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Facis de necessitate virtutem

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« F acis de necessilate virtutem Faire de nécessité vertu Cette expression qui désigne ce qu'on est obligé de faire de plein gré ou de force et contre sa volonté propre, mais avec patience. est empruntée à saint Jérôme (Epistula adversus R~finum. 3, 2 [Pl 23, 458b]: Ep., 54, 6; cf. Regu/a Monachorum, PL 30, 341a; 383d), mais on lit déjà des parallèles conceptuels chez Sénèque (Ep., 54, 6); chez le Pseudo-Quintilien (4. 10) ; cf. encore certains auteurs tardifs du Moyen-Age (cf. Otto 1217 ; Weyman 76.. 281 ; Szelinski 241 ). Cette locution fut particulièrement chère à Pierre Chrysologue (Sermones, PL 52, 319b ; 582b ; 638a), mais aussi à saint Bernard de Clairvaux (Ep., 113, 1 [PL 82, 257a] ; De sancto Clemente, Pl 183, 499b ; Sermones in Canticum Canticorum, Pl 183, 991 c ), à Guillaume de Tyr (Chronicon, 1. 21 ; 10, 16 ; 11, 4 ; 15, 19), Thomas a Kempis (De recognitione propriae .fragilitatis, 2, 7 ; Sermones ad novicios regulares, 6, 2, 11 ; 6, 3, 27), saint Thomas d'Aquin (/n // Sententiarum. 26, 1, 6 ; ln Ill Sententiarum, 3, 3. 3, 3, 4 : ln IV Sententiarom, 15, I, 1, 1, 1 ; 15, 1, 4, 2, 1 : 49, 5, 3, 1, 7 ; Summa Theologiae, 212 .. 81, 2, 2). et surtout Innocent Ill (plus d'une dizaine d'occu11ences: cf. aussi Jean de Salisbury. Policraticus, 3. 10 [PL 199.. 496d]). Parfois l'expression est reprise en faisant référence à saint Jérôme (cf. par exemple. Bernard de Portes, Ep., Pl 153, 890c). Pour nos proverbes modernes, citons en italien Far di necessità virtù (où, dans la plupart des cas. la vertu signifie >) et qui existe dans toutes les langues européennes (cf. Arthaber 880); en français Faire contre mauvaise .fortune bon cœur : cf. aussi la belle reprise de Rabelais (5. 21 ). »

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