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L’Europe entre restauration et révolution (1814-1848

Publié le 15/06/2026

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« Chapitre 2 : L’Europe entre restauration et révolution (1814-1848) Introduction : De 1814 à 1848, un nouvel ordre européen se met en place.

Organisé par les puissances qui ont battu Napoléon, après la Révolution française et la chute du Premier Empire, il vise à effacer l'héritage de la Révolution française et à lutter contre l'émergence des nationalités.

Cet ordre, mis en place lors du congrès de Vienne en 1815, est essentiellement l'œuvre des monarchies conservatrices que sont la Prusse, l'Autriche et la Russie.

En France, les Bourbons sont rétablis sur le trône.

Ils tentent d’étouffer les revendications révolutionnaires et de limiter au maximum la place à donner au peuple dans la transformation des institutions politiques.

Partout en Europe, soulèvements et répressions se suivent et se répondent, témoignant des fortes tensions politiques et sociales de la période. Problématique : Comment le retour à un ordre monarchique ancien est-il contesté et combattu par des mouvements libéraux et nationaux ? Problématique en image : 1.

Gravure de la Sainte Alliance de 1815 : Gouvernement des peuples par les rois, au nom des hiérarchies traditionnelles (noblesse sur le côté gauche), du droit divin (église sur le côté droit) et de principes dynastiques (emblèmes dynastiques) / entente des puissances monarchiques pour effacer la Révolution associée à la tempête et aux ténèbres que leur entente a dissipée (arc-en-ciel, image de paix, d’ordre harmonieux et de lumière). 2.

Tableau de Frédéric Sorrieu de 1848 : Célébration du droit des peuples à se gouverner eux-mêmes : victoire des idées révolutionnaires de souveraineté nationale (parade des peuples, fraternité entre ceux-ci, drapeau national, statue de la République et arbre de la liberté, image de paix, de libération et d’harmonie) sur l’Europe des rois (1er plan : couronnes et attributs dynastiques jetés comme des détritus) I.

Le nouvel ordre européen A.

Metternich et le congrès de Vienne Né le 15 mai 1773, Klemens von Metternich (empire romain germanique jusqu’en 1799 puis Autriche) est dans un premier temps ambassadeur à Berlin puis devient ambassadeur en France suite à la défaite Autrichienne à Austerlitz (2 décembre 1805).

Il devient ensuite ministre des affaires étrangères d’Autriche.

Il participe activement à la rédaction du premier traité de Paris (30 mai 1814) suite à la première abdication de Napoléon 1er ainsi que du second traité de Paris (20 novembre 1815) suite à la seconde abdication de Napoléon. Entre ces deux abdications, durant la période dite des 100 jours il prépare le Congrès dit de Vienne (18 septembre 1814-9 juin 1815), destiné à confirmer les remaniements territoriaux survenus en Europe et à rechercher « un système d'équilibre durable ». Le congrès de Vienne également appelé « concert européen » (=entente entre les grandes puissances qui fixent les règles de droit international pour garantir paix durable et la protection de leurs intérêts, c’est une diplomatie multilatérale) réunit périodiquement en congrès les quatre grandes puissances : Royaume-Uni, Prusse, Autriche et Russie autour du ministre autrichien des Affaires étrangères, Metternich.

C'est à cette occasion, que les diplomates de 140 États (Talleyrand, qui représentait Louis XVIII, réussit habilement à se faire admettre dans les discussions) renouvellent les règles de la diplomatie remodèlent les frontières des États et réinstallent des princes au pouvoir. Dans les faits ce sont les 4 grandes puissances menées par Metternich qui prennent les décisions. Celui-ci souhaite fonder une Europe conservatrice (opposée au progressisme) et s'appuie sur un pouvoir monarchique fort allié à l’Eglise reposant sur les hiérarchies traditionnelles (noblesse). • Le concert Européen souhaite garantir une paix durable en veillant à l’équilibre entre grandes puissances de telle sorte qu’aucune ne devienne hégémonique et ne menace ainsi la sécurité des autres Etats et en affaiblissant la France qui, malgré la restauration de Louis XVIII sur le trône, est considéré comme le principal risque de contagion révolutionnaire. • Cette restauration se présente alors comme un retour aux principes antérieurs à 1789.

Les puissances européennes considèrent, en effet, la Révolution avec appréhension et aversion. Or, le pays qui incarne ces possibles perturbations est la France (d’où la restauration monarchique, imposée par les vainqueurs). • Le sentiment national est donc nié.

Les grandes puissances, sous l’influence de Metternich, se montrent hostiles aux principes, tant libéraux que nationaux, et soutiennent le principe de légitimité dynastique (=La légitimité du pouvoir est liée à la présence d'un roi héritier du trône).

Soutenus par un courant contre-révolutionnaire appuyé sur les valeurs religieuses et traditionnelles, les familles régnantes d'Ancien Régime retrouvent leurs trônes et toute autorité sur leurs sujets alors qu’elles avaient été renversées par la France révolutionnaire ou napoléonienne. • Mais il ne s’agit pas d’une restauration pure et simple de l’Europe d’avant 1789.

Certes, des aspirations à la restauration de l’ordre ancien existent, mais l’héritage de la Révolution et l’influence des Lumières ne peut être complètement effacé, comme l’idée de l’État et de la nation, « exportée » par la France dans de nombreux territoires du continent. Pour stabiliser cet ordre, les principales puissances signent, le 26 septembre 1815 à Paris, le traité de la Sainte-Alliance, dans lequel ils affirment l'origine divine du pouvoir des rois et l'obligation faite aux peuples d'obéir à leur pouvoir absolu.

Les trois pays s’engagent, en des termes qui restent vagues, à préserver l’alliance qui les unit et à se porter assistance en cas de besoin, dans le but de maintenir la paix dans un premier temps, puis de se protéger mutuellement d'éventuelles révolutions. Le 20 novembre 1815, un second texte est signé, la Quadruple-Alliance, qui inclut désormais le Royaume-Uni.

Constitué de sept articles, le texte, plus concret que la Sainte-Alliance, rappelle la nécessité d’une assistance entre les puissances afin de préserver la tranquillité de l’Europe et propose d’instaurer des réunions régulières entre ces mêmes puissances. Signé par : • l’empereur d’Autriche, François II, • le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, • le tsar de Russie Alexandre Ier, • le roi d’Angleterre Georges IV, Les monarques coordonnent leurs interventions militaires et s'entraident.

Les polices politiques se développent pour surveiller, censurer et réprimer afin de mettre un terme au danger révolutionnaire. En novembre 1818, la monarchie française rejoint l’Alliance (« quintuple Alliance). En 1824 Metternich devient chancelier impérial (chef du gouvernement) d’Autriche et devient le membre le plus influent de la Sainte Alliance. Metternich est finalement chassé du pouvoir par la révolution de mars 1848, il s'exile d'abord à Londres, puis à Bruxelles.

Autorisé à rentrer en Autriche en 1851, il vit dans la retraite et meurt à Vienne, le 11 juin 1859, à l'âge de 86 ans. Explication d’image : 1.

Bernadotte fut maréchal d'Empire sous Napoléon (la plus haute distinction militaire du pays). Après être devenu roi de Suède il accepte d’entrer dans la coalition menée par la Russie et le Royaume-Uni contre la France. 2.

Idée de concert européen : entente entre les grandes puissances qui fixent les règles de droit international pour garantir paix durable et la protection de leurs intérêts.

Toutefois seules les grandes puissances sont à table et prennent les décisions les autres représentants n’ont qu’un rôle secondaire. B.

Une nouvelle Europe Avec le retour des monarchies à la tête des pays européens les frontières vont être redessinées. Leurs royaumes sont considérés comme leurs propriétés, ils en définissent entre eux les frontières. Une nouvelle carte politique de l’Europe est ainsi dessinée : - La Prusse s’agrandit considérablement ce qui conforme son statut de grande puissance européenne. - La Russie et l’Autriche et la Suède agrandissent également une partie de leur territoire. - L’Angleterre n’a pas de revendications territoriales sur le continent européen.

Plus soucieuse de développer son empire colonial et d’assurer la sécurité de ses voies commerciales maritimes, elle obtient un certain nombre d’îles en mer du Nord et en Méditerranée. - La France, puissance vaincue, retrouve approximativement ses frontières de 1792.

Toutefois, grâce à au représentant français à Vienne, Talleyrand, le pays retrouve rapidement une place parmi ce qu'on appelle à l'époque « le concert des nations ». - La péninsule italienne, ainsi que l’Allemagne restent morcelés (en dépit de la création de la Confédération germanique). Le nouvel ordre européen, dessiné à Vienne, marque la revanche de l’Ancien Régime sur les idéaux de liberté issus de la révolution française, et ne répond pas aux aspirations nationales qui grandissent en Europe. Aussi la déception est-elle grande chez de nombreux peuples : • chez les Polonais dont le pays est à nouveau rayé de la carte, • chez les Belges et les Norvégiens soumis à des souverains étrangers, • chez les italiens et allemands qui aspirent à une forme d’unité nationale. • Dans les Balkans, l’affaiblissement de l’Empire ottoman entretient le désir d’indépendance des peuples chrétiens : Serbes, Grecs, Bulgares, ou Roumains. L’Europe est alors dominée par la Prusse, l'Autriche et la Russie, qui forment la « Sainte-Alliance ». Toutefois, c’est bien l’Autriche qui occupe une position clé. • Les idées du congrès de Vienne sont en effet inspirées en grande partie par Metternich, ministre des Affaires étrangères de l'Autriche de 1809 à 1848 et également chancelier à partir de 1821. • L’Autriche assure la.... »

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