chevalerie, le picaresque exhibe la bassesse, la faim, la débrouille.

le picaro n'agit pas pour une cause mais pour subsister grâce à sa ruse.

Il ne sert aucune cause, il veut juste survivre. Le pícaro se présente dès le début du récit en retraçant sa généalogie : ses parents sont pauvres, criminels ou exclus, bref = né mauvais côté société ​ → C’est une inversion du modèle chevaleresque : là où le chevalier cache ses origines modestes, le pícaro les revendique. Extrait : Chapitre I = incipit des 3 oeuvres majeures -​ Le plus grand bien du pícaro est sa liberté = homme sans attaches, sans honneur, mais aussi sans illusion.​ il vit d’expédients, de petits métiers ou d’escroqueries, = incarne une forme paradoxale d’indépendance : libre parce que exclu. CPDT cette liberté = une illusion.

Malgré ses efforts pour s’élever, le pícaro échoue toujours =déterminisme social implacable : né sans honneur, il meurt aussi sans honneur.​ Chaque tentative d’ascension tourne court, et le récit picaresque reste ouvert échec annoncé = pessimisme du genre : aucune ruse ne triomphe de la naissance. 2.​ La structure particulière / l’esthétique / procédés narratifs -​ forme narrative = la fausse autobiographie forme du roman picaresque = autobiographie fictive : le héros raconte sa vie à la première personne.

= crée une illusion de vérité : le récit semble un témoignage sincère, une confession, alors qu’il s’agit d’une fiction construit Le pacte autobiographique = souvent intention justificatrice ou apologétique.

→ le narrateur prétend dire la réalité / vérité Exemple : Lazarillo de Tormes s’adresse à un mystérieux « Vuestra Merced » pour expliquer sa situation actuelle. Mais ce pacte est faussé d’emblée : = le narrateur sélectionne, déforme, embellit ; + il utilise le langage pour se défendre ou se valoriser ; + il ment par omission ou par ironie Le narrateur a une double position : je narré et je narrant → acteur de son histoire / auteur de son récit (il commente et juge son passé).

= Il écrit depuis le présent, en connaissant déjà le dénouement, ce qui crée un effet de distance ironique et un jeu sur la sincérité : le lecteur doute de la fiabilité du narrateur.​ ​ Point de vue et focalisation : la subjectivité du pícaro le narrateur picaresque est donc homodiégétique : il raconte une histoire dont il est lui-même le héros.

Le récit adopte une focalisation interne : tout est vu, compris et jugé à travers le regard du pícaro. Cela crée un fort effet de subjectivité : le lecteur ne dispose d’aucune autre perspective. Cette focalisation limite la vérité du récit : on ne voit jamais les choses « objectivement ». (cf.

Gérard Genette, Figures III : le narrateur picaresque comme “narrateur non fiable”). → Le lecteur doit donc interpréter : distinguer ce que le pícaro croit vrai de ce que le texte laisse deviner ; + repérer les moments où la narration se contredit ou révèle son hypocrisie. Le pícaro raconte sa vie rétrospectivement = il choisit ce qu’il dit, comment et pourquoi.

= construction volontaire donne une impression d’ordre et de cohérence → Le récit devient un outil de justification morale -​ composition épisodique Le roman picaresque se présente comme une succession d’aventures (plus ou moins indépendantes) :​ → chaque épisode met le héros au service d’un nouveau maître ou dans un nouveau milieu. Il n’y a pas de continuité narrative stricte : les chapitres sont liés par la seule présence du protagoniste.

La structure ouverte reflète donc la vie errante du pícaro : sa mobilité sociale, son absence d’attaches et de stabilité. = manque de logique et de nécessité interne dans le développement du récit = marque esthétique propre au genre.

L’auteur peut ainsi introduire des récits secondaires sans rompre la cohérence d’ensemble.​ cf chap 1 Lazarillo = Présentation de Lazarillo et de sa famille Introduit le héros pauvre et marginal.

/ Montre le style autobiographique et la narration à la première personne.

/ Illustratif de la structure picaresque : début de la vie du héros et de son parcours social. -​ esthétique / représentation de la liberté et de la diversité Le roman picaresque est le premier genre moderne à rejeter les contraintes formelles (pas d’unité de temps, de lieu ou d’action + refus de la hiérarchie des genres : le “bas” (la rue, le peuple, le vice) devient digne de littérature.) = liberté formelle = permet une peinture vaste et foisonnante de la société, où toutes les classes et tous les milieux apparaissent.

DONC roman = le miroir du monde social et de sa diversité L’auteur picaresque s’autorise à représenter l’infini désordre du monde réel, là où les genres nobles faisaient “violence à la réalité” pour la rendre harmonieuse. -​ ironie + double ton du récit Le picaresque repose sur un ton ambigu : à la fois comique, satirique et parfois pathétique.

Le narrateur feint la naïveté, mais critique le monde à travers ses anecdotes. L’ironie naît du décalage entre ce que le pícaro dit et ce que le lecteur comprend. Les procédés stylistiques : ○​ Hyperbole (exagération comique de la misère ou de la ruse) ; ○​ Antithèse (opposition entre vice et vertu, noblesse et bassesse) ; ○​ Répétition (motifs récurrents : faim, maître cruel, vol, trahison) ; ○​ Digression argumentative (le narrateur moralise, commente, se défend).​ → Cette pluralité de tons confère au roman une dimension satirique et critique : la société se dévoile dans ses hypocrisies. Genette explique que la cohérence interne du récit (chronologie, continuité, détails réalistes) crée un effet de vérité.

Dans le picaresque, cet effet est détourné : le texte semble véridique, mais il s’agit d’un artefact rhétorique. → La vraisemblance renforce l’illusion du témoignage, tout en soulignant la manipulation du discours. Les fonctions du picaresque 1.

Réalisme et critique sociale Le picaresque, c’est avant tout un retour brutal à la réalité.

On quitte les chevaliers héroïques et les amours courtoises = Dépeint la vie quotidienne, les inégalités et la corruption. Le roman picaresque se distingue par son ancrage dans la réalité quotidienne :​ → pauvreté, faim, mendicité, rapports de domination, hypocrisie religieuse, illusions de l’honneur. Ce réalisme peut aller jusqu’à un naturalisme avant l’heure : le corps, la faim, la saleté, la ruse, la misère etc ,Le réalisme du roman picaresque se manifeste dans sa volonté de représenter la le monde tel qu’il est sans idéalisme ni embellissement.

souvent avec ironie ou amertume = un monde injuste et désenchanté 2.

satire sociale ciblée = Le roman picaresque critique les abus de pouvoir, les institutions et les valeurs du Siècle d’Or. = le clergé, hypocrite et avare la noblesse, obsédée par les apparences et l’honneur ​ la justice, corrompue ​ les marchands, cupides = institutions visées : clergé (hypocrisie), noblesse (apparences), justice (corruption), marchands (avarice).

Donne des exemples d’épisodes types où la satire se concentre EX La Vie de Lazarillo de Tormes remet profondément en cause les valeurs sociales et morales de son temps.

L’honneur, présenté comme vertu suprême dans la société d’Ancien Régime, y est tourné en dérision : pour Lazare, il ne s’agit que d’un mirage, d’une illusion de gloire sans substance, comparable à l’aumône dénuée de charité ou à la prêtrise dépourvue de vertu.

Né sans honneur, le pícaro refuse de se soumettre à cet idéal trompeur et préfère s’assurer une modeste aisance.

Ainsi, il se considère comblé lorsqu’il obtient une charge infamante de crieur public et vit sous la protection d’un archiprêtre, marié à la concubine de celui-ci.

Conscient de la duplicité du monde, il choisit d’en jouer plutôt que de le réformer.... »

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