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Y a-t-il un langage animal ?

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Pour Bergson, l'homme se définit d'abord comme Homo faber, fabricant d'outils et inventeur de techniques. Mais pour un linguiste comme Claude Hagège (né en 1936), il est plus fondamentalement encore Homo loquens, « homme de paroles ». L'homme est avant tout un être qui parle. L'homme, animal rationnel, est en même temps un animal parlant. Du coup, la question de l'origine des langues, abondamment débattue par les philosophes du XVIIIe siècle, soulève les mêmes difficultés que celle de l'origine de la pensée rationnelle.  • L'idée d'un premier homme se mettant à parler et rompant par son verbe le silence primitif est sans aucun doute une fiction. L'origine des langues se confond, semble-t-il, avec l'origine même de l'homme.

« APPROCHE: • Si l'on décrit le langage en terme de comportement, ne peut-on pas admettre qu'il existe un langage animal ? Tout comportement peut en effet être défini comme la réaction (R) d'un être vivant à une stimulation externe (S). Or dans le comportement linguistique, la stimulation (S) perçue par un individu donne lieu à une réaction linguistique (R) qui constitue pour l'auditeur une stimulation linguistique (S) laquelle entraîne le comportement réactionnel (R). Le langage apparaît donc en ce sens comme ce qui « permet à un individu d'accomplir une réaction (R) quand un autre individu éprouve une stimulation (S) ».

(Langage de Bloomfield, page 28.) En ce sens, on peut dire qu'il existe des langages animaux (Cf.

Vie et moeurs des abeilles de K.

von Frisch, Albin Michel). • S'il suffit pour parler légitimement de « langage » qu'il y ait mise en oeuvre d'un symbolisme véritable, possibilité de transposer des données objectives en « gestes formalisés, comportant des éléments variables et de signification constante » et que ceci ne puisse être valable qu' « à l'intérieur d'une communauté donnée », alors il existe un langage animal. (Cf.

Problèmes de linguistique générale de Benveniste (Gallimard), p.

59.) • Si l'on considère que l'on ne peut légitimement parler de langue que lorsqu'on constate l'existence d' « un système de signes distincts correspondant à des signifiés distincts » alors, là encore, on devra admettre qu'il existe un langage animal. • Par contre si l'on estime que l'on ne peut parler de langage (et de langue) que s'il y a double articulation alors on doit admettre qu'il n'a jamais jusqu'alors été constaté l'existence de système à double articulation chez les animaux. (La question de l'apprentissage par des chimpanzés des « rudiments » de langues humaines étant une autre question : il ne s'agit pas ici de savoir si les animaux peuvent « parler » une langue humaine mais s'ils disposent de langues « à eux ».) Voir Éléments de linguistique générale de Martinet (Armand Colin), notamment les pages 13 et suivantes où il est question de la « double articulation » du langage humain. • Avantage de penser certains systèmes de signes animaux sous le terme de « langage » (affirmant ainsi l'existence d'un langage animal).

Cela semble rendre plus facile de penser l'apparition, dans une certaine mesure, du langage humain et de ne pas en faire un événement proprement miraculeux. • Inconvénient : Comme le dit Martinet, il n'est pas sûr, pour orienter la recherche scientifique, « que nous ayons intérêt à appeler langue n'importe quel système de signes ». A ce sujet voir La Double articulation linguistique in Travaux du cercle linguistique de Copenhague, 5, 1949, de Martinet (notamment pages 32 et 33). INDICATION DE LECTURE • Problèmes de linguistique générale de Benveniste (Gallimard), pages 57-62 notamment où il s'agit des différences entre langage humain et langage des abeilles. • La Linguistique cartésienne suivi de La Nature formelle du langage de Chomski (Seuil), pages 18 à 21 et 125-126 notamment où Chomski insiste sur le fait que tout homme connaissant une langue peut dans cette langue produire des phrases nouvelles à l'infini. A.

L'homme : un être qui parle Pour Bergson, l'homme se définit d'abord comme Homo faber, fabricant d'outils et inventeur de techniques.

Mais pour un linguiste comme Claude Hagège (né en 1936), il est plus fondamentalement encore Homo loquens, « homme de paroles ».

L'homme est avant tout un être qui parle.

L'homme, animal rationnel, est en même temps un animal parlant.

Du coup, la question de l'origine des langues, abondamment débattue par les philosophes du XVIIIe siècle, soulève les mêmes difficultés que celle de l'origine de la pensée rationnelle. • L'idée d'un premier homme se mettant à parler et rompant par son verbe le silence primitif est sans aucun doute une fiction.

L'origine des langues se confond, semble-t-il, avec l'origine même de l'homme. Nous sommes l'espèce parlante ; le langage –soit, dirait-on aujourd'hui, la faculté d'exprimer des pensées à l'aide de signes articulés- est le propre de l'homme, à tel point que cette possession exclusive suffit à le différencier essentiellement des bêtes.. »

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