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Un peintre contemporain a dit: Créer, c'est le propre de l'artiste; où il n'y a pas de création, l'art n'existe pas. qu'en pensez-vous ?

Extrait du document

C'est un travail inutile et présomptueux car l'homme n'est pas Dieu. Ce genre de peinture n'est qu'une caricature du réel. Ce n'est pas une fin pour l'art que de vouloir tromper un public naïf. Et cela risque de provoquer l'ennui et le dégoût. Une peinture parfaite de la réalité ne sera jamais un chef d'oeuvre. La vraie oeuvre d'art engage la subjectivité de l'artiste et sa personnalité. La création comporte toujours des risques, en particulier celui de son échec. Une simple imitation, la simple copie d'une oeuvre déjà connue, réussie ne comporte pas de risque. La création implique un travail de la part du créateur, une modification de ses vues sur le monde, elle engage tout son être.   2) Tout art est imitation.

« La création est l'unité du moment de l'invention du thème et de celui de sa réalisation.

Cette identité du savoir et du faire exclut que la création soit simplement la réalisation d'une idée saisie en tout son contenu ou d'un « schéma dynamique » (Bergson) ayant seulement à se concrétiser.

En effet, le créateur ne sait ce qu'il va faire, ce qu'il veut faire, qu'une fois qu'il l'a fait ; nous devrions même dire : qu'une fois que cela s'est fait en lui.

Il est donc difficile d'imaginer qu'on puisse créer une quelconque oeuvre d'art sans passer par ce processus.

On comprend qu'un artiste qui ne ferait pas cette effort, ne tenterais pas cette aventure, ce voyage dans l'inconnu serait réduit à copier, à prendre un modèle prédéfini et finalement, il ne ferait qu'un travail de reproduction, d'imitation mais ne ferait pas une création à proprement parlé.

Quel statut auront les objets d'art qui ne procéderaient pas d'un processus créatif ? Seraient-ce des oeuvres d'art ou de simple objets ? L'art peut-il entièrement se définir par la création ? N'est-il pas un mixte de création et d'imitation ? 1) L'imitation et la reproduction tuent l'art. Hegel, dans son Esthétique, pense que reproduire la nature est un travail superflu.

C'est un travail inutile et présomptueux car l'homme n'est pas Dieu.

Ce genre de peinture n'est qu'une caricature du réel.

Ce n'est pas une fin pour l'art que de vouloir tromper un public naïf.

Et cela risque de provoquer l'ennui et le dégoût.

Une peinture parfaite de la réalité ne sera jamais un chef d'oeuvre.

La vraie oeuvre d'art engage la subjectivité de l'artiste et sa personnalité.

La création comporte toujours des risques, en particulier celui de son échec.

Une simple imitation, la simple copie d'une oeuvre déjà connue, réussie ne comporte pas de risque.

La création implique un travail de la part du créateur, une modification de ses vues sur le monde, elle engage tout son être. 2) Tout art est imitation. La création se corrompt et s'enlise lorsqu'elle est vouée à la quête sans issue d'une invention recluse sur ellemême.

Tout art digne de ce nom se doit et peut être imité par autrui.

C'est faire, sinon, trop de place à la culture et peu à la réalité.

C'est aussi le danger d'un art élitiste où la création serait réservée à quelqu'un qui possèderait des dons quasi divins.

C'est aussi le refus de lié l'art à la réalité et lui refuser tout pouvoir de transformation du monde. La création seule ferait figure de narcotique, l'imitation a un facteur socialisant de l'art.

Cela serait même la fonction de l'art que d'ouvrir des espaces où s'autorégulent les émotions et les sentiments.

Elle permet et évite toute effusion trop irrationnelle de la subjectivité, elle permet de traduire en un langage compréhensible par plus d'individus que le seul artiste. 3) L'imitation comme terreau d'invention pour l'art : le kitsch. Au-delà de la perte de l'aura inhérente à la reproduction industrielle des oeuvres artistiques, il faudra discerner de nouvelles formes artistiques et plastiques dans le kitsch.

Mais plutôt que de penser l'art en terme de déclin et de perfection, il faudra voir plutôt le kitsch comme source d'innovation et de renouvellement.

L'arrivée de la vitesse dans le domaine de la vie et de l'art ne doit pas être vue comme un handicap mais comme un nouveau point de départ dans la genèse des formes artistiques.

Les formes ne meurent pas mais elles se renouvellent et reprennent une nouvelle vie en empruntant des exemples au passé.

Mais il serait excessif de faire de ce kitsch une bouillie artistique incapable d'inspirer quoi que ce soit.

Le kitsch de la civilisation moderne a aussi inspiré le grand art.

Si le grand art se retrouve sur le calendrier des postes, et que Renoir décore les boîtes de chocolat de Noël, cela n'a pas été sans inspirer un certain nombre d'artistes.

Ce passage d'un Saison en enfer [1] écrit en 1872 par Rimbaud éclaire l'importance du « petit art » pour le Grand Art : « J'aimais les peintures idiotes, dessus de porte, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires, littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographes, romans de nos écoles, conte de fées, petit livre de l'enfance, opéras vieux, refrain niais, (...).

» C'est ainsi que le sous- art se fait l'inspirateur des grands poètes qui y trouvent un charme désuet et le support d'une nostalgie de l'enfance.

Par la suite, des artistes surréalistes ont apprécié ces objets kitsch et les ont intégrés dans des oeuvres d'art.

Il n'est pas étonnant que Rimbaud ait été la figure tutélaire des artistes surréalistes avec son idée de « voyance » et du dérèglement de tous les sens.

La poésie rimbaldienne achève en quelque sorte l'idéologie romantique centrée sur l'inspiration et donne le départ de l'art moderne. Conclusion. On ne peut rejeter tout ce qui n'est pas créatif du domaine de l'art.

On doit aussi classer dans l'art ce qui l'objet de l'imitation, de la reproduction.

Elle n'est pas forcément stérile et inopérante.

Elle permet la socialisation des passions et des émotions, elle sort l'art de la pure subjectivité solitaire.

On ne peut rejeter l'imitation, elle peut une source d'inspiration pour le grand art, la création peut prendre sa source dans tout ce qu'il y a de plus ordinaire dans la vie. [1] Voir Délire II, Alchimie du verbe, page 228 de l'édition classique Garnier 1991.. »

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