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Weber: La violence est-elle nécessaire à l'État ? ?

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Mais qu'est-ce donc qu'un groupement politique du point de vue du sociologue ? Qu'est-ce qu'un État ? Lui non plus ne se laisse pas définir sociologiquement par le contenu de ce qu'il fait. Il n'existe en effet presque aucune tâche dont ne se soit pas occupé un jour un groupement politique quelconque ; d'un autre côté il n'existe pas non plus de tâches dont on puisse dire qu'elles aient de tout temps, du moins exclusivement, appartenu en propre aux groupements politiques que nous appelons aujourd'hui États ou qui ont été historiquement les précurseurs de l'État moderne. Celui-ci ne se laisse définir sociologiquement que par le moyen spécifique qui lui est propre, ainsi qu'à tout autre groupement politique, à savoir la violence physique. Tout État est fondé sur la force disait un jour Trotski à Brest-Litovsk. En effet, cela est vrai. S'il n'existait que des structures sociales d'où toute violence serait absente, le concept d'État aurait alors disparu et il ne subsisterait que ce qu'on appelle, au sens propre du terme, l'« anarchie La violence n'est évidemment pas l'unique moyen normal de l'État, cela ne fait aucun doute, mais elle est son moyen spécifique. De nos jours la relation entre État et violence est tout particulièrement intime. Depuis toujours les groupements politiques les plus divers - à commencer par la parentèle - ont tous tenu la violence physique pour le moyen normal du pouvoir. Par contre il faut concevoir l'État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé - la notion de territoire étant une de ses caractéristiques -, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. Ce qui est en effet le propre de notre époque, c'est qu'elle n'accorde à tous les autres groupements ou aux individus le droit de faire appel à la violence que dans la mesure où l'État le tolère : celui-ci passe donc pour l'unique source du droit à la violence.

Max Weber est considéré comme le fondateur de la sociologie compréhensive, c'est-à-dire d'une approche sociologique qui fait du sens subjectif des conduites des acteurs le fondement de l'action sociale. Sa recherche sociologique se porte pour une grande part sur la religion, mais aussi sur le capitalisme, la domination, l’Etat. Ces objets sociaux sont étudiés dans l’œuvre de Weber en tant que contribuant à la rationalisation du monde moderne. Dans le texte étudié, Weber s’interroge sur ce qu’est l’Etat politique d’un point de vue sociologique. Devant la diversité et la pluralité des actions de l’Etat, le problème est de trouver une unité qui puisse permettre de délimiter l’essence même de l’institution étatique. Comment définir l’Etat sociologiquement, en terme d’action sociale, si ses actions sont multiples et hétérogènes ? La solution proposée par l’auteur ne se trouve pas dans la fonction propre de l’Etat, mais dans son mode de fonctionnement, qui seul permet de donner une définition générale de l’Etat. En posant la thèse que l’état se caractérise par son « monopole de la violence physique légitime », l’enjeu de cette enquête est de comprendre le fondement de l’Etat, et ce qu’il implique, à savoir la distinction entre état de nature, hors de la société politique, et état politique. Comprendre l’Etat, c’est comprendre son rapport à l’individu.

 

« eber: Mais qu'est-ce donc qu'un groupement politique du point de vue du sociologue ? Qu'est-ce qu'un État ? Lui non plus ne se laisse pas définir sociologiquement par le contenu de ce qu'il fait.

Il n'existe en effet presque aucune tâche dont ne se soit pas occupé un jour un groupement politique quelconque ; d'un autre côté il n'existe pas non plus de tâches dont on puisse dire qu'elles aient de tout temps, du moins exclusivement, appartenu en propre aux groupements politiques que nous appelons aujourd'hui États ou qui ont été historiquement les précurseurs de l'État moderne.

Celui-ci ne se laisse définir sociologiquement que par le moyen spécifique qui lui est propre, ainsi qu'à tout autre groupement politique, à savoir la violence physique. Tout État est fondé sur la force disait un jour Trotski à Brest-Litovsk.

En effet, cela est vrai.

S'il n'existait que des structures sociales d'où toute violence serait absente, le concept d'État aurait alors disparu et il ne subsisterait que ce qu'on appelle, au sens propre du terme, l'« anarchie La violence n'est évidemment pas l'unique moyen normal de l'État, cela ne fait aucun doute, mais elle est son moyen spécifique.

De nos jours la relation entre État et violence est tout particulièrement intime.

Depuis toujours les groupements politiques les plus divers - à commencer par la parentèle - ont tous tenu la violence physique pour le moyen normal du pouvoir.

Par contre il faut concevoir l'État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé - la notion de territoire étant une de ses caractéristiques -, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime.

Ce qui est en effet le propre de notre époque, c'est qu'elle n'accorde à tous les autres groupements ou aux individus le droit de faire appel à la violence que dans la mesure où l'État le tolère : celui-ci passe donc pour l'unique source du droit à la violence. Avez-vous compris l'essentiel ? 1 Par quoi faut-il définir l'État ? 2 Pourquoi la violence de l'État est-elle nécessaire ? 3 Qu'est-ce qui rend cette violence légitime ? Réponses: 1 - Non pas par le contenu, très diversifié, de son action, ou les fins visées, mais par le moyen utilisé toujours et partout : la violence physique. 2 - Pour éviter à une structure sociale de sombrer dans l'anarchie. 3 - C'est que l'État en a le monopole : il empêche ainsi l'usage incontrôlé de la violence entre les individus euxmêmes. Commentaire : Introduction : Max Weber est considéré comme le fondateur de la sociologie compréhensive, c'est-à-dire d'une approche sociologique qui fait du sens subjectif des conduites des acteurs le fondement de l'action sociale.

Sa recherche sociologique se porte pour une grande part sur la religion, mais aussi sur le capitalisme, la domination, l'Etat.

Ces objets sociaux sont étudiés dans l'œuvre de Weber en tant que contribuant à la rationalisation du monde moderne. Dans le texte étudié, Weber s'interroge sur ce qu'est l'Etat politique d'un point de vue sociologique.

Devant la diversité et la pluralité des actions de l'Etat, le problème est de trouver une unité qui puisse permettre de délimiter l'essence même de l'institution étatique.

Comment définir l'Etat sociologiquement, en terme d'action sociale, si ses actions sont multiples et hétérogènes ? La solution proposée par l'auteur ne se trouve pas dans la fonction propre de l'Etat, mais dans son mode de fonctionnement, qui seul permet de donner une définition générale de l'Etat.

En posant la thèse que l'état se caractérise par son « monopole de la violence physique légitime », l'enjeu de cette enquête est de comprendre le fondement de l'Etat, et ce qu'il implique, à savoir la distinction entre état de nature, hors de la société politique, et état politique.

Comprendre l'Etat, c'est comprendre son rapport à l'individu. 1ère partie : Introduction au problème de la définition de l'état : impossibilité de définir l'état par sa cause finale (= son but, ce qu'il fait) - Le problème du texte est annoncé d'emblée sous la forme interrogative directe : « qu'est-ce qu'un État », du point de vue du sociologue ? Il s'agira donc dans la suite du texte de chercher à donner une définition sociologique de l'Etat politique. - La notion d'Etat est problématique pour un sociologue, car, alors que la sociologie est pour Weber la science qui se propose de comprendre par interprétation l'action sociale, et par là d'expliquer causalement son déroulement et ses effets, l'Etat se présente en fonction du contexte sous une telle diversité d'actions qu'il semble impossible de le délimiter à une action spécifique.

L'expérience montre que les Etats n'ont pas de fonction propre, puisqu'ils peuvent s'occuper d'une infinité de choses diverses et variées.

L'auteur face à cette observation historique émet l'hypothèse que n'importe qu'elle tâche peut être assignée à l'Etat, de sorte que chaque Etat a le rôle qu'il souhaite se donner,. »

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